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La triple vie de SÉBASTIEN MINISTRU
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La triple vie de SÉBASTIEN MINISTRU


Posté: 26/01/2009
Catégorie: Jobwatch


Chaque matin, Sébastien Ministru accompagne vos réveils à coup de Close-up, de Bons Disques ou d'interviews Grille-Pain. Mais ce n'est pas pour autant que sa journée s'arrête là. Entre ses activités de rédacteur en chef adjoint du Télé Moustique et d'auteur de pièces de théâtre, il a dégagé une demi-heure de son temps pour répondre à nos questions.

GUIDO: Comment arrivez-vous à articuler vos semaines entre toutes ces activités?
Sébastien Ministru : J'ai des semaines et des journées bien organisées. Je suis comme un robot, une espèce de cyborg! Le matin, dès que je pose le pied par terre, je vois toutes mes activités de la journée défiler dans ma tête. Je suis bien programmé, en quelque sorte.

GUIDO: A quoi ressemble une journée-type pour vous?
Sébastien Ministru : Je me lève à cinq heures et demie tous les matins. Je prépare alors tout de suite mes interventions pour la radio. J'arrive ensuite à la radio où je fais l'émission en direct. Après commence mon travail à la rédaction du Télé Moustique, un très gros morceau de ma journée qui consiste en un travail de direction et de supervision d'équipe, de courroie de transmission entre les rédacteurs en chef et l'équipe et de rédactions d'articles (ndlr: notamment la rubrique Du tac au tac). Ce n'est pas toujours facile de jongler entre tout ça. D'ailleurs, quand je rentre chez moi le soir, je suis mort! (rires)

Rédacteur en chef adjoint: un travail de flicage!

GUIDO: Avez-vous toujours eu envie d'une carrière dans un magazine?
Sébastien Ministru : Oui, depuis tout petit déjà. J'ai d'ailleurs fait des études en journalisme 'Presse écrite' à l'UCL. Je n'ai jamais été chercher mon diplôme! Le journalisme, cela ne s'apprend pas, selon moi. C'est un métier qui se pratique sur le terrain.

GUIDO: Comment êtes-vous ensuite arrivé au Télé Moustique?
Sébastien Ministru : J'ai eu une chance inouïe. Je travaillais déjà chez Télé Moustique alors que je n'avais pas encore fini mes études. Simplement parce que je me suis trouvé au bon endroit au bon moment. Ils cherchaient un remplaçant pour quelqu'un de malade dans le pool télé. Je m'en souviens encore aujourd'hui, je devais taper les programmes de la deuxième chaîne hollandaise alors que je ne parlais pas un mot de flamand! J'ai été engagé rapidement comme employé fixe dans l'équipe de télévision pour ensuite passer à la rédaction et commencer à écrire des articles.

GUIDO: Pour enfin devenir rédacteur en chef adjoint…
Sébastien Ministru : En effet, en tant que rédacteur en chef adjoint, je dois veiller à une bonne coordination entre le rédacteur en chef et le reste de l'équipe. Par exemple, je ne laisse pas partir une page à l'impression sans y avoir jeté un coup d'œil. Je suis chargé de surveiller la fabrication de toutes les pages du magazine. C'est en quelque sorte un travail de flicage! (rires)

GUIDO: Une telle masse de travail, cela implique moins de travail de rédacteur pur et dur…
Sébastien Ministru : Je regrette un petit peu de ne plus avoir autant de temps pour écrire moi-même des articles. Mais ça va quand même, parce que je n'ai pas tout-à-fait renoncé à écrire des choses de temps en temps.

Le Bon Disque: 2 minutes 50 de travail par jour!

GUIDO: Malgré ce programme chargé, vous avez décidé de vous lancer dans l'aventure radio…
Sébastien Ministru : Non, pas du tout. Je ne voulais pas faire d'audiovisuel, personnellement. La radio est arrivée dans ma vie parce qu'on est venu me chercher. J'ai toujours eu la chance de ne jamais devoir proposer des choses aux gens, de rencontrer des personnes qui savaient mieux que moi que ce que j'étais capable de faire! Après une première expérience avec Jean-Pierre Hautier sur La Première, Rudy Léonet a lancé PureFM et m'a demandé de participer au magazine gay et lesbien Bang Bang. J'attendais en fait ce coup de fil, étant donné que je savais qu'une telle émission était en préparation. J'aurais été très jaloux et dépité si on ne m'avait pas demandé de faire Bang Bang.

GUIDO: Ensuite est arrivée Snooze, l'émission matinale de la radio.
Sébastien Ministru : On m'a fait confiance et on m'a directement proposé une chronique pour chaque jour de la semaine. On m'a donné carte blanche, j'ai donc décidé de faire des petites capsules de culture, comme si on en parlait entre copains autour de la table. Le Bon Disque lui existait déjà, je n'ai fait que le redynamiser en y ajoutant mes commentaires délirants et en reprenant sa programmation. Il ne faut pas se leurrer, le Bon Disque, c'est 2 minutes 50 de travail par jour! Cet été, on m'a proposé l'interview Grille-Pain. J'avais peur qu'on me le demande parce que cela signifiait beaucoup de travail. Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas succombé!

GUIDO: La radio est certainement plus cool que le travail de rédacteur en chef adjoint?
Sébastien Ministru : Ce que je fais en radio se mélange avec mes loisirs si bien que je me demande parfois si c'est vraiment du travail! Tout le monde ne peut pas se permettre de gagner de l'argent en racontant des conneries sur des livres ou sur la mode. La radio n'est donc pas un boulot très difficile ni très contraignant, mais il faut quand même pouvoir se lever pour aller le faire!

GUIDO: On imagine que vous devez consentir à certains sacrifices concernant vos soirées pour être frais le lendemain matin!
Sébastien Ministru : Surtout à mon âge, je n'ai plus 20 ans! Je ne vais plus au cinéma ni aux concerts. Et quand j'y vais, je le paie. Même si ce que je fais en radio n'est pas difficile en soi, il faut quand même être en forme pour le faire. Et pour être en forme, il faut dormir! En tout cas, en ce qui me concerne. Il faut arriver en forme et performant.

Cendrillon au théâtre: un macho!

GUIDO: Malgré un emploi du temps chargé, vous trouvez encore le temps d'écrire des pièces de théâtre. Vous en êtes déjà à la sixième!
Sébastien Ministru : Je prends le temps d'écrire mes pièces de théâtre le week-end ou pendant les vacances.

GUIDO: Quel est le pitch de Cendrillon, ce macho! (du 4 décembre au 17 janvier au Théâtre de la Toison d'Or)?
Sébastien Ministru : Cette nouvelle pièce est une version homo de Cendrillon. J'ai repris les contraintes de l'histoire: il y a une belle-mère, deux méchantes, un prince charmant, un bal, une perte de chaussure et un mariage à la fin, mais à la seule différence près que mon Cendrillon est un homme! Je me suis amusé à écrire un truc léger, avec de la musique, … Cela n'a aucune autre prétention que de divertir les gens.

GUIDO: Pourtant, toutes vos pièces touchent de près au sujet de l'homosexualité et ambitionnent de délivrer un message, si infime soit-il…
Sébastien Ministru : Il y a toujours un message dans mes pièces, un message que les gens ne voient pas toujours, mais c'est pas grave! Ici par exemple, c'est un hommage à la loi belge sur le mariage entre personnes du même sexe qui montre que la Belgique est en avance sur les autres pays.

GUIDO: Et monter vous-même sur scène?
Sébastien Ministru : J'y ai déjà pensé, j'aimerais bien, mais j'ai trop la trouille pour le faire. Je n'ai pas le courage d'aller me confronter tous les soirs à une salle de 250 personnes. Cela reste pour le moment du domaine du fantasme. Parfois, je rêve de mon nom en grandes lettres rouges sur la façade de l'Olympia ou d'être un comique aussi marrant que Jerry Seinfeld! Mais bon, tout le monde peut avoir des rêves, non?

(SD)



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