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La représentation étudiante, votre syndicat au sein de l'unif
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La représentation étudiante, votre syndicat au sein de l'unif


Posté: 3/03/2003
Catégorie: Dossier


Elles s'appellent Fédé, AGL , AGE, CAU, FGE ou encore BEA-Interfac. Elles, ce sont les associations des représentants étudiants: une poignée d'étudiants parlant au nom de leurs pairs au sein des institutions universitaires et communautaires. Très différentes d'une unif à l'autre, voici peut-être une dernière photo de leur mode de fonctionnement, un décret les appelant à harmoniser leur structure.


Si les assemblées générales d’étudiants au sein de chaque université diffèrent beaucoup par leur mode de constitution et de fonctionnement, il est une mission universelle: la défense et le rassemblement des étudiants dans l’institution académique. Leurs fonctions principales sont outre l’animation du campus, la représentation des étudiants tant auprès des autorités facultaires que communautaires. Ainsi, leur tâche est d'organiser la réflexion (et d’agir) à propos de tout ce qui vous touche directement ou indirectement, que ce soit la promotion de la réussite, le processus de Bologne, l’accessibilité aux études, le numerus clausus (voir encadré), mais également tout qui concerne la vie universitaire, à un niveau plus local, comme la fusion de deux hautes écoles rattachées à l’université, l’obtention d’une aide pour le financement des études, la démocratisation des logements, la vie socio-culturelle, etc.

 

Des représentants dévoués

Le premier rôle alloué à ce type d’association est, nous l’avons dit, le représentation des étudiants au sein des différentes autorités académiques. Ainsi, la Fédé de l’ULg intervient dans le Conseil des Etudes, dans l’organisation des restaurants universitaires, dans la formation des enseignants, mais aussi au niveau du réseau de la bibliothèque. Le rôle d’information est également important. Pour exemple, chaque association possède son propre journal, rendant compte de toutes les décisions concernant la communauté estudiantine et son environnement direct: La Savate de l’AGL (UCL), Le P’tit Torê de la Fédé (ULg), L’Assemblée Libre du BEA-Interfac (ULB), pour ne citer que ceux-là. Sans oublier la participation au conseil de direction des radios communautaires: 48 FM(ULg) ou Radio Helléna (UCL). Enfin, elle propose divers services, comme le soutien des initiatives étudiantes ou l’organisation d’activités diverses sur le campus, de l’Autre Pack au Bal, sans oublier les Erasmus. Cela fait beaucoup. "L’AGL (UCL) occupe la plus grande partie de mon temps. Je fais du 60 heures/semaine, parfois," avoue Rodolphe, président de l’association. "Le pire, c’est l’accumulation, raconte Anne Sophie, présidente de l’AGE (FUNDP). Par exemple, en plus de la gestion journalière de l’AG et de tout ce que cela implique, nous sommes aussi en charge de l’organisation de la Saint-Nicolas.  Et l’air de rien, c’est un travail stressant. Alors, le soir du cortège, nous avons mis un fût en perce, histoire de se relâcher un peu. Le lendemain matin, nous faisions une descente dans les auditoires, histoire que les profs trinquent également (comprenez ‘affonent’). Ils se sont prêtés au jeu."  Du côté de l'UMH, on se prépare à l'application du décret sur la participation étudiante (voir encadré) "La FGE devrait représenter les AG des 5 facultés qui constituent l'université, explique Dolorès, de l'AG Warocqué. Cette fédération n'en est pour le moment qu'à ses premiers balbutiements. Tout se passe, pour l'instant, au niveau des AG, qui possèdent chacune son représentant au Conseil facultaire." Pour le moment, les missions de l'AG Warocqué sont très diverses, de l'organisation de la Coupe du Mons, à celle d'activités plus 'sérieuses' au sein de la faculté, comme les ateliers ou les opérations 'carrières'; ou encore la réflexion sur le mouvement étudiant (participation étudiante, accords de Bologne, ...). Mi-guindaille, mi-représentation, en quelque sorte. En cela, le BEA-Interfac, ou Bureau des Etudiants Administrateurs interfacultaire, de l'ULB sort du lot. Le BEA regroupe les délégués étudiants au Conseil d'Administration (CA), ainsi que dans les différents ateliers de travail et commissions habilités à émettre des avis au CA. De manière ponctuelle, le BEA organise des AG d'étudiants pour les informer sur des dossiers brûlants, et pouvoir recueillir leurs positions sur ces questions. Leur temps est donc divisé en deux: la représentation au sein des diverses autorités facultaires, et l'information. Point barre. Le folklore, ils le laissent à l'ACE, bien qu'ils restent acteurs au sein de la Commission culturelle de l'ULB. Dans le CA de l'ULB, ils sont 7 délégués à représenter la communauté estudiantine. Cédric, du BEA: "Le CA est divisé en deux: d'une part, le collège académique, et d'autre part, le collège facultaire. C'est au sein de ce dernier que nous siégeons, aux côtés des conseils administratif et de la recherche scientifique. Mais bien sûr, ce sont surtout les causes étudiantes qui nous intéressent, plutôt que l'administratif ou la recherche. A côté de cela, nous organisons aussi des actions en rapport avec des événements extérieurs à l'unif, comme les manifs contre la guerre en Irak, puisque c'est d'actualité." Pour le BEA-Interfac, le décret sur la participation étudiante est une très bonne chose, bien que celui-ci n'induira que très peu de changements au sein de l'unif. "Cela va renforcer le mouvement étudiant inter-universités. Et peut-être redynamiser certaines institutions trop rigides. Reste à voir le fonctionnement des votes étudiants pour leurs représentants. Il faut imposer un quorum minimum (% des votes dans la communauté estudiantine, celui proposé par Françoise Dupuis est de 20%, ndlr). Un conseil étudiant élu par 2% de la population estudiantine, ce n'est pas du tout représentatif," ajoute-t-il.

 

Les élections, d'une unif à l'autre

Qui peut être élu au sein de ce conseil et comment se déroulent les élections. Cela dépend d'une unif à l'autre. Chez les unes, les élections sont annuelles; chez d'autres, elles ont lieu tous les deux ans. Tout d'abord, il faut savoir que l'ensemble des facultés de l'unif y est représenté, en général suivant un système de pondération: le nombre d'étudiants inscrits en Sciences éco étant nettement plus important que celui des étudiants inscrits en Théologie, il y aura plus de représentants dans la première fac citée que dans la deuxième. Cela dit, chaque université possède son propre mode de scrutin. Pour les élections AG de la Fédé* (ULg), tout étudiant inscrit peut présenter sa candidature, moyennant un minimum de 10 signatures. Par faculté (8), les cinq candidats remportant le plus de suffrages sont automatiquement élus (40 des 60 sièges). Les 20 places restantes sont accordées aux plus gros scores, toutes facultés confondues. C'est l'AG, en place pour 2 ans, qui détermine les 4 représentants des étudiants au Conseil d'Administration, organe suprême de l'ULg. C'est également le CA qui gère l'AG au quotidien. La participation au suffrage est obligatoire, un courrier individuel invitant chaque étudiant à voter. "Lors des dernières élections, raconte Nicolas Brugali, administrateur et responsable du site et de la Commission Erasmus, le taux de participation s'élevait à plus de 80%! Il y avait 87 candidats inscrits pour les 60 postes." Impressionnant. L'AGL (UCL) ne peut pas en dire autant: seuls 12% des étudiants ont participé au vote l'année passée. Mais cette année, selon Rodolphe, l'actuel président, on peut compter sur une amélioration du taux de participation: "Le taux de participation aux élections a des allures de baromètre. L'AGL a été très active cette année, au cours du premier quadri. Nous avons travaillé sur des dossiers qui tenaient à cœur bon nombre d’étudiants, comme le dossier Bologne au niveau international; le numerus clausus, pour le fédéral, et la problématique des logements de 12 mois, au niveau local." Il s’agit également de bien comprendre le fonctionnement des élections AGL. Tout d’abord, les étudiants vont voter pour une liste. Chaque année, elles sont entre 3 et 5 à présenter un programme propre. Jusque là, rien de très compliqué. Là où cela se corse, c’est qu’il existe deux collèges électoraux, désignant chacun la moitié des élus du conseil. Tout d’abord, le collège facultaire, composé d’un élu par tranche de 1000 étudiants au sein de chaque faculté. Ensuite, le collège interfacultaire, dont les conseillers sont élus sur toute l’université, et par tous les étudiants. Les candidats doivent dès lors choisir le collège dans lequel ils veulent siéger en sachant qu’une candidature dans le collège interfacultaire implique une campagne plus importante, puisque sur les deux sites de l’UCL.

Du côté des FUNDP, l’élection du bureau de l’AGE passe par l’élection de l’AG, laquelle se compose des cercles facultaires, des kots-à-projets, des délégués de cours, du cercle des étudiants étrangers et du CIR (Cercle Inter Régionales). Le vote pour le bureaux (6 postes à pourvoir) est tenu secret. Pour entrer au Bureau, il faut obtenir 2/3 des voix pour le poste désiré.

Le BEA-Interfac, quant à lui, n'est pas élu. Ou très indirectement. Il s'agit plutôt d'un groupement des élus (quorum de minimum 30%) de chaque faculté, autour d'un projet commun. Il y a donc des années ou le Bureau ne compte que 4 ou 5 facultés (parmi les 7 que compte l'ULB), les autres ne souhaitant pas s'investir dans ce projet.

 

C'est pareil, mais différent

Vous l'aurez compris, l'harmonisation de la représentation étudiante ne va pas se faire en un jour. Le  fonctionnement des élections varie énormément d'une institution à l'autre, tout comme l'organisation de la représentation étudiante d'une part, et de l'université dans son entièreté d'autre part. Une chose est sûre, cependant: le mouvement étudiant gagne du galon et ses effets s'en ressentent (voir le numerus clausus, loin d'être réglé, mais qui avance). Vous aurez bientôt toutes les cartes en mains pour vous exprimer et participer plus activement à la vie de votre université, à votre formation, à votre avenir, finalement. Il s'agit de ne pas louper le train en marche et de s'impliquer plus que jamais. Alors, votez, bordel!

 

*Les prochaines élections Fédé ULg auront lieu le 18 mars.

*Les élections AGL UCL ont eu lieu les 26 et 27 février. Nous ne connaissions toujours pas les résultats à l'heure de mettre sous presse.

 

Le décret sur la Participation des étudiants dans les universités

Dans le souci d’améliorer et de généraliser la participation étudiante dans les instances universitaires, Françoise Dupuis, ministre communautaire en charge de l’enseignement, a décidé d’harmoniser cette représentation étudiante dans les huit universités, ainsi que de les réunir dans une structure communautaire unitaire. Par ce décret, la ministre entendait l’instauration de trois types de garanties: celle relative à la participation effective des étudiants à la gestion de leur institution, celle relative à leur représentation au niveau communautaire, et enfin, celle relative aux moyens d’exercer ces facultés. Il s’agissait de réfléchir avec les acteurs concernés quant à la participation des représentants étudiants aux organes de gestion et consultatif, avec voie délibérative; de définir les formes d’organisation de la représentation étudiante ainsi que son mode de désignation (bref, les élections), de prévoir un financement garantissant l’exercice de ces missions (bien sûr, dans les limites des crédits budgétaires de la Communauté française); et d’établir les règles d’adhésion des conseils étudiants ou des organisations représentatives des étudiants au niveau communautaire. Le projet émanait de la FEF (Fédérations des Etudiants Francophones), porte-drapeau du mouvement étudiant. Une très bonne chose, qui fut malheureusement freinée par le CReF (Conseil des Recteurs d'expression Francophone). C'est que la création de nos unifs ne date pas d'hier, et qu'il est toujours difficile de changer des institutions bien en place. Ainsi, si à l'ULB, le décret ne pose aucun problème, le BEA-Interfac participant depuis longtemps au conseil d'Administration; il n'en va pas du tout de même à l'UCL où l'arrivée d'une délégation étudiante au sein du 'conseil des sages' prendrait des airs de révolution. Toute l'organisation de l'institution en serait bouleversée. Thierry Zeller, de la FEF: "Les réactions des unifs sont très mitigées, simplement parce que leur passé est différent, leur mode de fonctionnement l'est aussi. De plus, il est vrai que les AG étudiantes varient fortement d'une unif à l'autre. Certaines sont plus axées sur la guindaille, par exemple. C'est la raison pour laquelle il fallait aussi penser à homogénéiser le mode de fonctionnement et d'élections de celles-ci." Bonne nouvelle: si le décret a longtemps voyagé dans la navette parlementaire, le voici de nouveau au gouvernement, où il devrait être voté très prochainement. "C'est une très bonne nouvelle. On se bat depuis début 2001, et on en voit enfin le bout", se réjouit Thierry.

 

Le numerus clausus:

Chaud le dossier, mais gelé car élections

Flash back 1995: Le gouvernement fédéral décide de limiter le nombre de médecins, un surnombre induisant une surconsommation préjudiciable au budget des soins de santé. Pour ce faire, Marcel Colla, à la Santé à l'époque, et qui n'a donc pas la compétence pour l'enseignement, décide de plafonner le nombre de numéros Inami. La Communauté devait dès lors faire coïncider le nombre d'étudiants diplômés avec le nombre de numéros Inami à distribuer. Pour 2004, première échéance du numerus clausus, seuls 280 étudiants ayant obtenu un visa en troisième candi (en deuxième pour les dentistes), obtiendraient le sésame Inami, lequel leur donne le droit d'exercer la médecine. Les étudiants grognent, branle-bas de combat dans les rues, et la FEF monte au créneau. Les arguments sont plus que valables: le risque de pénurie de médecins, celui de la rivalité malsaine entre les étudiants, la difficulté de faire réellement coïncider le nombre d'étudiants aux quotas de l'Inami (et les bisseurs en doctorats, alors?), la vocation contrariée (on ne se lance pas dans des études de médecine pour être prof de bio), etc. 2002: rebelote pour les kinés, chez qui on met le filtre en deuxième candi. Re-grogne, re-branle-bas de combat. C'en est trop. Françoise Dupuis s'épuise et décide de retirer le filtre en médecine et en dentisterie. Problème résolu? Que nenni. Les numéros d'Inami sont toujours comptés, eux. 5 ou 7 ans d'études, c'est long et coûteux; d'autant plus quand on se voit refuser, au terme du cursus, l'accès à la profession. La suite, il faudra l'attendre après les élections. Comme le souligne de manière très perspicace Jef Tavernier, le remplaçant de feue (fédéralement parlant) Magda Alvoet à la Santé: "On ne peut pas leur promettre monts et merveilles à trois mois des élections."  C'est clair, mais cette année encore, trop d'étudiants trinqueront face à tant d'incertitude quant à leur avenir.

Sites utiles:

BEA-Interfac: www.bea-interfac.be

AGE FUNDP: www.age-namur.be

FéDé Ulg: www.fede-ulg.org

AGL UCL: www.agl.ucl.ac.be

FEF: www.fef.be

UNÉCOF: www.unecofasbl.be



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