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To ski or not to ski?
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To ski or not to ski?


Posté: 26/11/2007
Catégorie: Dossier


Chaque année, c'est le même cirque: sitôt dessaoulé des guindailles post-session, on va saigner sa tirelire pour s'entasser à cent quarante-douze dans des HLM lambrissés sapin avec tire-fesses direct en sortant de l'ascenseur.

On va skier (un peu), faire la fête (beaucoup), dormir entre les deux et quitter après 8 jours, encore plus fatigué qu'en arrivant, une station où le nom de notre école sera à tout jamais synonyme d'infamie, de chaos, de débauche et de destruction. Qu'est-ce qu'on va encore se marrer…  

Ceux pour qui le monter-descendre-jouer-dans-la-neige fait furieusement penser à une version luxe du toboggan-bac-à-sable de leur enfance, ceux qui ne comprennent rien au plaisir maso de payer aussi cher pour se les geler aussi haut, ceux qui n'aiment pas la neige, à qui l'odeur de la fondue file la nausée. Aux allergiques des plaisirs de masses, aux amateurs de calme et de tranquillité, aux amoureux de la nature préservée, aux férus de culture et de civilisations… Restez avec nous, on a aussi pensé à vous!

Pour Bastien, étudiant en communication, la question ne se pose pas: avant de savoir rouler à vélo, il se prenait déjà pour Jean-Claude Killy, dévalant les pentes à toute vitesse, à la plus grande frayeur de sa maman. Celui-ci est parti l'année dernière à Méribel avec une redoutable association d'étudiants de Liège. «Il faut savoir que chaque année, cette association part dans une station différente parce qu'ils sont refusés d'une année à l'autre dans toutes les stations où ils sont passés,» nous avertit Bastien, en guise de préambule.

«L'organisation de l'agence de voyage était un peu foireuse dès le départ: trouver le car dans lequel tu pars relevait déjà d'une expérience en soi. Tu arrives ensuite sur place et là commence la galère pour avoir les clés de ta chambre, ton food-pack et ton forfait pour les pistes, puisque tu aimerais logiquement pouvoir aller skier dès le lendemain matin. Nous, on a eu le nôtre passé deux heures du mat'. Ils m'ont d'ailleurs rappelé début septembre pour me demander si j'avais bien payé mon voyage… Apparemment la comptabilité, c'est pas leur fort…»

Une fois installé, la communauté étudiante va pouvoir organiser ses occupations: «Pendant le séjour, tu fais ce que tu veux, en toute liberté, sans contrainte. Tu veux rester au lit toute la journée et ne sortir que le soir, c'est ton choix. Tu veux rester en forme pour être le premier sur les pistes, c'est ton choix aussi, mais c'est pas certain qu'on te laisse dormir… Vers 10 heures normalement, on est sur les pistes. On rentre du ski, il est 16h30. Une bonne douche et une petite sieste plus tard, il est 20 heures, l'heure de manger. Ensuite, tu es parti pour toute la nuit, parfois jusque 8 heures du mat'!»

Parfum de scandale

C'est le propre des vacances: plongé dans une réalité parallèle, détaché de ton train-train quotidien, tu te retrouves dans une sorte de parenthèse enchantée: rien de ce que tu fais n'aura la moindre conséquence sur le reste de ta vie. Certains prennent la métaphore au pied de la lettre et puisque tout semble permis, s'en donnent à cœur joie.

Pour la fête, c'est toujours un peu la même coutume. Se référant à la tradition historique où le montagnard solitaire, affamé et engourdi par le froid, poussait sans plus de cérémonie la porte d'une ferme où on lui ferait pour sûr bon accueil, l'aspirant fêtard fait un petit tour dans la station à l'affût des bruits de bouteilles et des odeurs du houblon, ou de vodka. Ayant tôt fait de repérer le scandale en puissance, la petite beuverie n'attendant que son arrivée pour dégénérer comme il se doit, il pousse la porte sans autre hésitation et hop! Salut l'incruste! En désespoir de cause, notre fêtard peut toujours aller crier famine du coté de l'association étudiante où il se passe toujours quelque chose…

Mille et une rumeurs, légendes urbaines et autres mythes colportent les hauts faits de cette association. Terreur des directeurs de station, elle est telle Gengis Khan: là où elle passe, elle ne reskie plus. «La spécialité du cercle, c'était de louer une salle dans un restaurant et s'y bourrer la gueule au dernier degré. La soirée finissait avec des jeux d'adresse, du genre arriver à retirer la nappe d'un coup en laissant la vaisselle dessus… Pour pouvoir stocker les fûts plus facilement, ils ont aussi décidé d'abattre la cloison entre deux chambres pour en créer une grande. Une année où il n'y avait pas assez de neige, par ennui et par frustration, ils ont arraché une baignoire pour l'emmener en haut des pistes en guise de bobsleigh. A tel point que la station a engagé des vigiles pour nous surveiller, que le cercle a dû payer évidemment. Le problème c'est qu'au bout de deux jours, les vigiles faisaient la fête avec nous… Les gendarmes quant à eux étaient complètement dépassés. En fin de compte, on se retrouve à payer pour les conneries des autres. Si ça continue, ils vont devoir aller au fin fond de l'Autriche ou dans les Carpates roumaines pour trouver des stations qui les acceptent encore…»

L'enfer des autres

Nico , étudiant en architecture pratique, comme Bastien, pratique le ski depuis son enfance avec ses parents. Il y a quelques années, il a essayé les séjours au ski avec l' UCPA, l' ADEPS français qui propose des vacances sportives, allant du trekking aux chiens de traîneau en passant par la voile et bien sûr le ski. «Les vacances avec l' UCPA sont très axées sur les cours et la pratique du sport. Tu es assez encadré, tu as tes repas à la cantine et les moniteurs n'apprécient pas trop que tu te bourres la gueule jusqu'à 4 heures du mat'. En gros, t'es là pour apprendre et progresser, pas pour enchaîner les tournées à la buvette.»

L'année dernière il est parti avec sa copine dans un voyage organisé par l'IHECS à Avoriaz. «J'étais déjà parti avec Halloween, mais seulement avec trois autres potes, pas dans le cadre d'un voyage d'école. L'année dernière, on devait partir moi et ma copine avec trois autres copains. Comme ils se sont désistés, on s'est retrouvé avec d'autres personnes qu'on ne connaissait pas, plutôt du genre fêtardes, alors que nous on essayait d'avoir un peu d'intimité et de tranquillité. Ce qui n'a rien d'évident quand tu dors à l'entrée de la chambre dans des lits superposés.»

Les vacances sont, pour ceux qui ne sont pas passés par les mouvements de jeunesse, souvent la première expérience de vie en communauté, qui n'est pas sans occasionner quelques contraintes… Comme les Gipsy Kings , tu te retrouves à vivre à sept dans un appartement qui fait la taille d'une caravane. Après deux trois jours, plus personnes ne range, les vidanges disputent le rare espace disponibles au linge sale, l'évier déborde bientôt de vaisselle, quand il ne sert pas d'urinoir.

«C'est vrai que le coté communautaire, c'est parfois un peu pénible. Tu ne peux pas toujours être en phase avec tout le monde tout le temps. Quand tu veux un peu de calme ou d'intimité, c'est toujours difficile dans ce genre de vacances,» admet Bastien. Il faut apprendre à composer avec les besoins des uns et des autres, réfréner ses instincts, ou imposer diplomatiquement ses vues, rappeler au silence l'importun ou entraîner tout le couloir dans une bacchanale déjantée. En effet, il n'y a pas que ta chambre, vous être partis à 150, mais sur place, vous retrouverez d'autres écoles, d'autres facultés, belges ou étrangères… «Te faire réveiller trois fois sur la nuit par des potes qui rentrent dans ta chambre pour voir s'il reste quelque chose à boire chez toi ou si t'as pas une clope… c'est lourd.» Comme on le comprend…

Nico et Bastien ont en commun leur expérience des sports d'hiver et partagent les mêmes conclusions: «Je suis toujours parti au ski dans l'optique de faire la fête, mais en réservant quand même mon énergie au ski. Je ne dépense pas autant de tunes pour ne pas en profiter», nous dit Nico . «Les gens partent avec Halloween par facilité, pour faire la fête, mais ils s'en foutent un peu de ce qui se passe à coté,  ajoute Bastien. Il faudrait trouver une alternative, genre partir entre potes. On remplit une ou deux voitures, un chalet et on se fait notre business tranquille. Tu t'organises pour acheter toute ta bouffe à l'avance en Belgique, tu achètes l'alcool sur le chemin au Luxembourg, tu te renseignes pour avoir les formules les plus avantageuses. Si tu ne prends pas une station trop chère ou que tu pars en dehors des périodes de vacances, y a moyen que ça ne te revienne pas cher.»

Mal des montagnes

Catherine, étudiante en assistante sociale, a, selon ses propres termes, un parcours un peu atypique. Ayant commencé le ski toute petite avec papa, pour elle aussi, hiver rimait depuis toujours avec cimes immaculées, poudreuse, glisse et sensation. «Puis j'ai grandi et j'ai commencé à inviter des copines, des copains. Plus ça allait, plus le temps de ski diminuait et le temps de fête s'allongeait, au grand dam du paternel.» Mais, petit à petit, Catherine a commencé à se sentir de moins en moins à l'aise sur les pistes. «Quand j'étais petite, je ne me rendais pas compte des risques. Je fonçais sur n'importe quelle piste sans me poser de questions. Mon père, médecin, me mettait toujours en garde contre les dangers que je courrais: cheville tordue, jambes cassées, ligaments déchirés, genoux déboîtés et autres joyeusetés… Ensuite, j'ai commencé le snowboard, je me suis évidemment mangé quelques belles gamelles. L'année d'après, plus moyen de descendre une piste. J'étais en haut, me cramponnant à mon copain, la pente devant moi, plus moyen de descendre. Je me suis mise à pleurer, j'avais vraiment peur. J'avais l'impression que j'allais me planter.»

Le résultat? «J'ai passé mes vacances à négocier pour y aller le moins possible, faire cette piste-là que je connaissais bien plutôt que celle-ci avec des bosses… En même temps évidemment, je faisais énormément la fête, ce qui me donnait un bon prétexte pour me lever le plus tard possible et ne pas aller skier. Problème: on était parti avec toute la smala, amis, parents des amis, amis des parents, leurs enfants, etc.… Et qu'on se la jouait très tribu: skier ensemble, manger ensemble… Ma petite psychose faisait un peu tache. Ce qu'ils prenaient pour un caprice les énervait carrément, surtout vu le prix du séjour… Ils ne comprenaient pas. Alors, j'ai refusé d'accompagner mon père l'année suivante et ça fait 4 ans que je n'ai plus touché un ski. Maintenant je pars au soleil et je me fais pas chier. Plage, visite, resto, nature, tout me plaît…»

Adieu raclette, bonjour bronzette

Pour Quentin, étudiant en commerce international, la situation est encore plus claire et entre mer et montagne, le choix est fait: «J'ai fait du ski une fois dans ma vie, j'étais petit, je ne m'en souviens plus vraiment. C'est vrai que je suis intéressé par les sensations, l'air de la montagne, etc., mais je dois faire un choix entre le ski l'hiver et le soleil l'été. Et jusqu'à présent, j'ai toujours préféré le soleil, la plage, la bronzette et la chaleur au froid et à la glisse. C'est vrai aussi que le coté Barnum, partir à 200 dans une usine à glisse, ça ne m'attire pas des masses. Sans parler du fait de se retrouver débutant complet à 21 ans, ne même pas savoir comment on prend un tire-fesses ou se traîner sur les pistes vertes avec des gosses de 6 ans pendant que tes potes s'éclatent 1000 mètres plus haut sur leur surf.»

Les loisirs de masses te font bêler d'ennui? La promiscuité te rend sociopathe? Les beuveries à répétition te saoulent? Tu aimes les bonnes tables où l'addition ne te reste pas en travers de la gorge? Tu as envie d'un peu de romantisme et d'intimité avec ta tendre moitié? Les alternatives aux sports d'hiver sont nombreuses. Et quoi de mieux pour se détendre et se dépayser en plein mois de février que de partir pour le Sud? Les formules ne manquent pas et les prix sont tout aussi attractifs – forcément - puisque tous les gogos sont allés se manger des sapins dans leur nouvelle combi à 500 boules, on a tout de suite un peu plus d'espace sur les plages pour étaler sa serviette…

Envie de se dorer la pilule, les doigts de pieds en éventail, un Caïpirinha à la main au bord de la piscine? En formule last minute, il vous en coûtera 300 €, vol compris, pour partir pour la Crète ou la Turquie, en club 4 étoiles tout compris, 350 € pour la Tunisie. De Charleroi, Ryanair vous emmène dans la magnifique région de l'Algarve au Portugal, sur les plages de Malaga ou, un peu moins au sud, découvrir l'Irlande à Dublin pour moins de 100€   aller/retour. Avec Vueling , Barcelone, Madrid ou Séville vous ouvrent les bras avec des vols directs depuis Bruxelles, tandis qu' Easy Jet vous emmène sur la Riviera à Nice ou dans la folie des nuits berlinoises. Pour un choix plus grand, SN Brussels Airlines dessert toute l'Europe à des prix qui restent abordables. Un seul conseil, ou plutôt deux: réservez le plus tôt possible pour avoir les prix les plus bas vers les destinations que vous voulez ou le plus tard possible si vous voulez empocher les bonnes affaires qui se présentent. Et n'oubliez pas d'utiliser Internet sans modération.

Arnaud Grisard

Quelques sites to ski

www.halloween.be

www.gototravel.be

www.odyc.be

www.ucpa.com

Or not to ski

www.opodo.fr : T'indique les meilleurs tarifs d'un point à un autre

www.connections.be : Destinations last minutes, promos, hôtels, location de voiture d'un simple click

www.travelprice.be : Spécialisé en last minute

www.ryanair.com

www.easyjet.com

www.vueling.com

www.brusselsairlines.be



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