DAAU: Back to the future

01/05/2017 // Categorie: Musique




Vingt-cinq années d’existence. Plus de 700 concerts à travers le monde. Sept albums. S’il y a bien un groupe qui a marqué le rock de son empreinte et représente à merveille le bouillonnement de la scène anversoise des années 90 (dEUS, Zita Swoon,…), c’est DAAU. Rencontre avec le groupe au grand complet et retour sur un parcours pour le moins chaotique.


Han: Nous nous connaissions depuis le début de nos études secondaires. En fait, j’étais dans la classe de Buni Lenski. Nous avons commencé à jouer à quatre avec Roel et Simon, le frère de Buni, alors que nous avions 14 ou 15 ans. Nous faisions surtout des covers. C’était la fin des années 80, début des années 90. C’est à cette époque que la scène rock anversoise a commencé à exploser avec des groupes comme dEUS, Dead Man Ray…

Roel: Nous avons fait nos premiers concerts dans des cafés anversois du Kaai. Depuis nos débuts, nous proposons une musique instrumentale à la frontière entre le classique, le rock, le jazz et le folk. Je pense que nous étions assez bons car nous avons très vite été contactés par le management de dEUS. Notre premier album est sorti en 1996 sur le label Lowlands et a plutôt bien marché. Nous avons alors commencé à tourner à l’étranger. Le premier album s’est bien vendu et d’autres labels se sont intéressés à nous, entre autres Sony Classicals. Nous avons signé chez eux à New York. Ils ont ressorti le premier album qui a alors bénéficié d’une distribution mondiale.

Un compilation? Non, une rétrospective!

GUIDO: Chez Sony Classicals, c’est unique non?

Han: C’était il y a bien longtemps, il n’y avait pas encore de MP3 (rires). Nous avons énormément tourné à quatre et avons ensuite sorti notre second album. Notre premier chez Sony en fait. Nous étions fort jeunes et avions fort envie d’expérimenter et de tenter de nouvelles choses. Les gens de chez Sony ont été un peu surpris lorsqu’ils ont reçu les enregistrements de l’album et c’est ainsi que nos relations difficiles avec l’industrie discographique ont commencé. (rires)

Han: Nous avons néanmoins sorti un troisième album chez Sony, mais avons été rétrogradés chez Columbia cette fois. Après ces trois albums chez Sony, nous avons décidé de monter notre propre label en 2002 et avons fondé Radical Duke Entertainment… À partir de 2000, nous sommes surtout devenus un groupe de scène. Grâce à notre renommée acquise durant les premières années d’existence du groupe, nous avons beaucoup tourné. Nos albums se sont forcément moins bien vendus que lorsqu’ils étaient distribués par Sony, mais nous avons continué à en écouler beaucoup lors de concerts.

GUIDO: Hannes et Jeroen, vous n’avez pas vécu ces années glorieuses…

Hannes: Je suis arrivé en 2006 avec la sortie de l’album Domestic Wildlife. Le bassiste du groupe a jeté l’éponge et j’ai eu l’occasion de le remplacer.

Jeroen: En fait, je suis arrivé dans le groupe suite à un malentendu au niveau des agendas. Suite à ce quiproquo, le batteur du groupe n’a pas pu partir en tournée et je l’ai donc remplacé. Ce qui est intéressant avec DAAU, c’est que les nouveaux venus remplacent souvent une personne qui joue un instrument différent…

GUIDO: Ce disque est plutôt surprenant: ce n’est ni un nouvel album, ni vraiment une anthologie!

Jeroen: Nous aurions pu enregistrer un nouvel album, mais cela ne collait pas vraiment à l’idée que l’on se faisait d’un jubilée. Une compilation? Bof! Nous avons finalement décidé de confier les bandes à Rudy Trouvé qui a proposé de faire une rétrospective.

Rudy Trouvé, éminence grise de la scène musicale anversoise

GUIDO: Pourquoi Rudy Trouvé?

Han: À Anvers, Rudy Trouvé est une véritable légende vivante. Il a participé au premier album de dEUS et a ensuite été ou est encore actif dans un très grand nombre d’autres projets comme musicien (Kiss My Jazz, Gore Slut, …) ou producteur. Il est également artiste-peintre. Un très grand monsieur. Quand nous avons évoqué ensemble un projet d’anthologie, son nom a tout de suite fait l’unanimité. En fait, nous lui avons complètement laissé carte blanche. Vu qu’il y a eu de nombreux changements au sein du line-up de DAAU, son idée était à la fois de rendre hommage à l’histoire du groupe, aux membres qui l’ont quitté, tout en proposant une relecture actuelle de nos anciens titres. Il a sélectionné vingt morceaux, en a fait un collage, une sorte de mixtape. Ensuite, il nous a demandé de réinterpréter les morceaux, mais version 2017.

GUIDO: Ce n’est donc pas vraiment une compilation?

Han: Durant les 25 années d’existence du groupe, nous avons exploré pas mal de directions différentes. Rudy a utilisé cette palette sonore pour construire un collage sans aucun ordre chronologique. On y retrouve aussi bien des titres de 1995 que de l’album 8 Definitions datant de 2013. Pour le morceau qui ouvre l’album par exemple, tu peux retrouver des fragments de cinq titres différents. Dix secondes d’un morceau, puis une partie d’un autre titre, pour ensuite reprendre avec le morceau précédent. Son objectif, c’était surtout de créer une couleur, une atmosphère, et je trouve que le résultat est assez abouti.

GUIDO: Simon, Buni et Adrian Lenski ont-ils participé à l’enregistrement d’une manière ou d’une autre?

Han: Simon, Buni et Adrian n’ont pas participé à l’enregistrement mais sont présents via des overdubs. Et nous passerons des images d’époque lors de nos concerts afin qu’ils puissent indirectement être présents également…

Die Anarchistische Abendunterhaltung: Hineininterpretierung (Waste My Records)

Han Stubbe: clarinette, membre original

Roel Van Camp: accordéon, membre original

Hannes D'Hoine: basse, contrebasse

Jeroen Stevens: percussions, marimba

Photos: © 2016 Tom Verbruggen



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