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28/09/2009

Baptêmes étudiants: Tu veux ou tu veux pas?

Faut-il obligatoirement se soumettre à ces épreuves aussi peu ragoutantes qu'originales pour être bien intégré dans son unif? Le baptême est-il synonyme d’échec ou d'intégration? Tout étudiant – ou presque - inscrit pour la première fois à l’université, se pose ces questions. Les baptêmes estudiantins divisent. Certains n’envisagent pas une seule seconde leur entrée à l’unif sans passer par cette étape cruciale, d’autres ne voient pas l’intérêt de se soumettre aux caprices des plus anciens. Ces quelques témoignages te permettront d’y voir plus clair et de décider si oui ou non tu as envie de tenter l’aventure…  


Chaque année, de septembre à novembre, de drôles de zigotos parcourent les rues de notre plat pays. De Bruxelles à Anvers, de Liège à Gand, de Namur à Leuven et de Mons à Louvain-la-Neuve. Bien souvent habillés de toile de jute, de sacs poubelles ou de tabliers bariolés, ces êtres bizarroïdes aux coiffures improbables ne se déplacent qu’en bandes. Par moments, ils s’arrêtent et se laissent aller à des pratiques étranges au rythme des hurlements d’une minorité d’entre eux. La terre a-t-elle été envahie par des êtres venus d’une lointaine planète? La fin de l’humanité est-elle proche? Non. Ce sont juste des baptêmes étudiants. Ces créatures ne font de mal à personne. Elles sont juste là pour s’amuser (pour certaines), pour se faire des amis (pour d’autres) et pour s’enfiler quelques bonnes bières (pour tous).

Le baptême, étape par étape

Les bleus et bleuettes doivent passer par quelques étapes – aux nombreuses surprises – pour être baptisés… Voici une petite liste non-exhaustive d’activités qui varie de comités en comités et d’unif en unif. 
- L’accueil: les membres du comité sont présentés ainsi que les activités.
- Le parrainage: soirée où le (la) bleu (bleuette) reçoit un ou plusieurs parrains/marraines.
- La soirée chants: grande réunion de tous les bleus pour apprendre quelques chants qui font le folklore estudiantin.
 - Le rallye-chopes (ou rallye-café selon l’endroit): parcours à travers la ville ou le campus qui consiste à faire découvrir les endroits que les étudiants seront amenés à fréquenter. Le tout agrémenté de quelques chopes…
 - Le souper bleus: réunions entre bleus et baptisés ayant lieu en dehors des bleusailles.
- Le roi des bleus: concours d'"à-fond" entre les nouveaux étudiants visant à désigner le (la) meilleur(e) buveur(-se) de bière.
- Le baptême: c’est l’épreuve finale et elle comprend un parcours avec des épreuves à accomplir. Cette dernière soirée conditionne l'obtention du diplôme de baptisé.

 

 

Pour ou contre?

Les baptêmes estudiantins suscitent le débat. Il y a ceux qui sont pour. Et il y a ceux qui sont contre. Les partisans de la tradition voient dans ce rite une façon de s’intégrer à la vie de l’université, de se faire des amis dès le début, de profiter de la vie estudiantine au maximum, mais aussi d’apprendre à mieux se connaître et à se remettre en question.

POUR: «J’ai adoré faire mon baptême. Sur le moment, c’est clair que ce n’était pas tous les jours facile. On se fait traiter comme de la m… par les comitards mais en même temps, c’est le principe du jeu. On est libre de décider si on veut le faire ou pas. Il faut le prendre à la rigolade, sinon ce n’est pas supportable. Moi, je venais de la campagne et j’avoue que débarquer à Bruxelles pour mes études m’effrayait un peu. J’ai donc décidé de faire mon baptême pour rencontrer plus facilement des gens et pour m’intégrer. Et ça m’a beaucoup aidée.» raconte Elise, 20 ans, étudiante à Bruxelles.
POUR: Mathieu, 21 ans, étudiant à Louvain-la-Neuve, s’est laissé convaincre par un de ses potes de passer par ‘l’étape baptême’. «Je n’étais ni pour ni contre. Je ne savais tout simplement pas trop ce que c’était. Par contre, mon pote voulait vraiment le faire. Son frère l’avait fait avant lui et l’avait convaincu de passer par là. Du coup, il m’a aussi persuadé. Au final, je ne regrette absolument pas. Je me suis vraiment bien marré et je connais désormais beaucoup de monde grâce à ça. Ça m’a aussi appris à avoir plus de caractère, à m’affirmer et à apprécier le second degré. Je trouve dommage que certaines personnes réduisent le baptême aux beuveries et aux humiliations. C’est sûr, ça fait partie du folklore mais c’est bien plus que ça.»
Les détracteurs du baptême, eux, considèrent bien souvent la tradition comme ‘ringarde’ et destinée à ceux qui craignent de ne pas se faire d’amis. Certains y voient même une belle occasion de rater ses études. D’autres ne comprennent tout simplement pas pourquoi il est amusant et enrichissant de se faire humilier publiquement.
CONTRE: Pour Amandine, 22 ans, étudiante à Louvain-la-Neuve, il existe d’autres façons de s’intégrer dans la vie de son université que par les biais des baptêmes. «J’avoue que j’ai du mal à comprendre. Faire son baptême pour s’intégrer et pour se faire des amis? C’est bidon! Il y a plein d’autres façons de se faire des potes sans passer par là. Quand je les vois chaque année déambuler dans les rues, j’ai un peu pitié pour ces ‘petits nouveaux’ contraints d’examiner le sol pendant de longues minutes et de se soumettre à des activités bien souvent répugnantes. Ceci dit, c’est leur propre choix. Ils savent dès le départ à quoi ils s’engagent. Mais j’avoue que ça ne m’a jamais tenté et que je n’ai aucun regret par rapport à ça.»

CONTRE: Quant à Louis, 19 ans et étudiant à Bruxelles, il préférait se concentrer sur ses études. «Je paie mes études moi-même donc je n’avais qu’une seule envie en arrivant à l’unif: réussir! Pas question de faire mon baptême, c’était trop risqué. Même si certains disent que ça n’empêche absolument pas de réussir, je pense quand même que ça peut jouer. Et puis, ne pas faire mon baptême ne m’a pas empêché de guindailler toute l’année bien que les fêtes étaient tout de même moins fréquentes. Même si je n’avais pas eu de contrainte financière, je ne pense pas que je l’aurais fait. Je ne vois pas trop ce que ça apporte.»

«Gueule en terre le bleu!» 

Si tu as compris ce titre, ne lis pas ce qui suit. Si tu n’as pas compris, réfère-toi à ce lexique et garde-le sur toi pendant toute la durée de ton baptême.
Activités: il y en a une dizaine pendant toute la durée des bleusailles (le nombre dépend des cercles) et chacune vise un objectif bien précis.
A-fond: tradition qui consiste à boire sa bière d’une traite. Synonyme: cul-sec.
Bleu, bleuette: étudiant(e) participant aux activités de baptême dans le but de décrocher sa penne ou calotte.
Calotte: couvre-chef porté par les étudiants ayant fait leur baptême et suivant les cours dans l’enseignement catholique.
Cantus: rassemblement d’étudiants pendant lesquels les chants estudiantins sont appris. Les cantus sont ouverts à tous les étudiants, baptisés ou non, toutes facultés confondues.
Comitard de baptême: anciens étudiants, habillés d’une toge et coiffés d’une penne ou d’une calotte, qui s’occupent d’organiser et d’encadrer les activités des bleus.
Étoiles: insignes placés au-dessus de la visière de la penne ou sur le flanc de la calotte et indiquant le nombre d’années d’études effectuées par l’étudiant. Les étoiles dorées représentent les années réussies et les argentées… les ratées.
Gueule en terre: position typique du bleu consistant à examiner de très près le sol de l’université, sur ordre des comitards.
Jefke/Fuse/cercles/Casa/Carré/Bunker: hauts-lieux de soirées estudiantines.
Penne: la calotte des étudiants non-cathos.

Poil: étudiant(e) baptisé(e) depuis au moins deux ans, qui n’est pas comitard(e) de baptême et dont le rôle en bleusaille consiste à soutenir et à encourager les bleus. La version féminine? Plume.
TD: Abréviation de “Thé Dansant”. Soirée de guindaille estudiantine bruxelloise. Chaque cercle organise au moins un TD par an. Ils ont lieu à la Jefke.

Juste du fun? 


Contraints à ingurgiter des mixtures ignobles, à adopter des positions inconfortables, à baisser les yeux devant les comitards, à s’exposer en public: les baptêmes sont parfois trash, mais toujours axés sur le fun. Pourtant, certains ne s’effraient pas et signent des deux mains. S’il est vrai que le baptême est en déclin, il séduit encore toujours. Mais comment font-ils pour tenir le cap pendant autant de semaines? 

Tom, 22 ans, étudiant à Namur, a bien profité de son baptême. «C’est un super souvenir. Ça s’est très bien passé parce que dès le début, j’ai tout pris à la rigolade. Pour moi, c’était un jeu et uniquement un jeu. Les saloperies lâchées sans arrêt par les comitards ne me touchaient absolument pas parce que je savais que c’était juste pour nous faire craquer. Par contre, ceux qui prennent le truc un peu trop au sérieux peuvent vraiment souffrir. Et puis, il faut aussi tenir le coup question alcool. Pas toujours facile de faire des a-fonds toute la soirée. Il faut parfois s’imposer ses propres limites et savoir dire non.»

De son côté, Emma, 20 ans, étudiante à Namur, avoue ne pas avoir rigolé tous les jours. «J’ai eu plusieurs fois envie d’arrêter. Tout d’abord parce que je ne supporte pas de boire uniquement dans le but de me saouler et que je n’y prends aucun plaisir. Et ensuite parce que je suis assez émotive. J’avais donc parfois du mal à entendre toutes les méchancetés des comitards ou des poils. Et ils en rajoutent une couche quand ils comprennent que ça nous touche. Je sais qu’ils ne pensent pas le quart de la moitié de ce qu’ils disent et qu’il faut passer au-dessus de leurs moqueries mais franchement ce n’est pas toujours évident. Heureusement, mon parrain a été d'un énorme soutien. S’il n’avait pas été là certains jours, je pense que j’aurais pu abandonner. Maintenant, c’est fait et je suis bien contente que ce soit terminé. Je ne regrette pas du tout, mais si c’était à refaire, pas sûr que je signerais à nouveau.»

Les baptêmes ne sont donc pas toujours une partie de plaisir. Parfois, il arrive même que les choses tournent mal. «Heureusement, ça n’arrive pas trop souvent car les membres sont sélectionnés avec soin et on cherche avant tout des personnes responsables, matures, qui veillent à la sécurité des ‘nouveaux’ et qui connaissent les limites à ne pas dépasser. Ils savent que c’est un jeu et que ça doit rester un jeu.» explique Hélène, comitarde à Louvain-la-Neuve. Heureusement, certaines pratiques sont aujourd’hui réglementées. C’est le cas à l’UCL par exemple où les présidents de baptême doivent soumettre leur projet aux autorités académiques mais aussi informer la police. Et la plupart des comités de baptême et de cercles sont plus responsables qu’auparavant: ils veillent à éviter les débordements et à assurer la sécurité.

Aujourd’hui, le baptême a quelque peu perdu de son aura. Bien souvent, sur des centaines d’étudiants inscrits en première année, ils ne sont que quelques dizaines à franchir le pas. Mais ceux qui sont passés par là ne regrettent généralement pas l’expérience. Ils ont relevé le challenge, se sont dépassés, ont appris à mieux se connaître et font désormais partie d’un ‘clan’. Pourquoi regretteraient-ils? Mais décider de se lancer dans l’aventure est un choix propre à chacun…
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