Noa Moon: «Je suis imparfaite et je l'assume»

02/05/2017 // Categorie: Musique




Quatre longues années se sont écoulées depuis le premier album de Noa Moon. Si l’on commençait tout doucement à trouver le temps long, Azurite a tôt fait de nous surprendre et de nous séduire. Nous avions découvert Manon avec des titres pop-folk légers et efficaces. On la retrouve aujourd’hui avec un disque aux milles facettes qui hésite entre noirceur et légèreté, ombre et lumière. Rencontre!


Manon: Mon tout premier single est sorti en 2012. Et l’album, en 2013. Quatre bonnes années se sont donc écoulées depuis la sortie de Let Them Talk. Durant ces dernières années, j’ai beaucoup changé… Humainement bien sûr, mais aussi artistiquement. J’ai écouté énormément de musique. Surtout de l’électro pop, ou même de la musique électronique pure. J’ai aussi découvert que ce n’est pas parce que c’est électronique que cela doit nécessairement être quelque chose d’efficace et de rapide. Si tu écoutes quelqu’un comme James Blake, c’est terriblement atmosphérique et envoûtant. Auparavant, j’écoutais surtout des trucs plutôt classiques tels que Paul Simon ou les Beatles. Mes goûts et mes envies ont évolué et cela a forcément eu une influence sur mon écriture.

«J'ai beaucoup travaillé seule»

GUIDO: Ta manière de composer a donc évolué en découvrant l’électro?

Manon: Le premier album avait été entièrement composé à la guitare. J’ai commencé à composer un peu au clavier il y a quelques années, et j’ai découvert deux ou trois trucs sur l’ordinateur avec le programme Ableton. Ma manière d’utiliser ce programme est très basique mais cela me permet néanmoins d’avoir accès à un très large éventail de sons différents, ce qui ouvre évidemment pas mal le champ de la composition. Sur Azurite, les chansons composées à la guitare s’entendent généralement. Elles sont plus pop, plus directes. Les morceaux que j’ai composés aux claviers sont en général plus sombres. Il y aussi un côté plus froid, parfois plus beau. Je ne pourrais plus te dire quels morceaux ont été composés comment. Pour presque chaque morceau, j’ai enregistré plusieurs versions et choisi la version que je trouvais la plus intéressante.

GUIDO: Comment as-tu abordé l’écriture de ce nouvel album?

Manon: J’ai beaucoup travaillé en équipe pour le premier album. Je ne suis pas musicienne à la base. Bien sûr, je joue de la guitare et je compose mais j’avais besoin de mes musiciens pour les arrangements. Et j’avais donc besoin de me raccrocher à ce qu’ils aimaient. Entre 2012 et 2015, tout s’est enchaîné et je n’ai jamais vraiment eu le temps d’écrire de nouvelles chansons. Cela m’a donné l’occasion de prendre un peu de recul et réfléchir à ce que je voulais vraiment.

GUIDO: Tu as viré tout le monde?

Manon: Non, pas vraiment! (rires). Je me suis pas mal détachée de tout ce que j’avais pu connaître avant. Cette fois, j’ai beaucoup travaillé seule. En fait, j’ai vraiment éprouvé le besoin de m’isoler pour pouvoir composer les morceaux de ce nouvel album. Pas mal de titres ont ainsi été écrits lors de petits séjours à la mer. J’ai été plusieurs week-ends au littoral afin de composer. Avec une guitare, un ampli et un clavier. J’avais besoin de solitude pour pouvoir trouver mes repères.

GUIDO: Cet album est nettement plus électro-pop. Tu n’as pas peur de ne pas être comprise par une bonne partie de ton public?

Manon: Dans l’absolu, c’est normal de se faire influencer. Des personnes qui créent de nouveaux styles de musique aujourd’hui sont très rares et très douées. Moi, j’ai juste envie d’écrire des belles choses, des morceaux qui plaisent aux gens, que ce soit musicalement ou au niveau des textes. C’est ce que j’ai essayé de faire tout en essayant de briser mes habitudes. Ce disque me correspond parfaitement. Je pense que cet album est à la fois plus introspectif et plus contemplatif. Je trouve également que sur ce nouvel album, il y a plus de place pour la voix. La voix est au centre du projet. Sur Let Them Talk, il y avait plus de choses autour dont j’avais peut-être moins envie.

«Je ne voulais pas offrir un album parfait»

GUIDO: Pour le premier album, tu avais été coachée par Theo Clark pour ton anglais…

Manon: Pour Let Them Talk, Theo et moi avions construit des textes ensemble. Pour Azurite, j’ai voulu conserver la spontanéité de ma plume en anglais. Je ne suis pas anglophone. Theo a peaufiné certains textes avec moi, mais son influence a été nettement moins déterminante. Au final, je suis consciente que j’ai certainement laissé quelques défauts, des petites fragilités. Certaines tournures de phrases feront sans doute sourire des anglophones, mais c’est peu important. Je n’ai pas envie d’être parfaite et d’offrir uniquement des morceaux catchy qui mettent de bonne humeur car ce n’est pas cela la vraie vie. Je voulais un album qui me corresponde. Je suis imparfaite et je l’assume. Cela m’arrive aussi de ne pas être bien dans ma vie, d’être triste. Cela fait du bien à certains moments de pouvoir sortir certaines choses, et c’est pour cela que je fais de la musique. Pour parler, pour arriver à extérioriser des sentiments. C’est ce qui se passe sur cet album.

GUIDO: Paradise a été un tube énorme. Saule a eu du mal à vivre l’après Dusty Men. Comment as-tu vécu cela, toi?

Manon: Je ne me suis pas posé des masses de questions. C’est clair que j’avais envie de faire un bon single, mais il était hors de question de tenter de faire une sorte de Paradise IIParadise a été super spontané. Je n’ai pas envie de calculer chaque note que je vais créer pour faire un titre qui marche fort en radio. Sparks est très différent et va sans doute surprendre, mais c’est un titre que j’adore. Je trouve aussi que c’est un morceau qui reflète très bien l’ambiance de l’album. Même s’il y a des petits gimmicks et une mélodie efficace, je suis bien consciente que ce n’est pas un morceau aussi catchy que Paradise.

GUIDO: Il y a un titre instrumental (le bien-nommé Le rêve) plutôt surprenant sur l’album…

Manon: J’ai essayé de mettre des paroles pendant des mois sur ce titre. J’ai tenté de mettre de la rythmique, d’en faire un truc un peu plus punchy. Et finalement, je trouvais ce morceau très beau au piano. J’ai demandé à deux amies – Aurélie Muller et Catherine De Biasio - de venir jouer de la clarinette et de la clarinette classique sur le morceau. Et je trouve que ce titre est une bien belle respiration au milieu de l’album.

Photo: © BorisGörtz



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