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FRANCOISE DUPUIS : «On a tort d'être complexé par la qualité de nos études en Belgique»
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FRANCOISE DUPUIS : «On a tort d'être complexé par la qualité de nos études en Belgique»


Posté: 25/08/2008
Catégorie: Big Shots


Nous nous sommes entretenus avec Françoise Dupuis (PS), ancienne Ministre de l'Enseignement Supérieur et actuellement Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale chargée de l'Enseignement au sein de la COCOF (Commission Communautaire Française).

GUIDO: Quelles sont vos attributions actuelles?
Françoise Dupuis
: Je fais partie du Gouvernement bruxellois où je suis responsable du Logement et de l'Urbanisme. En plus de cela, j'ai un gros paquet de compétences dites COCOF parmi lesquelles notamment la formation professionnelle et l'enseignement.

Une valeur ajoutée

GUIDO: Qu'est-ce que vos compétences au niveau de la COCOF impliquent concrètement, notamment pour l'enseignement?
Françoise Dupuis
: Nous sommes responsables de toutes les écoles dont nous avons hérité de la province du Brabant, qui ont été "régionalisées" et sont donc tombées entre les mains de la COCOF. On se consacre essentiellement à l'enseignement technique et professionnel, ce qui est très intéressant. Un enseignement d'excellente réputation, comme le CERIA par exemple. Et on pousse très fort nos étudiants dans cette voie-là. Contrairement à ce que l'on pense, le recrutement du CERIA est très démocratique, en particulier vis-à-vis de la Wallonie. La COCOF rassemble essentiellement des services liés aux personnes, des compétences que la Communauté Française a transférées à Bruxelles à un certain moment.

GUIDO: Certains politiques ont réclamé la disparition de la COCOF. Quels ont été alors vos arguments afin de la maintenir en place?
Françoise Dupuis
: A part au niveau politique, je n'ai jamais entendu qu'il y avait une valeur ajoutée à supprimer ce service. Il y a plutôt une valeur spécifique à le garder. Pour les cours de langues, par exemple, nous avons ici à Bruxelles des spécificités importantes.

GUIDO: Est-ce que vous entretenez encore des liens étroits avec la Communauté Française?
Françoise Dupuis
: On travaille avec la Communauté Française. J'ai conservé des contacts positifs avec un certain nombre de personnes. Je ne songerais pas un instant travailler en dehors de ces contacts, ni même d'ailleurs avec mes collègues flamands. Ceci étant, j'insiste, il y a une valeur ajoutée au travail que fait la COCOF, les problèmes avancés étant avant tout des problèmes de moyens.

GUIDO: Avant d'être Ministre de l'Enseignement Supérieur en Communauté Française, vous aviez exercé la profession d'enseignante. On peut dire que l'enseignement est donc votre dada!
Françoise Dupuis
: L'enseignement et l'action sociale de manière générale. Je suis très fière notamment d'avoir lancé les zones d'éducation prioritaires qui ont débouché sur la discrimination positive.

GUIDO: Qu'est-ce qui vous a décidé à vous lancer en politique?
Françoise Dupuis
: J'ai toujours fait de la politique au cours de ma vie. Je suis conseiller communal depuis 23 ans, j'ai été conseiller provincial et je suis toujours présidente de la section locale de mon parti. J'ai toujours cru à l'engagement politique. Je me suis réellement décidée à franchir le pas quand les libéraux de la commune d'Uccle m'ont mise dans l'opposition. C'est de cette façon que tout a commencé.

GUIDO: Le fait de donner cours ne vous manque-t-il pas parfois?
Françoise Dupuis
: Cela me manque énormément. En fait, je n'ai jamais quitté quelque chose parce que je n'avais plus envie de le faire. J'ai bougé parce que des opportunités se sont présentées à moi. Je n'ai pas de plan de carrière.

Flash-back

GUIDO: Quel bilan tirez-vous de vos cinq années en tant que Ministre de l'Enseignement Supérieur?
Françoise Dupuis
: Ces années ont été passionnantes. J'ai en effet l'impression d'être arrivée à un moment où tout était à faire. On était en retard de législation de façon considérable et on était sous la pression de l'Europe pour appliquer l'harmonisation des universités. Cette conjonction nous a obligé à faire un travail législatif considérable. Ce fut une période très active de ma vie professionnelle.

GUIDO: Y a-t-il une décision que vous retenez plus qu'une autre?
Françoise Dupuis
: Je suis assez contente d'avoir pu faire cette législation sur l'enseignement supérieur artistique. C'était un début de mise à niveau universitaire dans l'enseignement supérieur artistique. Je pense également avoir mené l'opération Bologne à un terme plus ou moins satisfaisant.

GUIDO: Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de cette réforme de Bologne justement?
Françoise Dupuis
: L'objectif principal était d'assurer une plus grande mobilité dans les études. J'ai mes doutes sur ce que ça permet effectivement car la mobilité reste quelque chose d'assez limité. L'important, c'était de maintenir la qualité de nos études. En Belgique (particulièrement francophone), on est un peu complexé et on a tort de l'être.

GUIDO: Quels souvenirs avez-vous gardés de vos rapports avec les étudiants?
Françoise Dupuis
: Que de bons souvenirs! J'ai notamment été très bien accueillie avec le décret bisseurs-trisseurs qui permettait une certaine respiration aux étudiants au début de leurs études. Du coup, les contacts se sont bien établis dès le début. Je n'ai jamais mené une politique partisane, j'ai toujours travaillé pour les étudiants et je ne me souviens pas d'avoir entretenu de mauvais contacts avec les étudiants ou les syndicats.

GUIDO: Vos études en langues germaniques vous aident-elles encore aujourd'hui dans la vie de tous les jours?
Françoise Dupuis
: Avoir fait des études dans ce secteur m'a aidé parce que cela m'a donné une commande linguistique intéressante. J'étais pendant ces années-là (autour de 1968) dans la constituante à l'université de Bruxelles. J'ai été nourrie de ce régime très participationniste, très "contestataire". Plus à l'ULB que dans les autres universités, j'ai pu m'en rendre compte par la suite. On n'aimait pas trop les gendarmes sur le campus et on a eu quelques échauffourées. Mais je faisais plutôt partie de ceux qui se mettaient entre les gendarmes et les manifestants pour que personne ne soit tué!

GUIDO: Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui désirerait se lancer dans la politique?
Françoise Dupuis
: Je lui recommanderais de s'affilier à un parti, d'aller suivre les formations que ce parti dispense, d'avoir des réflexions critiques. Je ne peux pas concevoir que l'on fasse de la politique sans idéologie. Je trouve que l'idéologie est quelque chose d'extrêmement respectable. Je ne fais pas partie de ces gens qui jettent les idées au panier. Je ne vois que du bien à réfléchir en termes critiques à ce qu'il se passe autour de nous. Tant qu'il n'y aura pas d'équilibre équitable entre les personnes, il y aura toujours du travail pour les progressistes.  

GUIDO: Enfin, quelles sont selon vous les trois qualités les plus importantes pour être un homme politique?
Françoise Dupuis
: Il faut réfléchir avant d'agir, évidemment. Ça me paraît assez important. Il faut aussi avoir le souci d'expliquer tout ce que l'on fait et à certains moments, savoir dire non et expliquer les raisons de ce choix.

(SD)



Pacifique FIASSE: Le prochain Président de l'Unécof? Pacifique FIASSE: Le prochain Président de l'Unécof?
18/04/2012
Pacifique est le premier candidat déclaré à la présidence de l'Unécof. Passionné par la représentation étudiante, il s'investit dans le Conseil Etudiant de son école depuis deux ans.Après un an de rodage, il est devenu Président du Conseil l'année dernière. L'année prochaine,il veut donner une autre envergure à son combat. D'un niveau local, il veut passerau niveau communautaire. Il a donc décidé d'êtrecandidat à la Présidence de l'Union des Etudiants de la Communauté Française (Unécof).


GUIDO: Quel est votre bilan au sein de la Haute Ecole de la Province de Liège?
Pacifique: Le bilan est très positif. On a eu l'occasion de mener plusieurs actions très intéressantes. La plus médiatisée fut celle des syllabi. Nous n'avions toujours pas nos syllabi à un mois des examens. On a organisé une Assemblée Générale de tous les étudiants de la HEPL pour décider de façon très démocratique de la suite des protestations. Une manifestation a ét



Les 12 travaux de l'Unécof Les 12 travaux de l'Unécof
13/12/2010
L'Unécof (Union des Etudiants de la Communauté Française) s'est offert cette année une double présidence formée de Jean-François Vanwelde (étudiant en journalisme à l'IHECS, dit JF) et Nicolas Adans (en dernière année de master à l'HENam, dit Nico). Avec eux, nous survolons quelques-unes de leurs priorités pour cette année académique.

1. La défense des étudiants
Nico: Nous sommes dans la défense des intérêts des étudiants. Et cette thématique a besoin de se renouveler, d'évoluer. Cette dynamique m'intéressait énormément, c'est donc pour cette raison que je me suis investi au niveau communautaire. Je pense donc que je peux apporter beaucoup aux étudiants, notamment au niveau de l'Unécof, grâce à mes trois années d'expérience au niveau local. On a en quelque sorte appris à marcher avant de courir!



Calogero Conti (UMons): «On ne décide pas un beau jour de devenir Recteur!» Calogero Conti (UMons): «On ne décide pas un beau jour de devenir Recteur!»
06/09/2010
Au préalable doyen de la Faculté Polytechnique de Mons (FPMs), Calogero Conti est ensuite devenu le Recteur de l'UMons qui regroupe dorénavant cette faculté et l'Université de Mons-Hainaut (UMH). Quel est le quotidien d'un homme à la tête d'une université «à taille humaine»? Réponse ci-dessous.

GUIDO: Comment devient-on le Recteur d'une université comme celle de Mons? Calogero Conti: C'est évidemment un processus très progressif. En effet, on ne décide pas un beau jour de devenir Recteur! J'ai évolué vers des fonctions de gestion de façon assez progressive, agissant toujours selon le même principe: rien ne sert de se lamenter dans un couloir, il faut discuter des problèmes et essayer d'y apporter des solutions. Réussissant à dégager un consensus de



Brigitte Chanoine, la seule femme Recteur de Belgique! Brigitte Chanoine, la seule femme Recteur de Belgique!
19/05/2010
Actuellement la seule femme à ce poste dans toute la Belgique, Brigitte Chanoine occupe la fonction de Recteur de l'ICHEC depuis plus d'un an et demi. Entre elle et la Haute Ecole, c'est une grande histoire d'amour qui a commencé dès ses années d'études dans le même bâtiment…
GUIDO: Quel sentiment global retenez-vous des vos études à l'ICHEC? Brigitte Chanoine: Si on devient Recteur de l'ICHEC par la suite, c'est qu'on a adoré ses études ici. Je me suis fortement épanouie dans cette ambiance familiale et sympathique. Pourtant, quand j'ai terminé mes études, je ne pensais pas que j'allais y revenir par la suite. C'est en rentrant d'un séjour de deux ans aux Etats-Unis que l'on m'a proposé une place ici. Je me suis d'abord occupée des étudiants qui par



Interview de Bruno Delvaux, RECTEUR DE L'UCL Interview de Bruno Delvaux, RECTEUR DE L'UCL
22/03/2010
Ingénieur agronome de formation, Bruno Delvaux est depuis le 1er septembre 2009 le nouveau recteur de l'Université Catholique de Louvain. Aprèsquelques mois de fonction, nous tirons (déjà!) le bilan de ses nouvelles responsabilités.

GUIDO: Vous avez d'abord été le doyen de la Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale… Bruno Delvaux: En effet, cette expérience m'a permis de connaître l'université de manière plus globale. On se voit beaucoup entre doyens, ce qui amène une diversité intéressante au cœur de l'université.

La fonction suprême

GUIDO: Comment vous êtes-vous ensuite décidé à vous présenter



Interview de Jean-Claude Marcourt Interview de Jean-Claude Marcourt
14/12/2009
Depuis juillet, il est le nouveau Ministre de l'Enseignement Supérieur de la Communauté Française. Après l'avoir laissé se familiariser avec cette nouvelle fonction, GUIDO a décidé de rencontrer Jean-Claude Marcourt (PS) afin de récolter ses premières impressions sur sa nouvelle mission.

GUIDO: L'enseignement supérieur était-il un domaine de compétences qui vous attirait personnellement? Jean-Claude Marcourt: On n'imagine jamais vraiment être Ministre d'une compétence particulière. Cependant, j'ai toujours été intéressé par l'enseignement supérieur. Et depuis le 16 juillet, date de ma nomination, j'y ai encore pris plus d'intérêt.

GUIDO: Ce poste est souvent contesté par les étudiants… Jean-Claude



Romain Gaudron, PRÉSIDENT DE LA FEF: «Il n'y a pas une forte tendance à la mobilisation étudiante en Belgique» Romain Gaudron, PRÉSIDENT DE LA FEF: «Il n'y a pas une forte tendance à la mobilisation étudiante en Belgique»
23/11/2009
La Fédération des Etudiants Francophones (FEF) représente et défend les intérêts individuels de plus de 120.000 étudiants en Communauté Française. Pour mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette organisation, nous avons rencontré son président, Romain Gaudron.

GUIDO: A quelle époque as-tu fait la connaissance des actions de la FEF? Romain Gaudron: Je suis arrivé dans l'enseignement supérieur en 2004. Et c'est à ce moment-là que la FEF a organisé des manifs pour le refinancement de la Communauté Française. Je m'y suis donc intéressé et j'ai rejoint le mouvement peu à peu. En étant d'abord conseiller fédéral, en faisant partie du Bureau et enfin maintenant en tant que président. Le mouvement étudiant m'a toujours parlé, c'es



Interview de Gaëtan Desneux, PRÉSIDENT DE L'UNÉCOF Interview de Gaëtan Desneux, PRÉSIDENT DE L'UNÉCOF
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Depuis quatre ans, chaque année académique voit l'apparition d'un nouveau président de l'Unécof. L'occasion pour nous de revenir avec lui sur les missions et objectifs de cette Union des Etudiants de la Communauté Française, chargée de représenter les étudiants au niveau communautaire et de les tenir informés de ce qui se fait au niveau de l'enseignement supérieur.

GUIDO: Comment as-tu attrapé le virus de la représentation étudiante? Gaëtan Desneux: Je suis étudiant en architecture, à l'Institut Victor Horta à Bruxelles. En première année, j'ai très vite intégré le Bureau des Etudiants. Je me suis directement senti impliqué, j'avais envie de changer par mal de choses qui ne fonctionnaient pas très bien au sein de l'école. J'ai vraiment pris ça à cœur, cela m'intéressait beaucoup.



Jean-Paul Lambert: «Notre petite taille joue sur un certain nombre d'avantages» Jean-Paul Lambert: «Notre petite taille joue sur un certain nombre d'avantages»
08/06/2009
Recteur des Facultés Universitaires Saint-Louis depuis 2003, Jean-Paul Lambert a rempilé depuis l'année passée pour cinq nouvelles années de mandat à la tête de l'université située au centre de Bruxelles. Nous l'avons rencontré afin d'en savoir plus sur son quotidien de recteur.

GUIDO: Vous avez été réélu à la tête de l'université avec plus de 90% des voix en 2008… Jean-Paul Lambert: Effectivement. En interne, les gens me font confiance, ils ont pu remarquer que l'université avait été correctement gérée et s'était bien développée au cours de mon premier mandat. Je connais aussi beaucoup de personnalités politiques de divers partis qui s'occupent un tant soit peu de l'enseignement supérieur, cela a également dû peser dans la balance lors de m



Interview de Michel Scheuer, Recteur des FUNDP Interview de Michel Scheuer, Recteur des FUNDP
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Nous avons rencontré le Recteur de l'Université de Namur afin d'en savoir plus sur son parcours, son quotidien de Recteur et son regard sur les étudiants d'aujourd'hui. De la crimino au rectorat en passant par la prêtrise, autant dire que son parcours est pour le moins inédit…

GUIDO: Vous avez suivi des études de criminologie à Louvain… Michel Scheuer: Oui, à Louvain et non à Namur, personne n'est parfait! C'est surtout l'aspect pluridisciplinaire (juridique, psychologique, médical, …) de ces études qui m'a intéressé. Avec pour ambition de travailler ensuite dans le secteur de la protection de la jeunesse qui me passionnait déjà à l'époque.

GUIDO: Quel souvenir gardez-vous de cette période? Mic



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