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29/09/2008

FORUM DES ÉTUDIANTS: La Belgique a-t-elle un avenir?

Qui a dit que les étudiants n'avaient rien à dire? La preuve avec cette nouvelle rubrique qui demandera aux étudiants d'exprimer dans chaque numéro leurs opinions, réflexions ou indignations sur un sujet de société. Pour le premier numéro, nous leur avons tout simplement demandé de réagir au marasme belge du moment. Voici ce qu'ils en pensent.

Emeline Roelandt (21 ans)
Baccalauréat en communication à Tournai (HELHO)

«Une grande partie des Belges croient en l'avenir de leur pays et tiennent à préserver sa cohésion. Certes, des individus, souvent délégués par des partis dont il serait intéressant de discuter des valeurs et de la visée démocratiques, réclament à cors et à cris une scission de la Belgique, prônant l'indépendance de leur région ou son rattachement au voisin hexagonal; mais ils ne sont pas majoritaires. A ce propos, une annexion de la Wallonie à la France est-elle envisageable? Je ne crois pas. Nous parlons assurément la même langue, mais notre manière de vivre, d'envisager les choses ou tout simplement notre humour diffèrent profondément de ceux de nos voisins, alors qu'ils nous rapprochent de nos compatriotes néerlandophones: la belgitude n'est pour moi guère un vain mot. En tant que citoyenne belge très attachée à son pays, j'aimerais demander à nos hommes politiques d'abandonner leur antagonisme un peu puéril pour se concentrer sur ce que veulent réellement leurs compatriotes et en procédant à des referenda, car nous sommes tous concernés par l'avenir de la Belgique. L'union fait la force: notre devise nationale prend pour moi tout son sens en ces jours plutôt troubles, nos différences devant se muer en éléments complémentaires pour que vive t oujours grande et belle cette nation prospère et où il fait bon vivre, qu'il n'appartient qu'à nous seuls de continuer à former.»            

Mathieu Detollenaere (23 ans)
Master en informatique à Namur (FUNDP)

«Je pense qu’il existe un avenir à la Belgique pourvu qu’on en souhaite un en définitive. J’ai surtout l’impression que les Belges sont malheureusement globalement indifférents. Des séparatistes expressifs ont beaucoup plus d’impact face à la population peu patriotique que nous sommes. Peu de solutions concrètes existent. Il faut ranimer le sentiment national, le patriotisme belge. Malheureusement, nous avons fédéralisé les meilleurs moyens de jouer dessus (au travers d’un enseignement orienté, d’un programme sportif national…). Une guerre, un problème d’ampleur internationale qui unirait les Belges aiderait certainement. Je pense que ça apparaît d’avantage comme une solution par dépit. Entre concessions Wallo-Flamandes et concessions auprès des Français, l’animosité exprimée à notre égard par le Nord du pays commence à donner l’impression que malgré le peu d’atomes crochus avec les français, on aurait contre toute apparence plus en commun avec ces derniers.»

Sophie Wanufel (22 ans)
Master en Journalisme à Bruxelles (IHECS)

«L’avenir de la Belgique… Un débat large et compliqué! Je pense que c’est également un débat qui évolue en fonction des événements qui secouent notre pays. En effet, en plein remue-ménage BHV, les tensions s’exacerbent, Flamands et Wallons se déchirent. Pourtant, lors d’une compétition sportive par exemple, le pays est soudé. Les Flamands soutiennent Justine Henin avec nous, tandis que nous encourageons aussi Tia Hellebaut ou Kim Gevaert. Je pense sincèrement que la Belgique doit sa particularité à ces deux "mondes" qui cohabitent. On parle parfois d’un rattachement de la Wallonie à la France mais, au fond, nous savons bien que les Français sont finalement bien différents des Belges. Alors quitte à vivre avec des gens différents, autant rester avec les Flamands, non? D’autant plus que nous sommes attachés à ce pays plein de contradictions, ce qui fait sans doute son charme, et nous sommes habitués aux compromis, ce qui fait la force de la Belgique malgré les difficultés que cela peut entraîner… Alors, oui, au fond de moi, je suis confiante pour l’avenir de la Belgique. Et puis, que seraient les frites sans leurs " mosselen"?»

Flavien Roelandt Âge : 20 ans
Bachelier en Sciences Humaines et Sociales à Mons (UMH)

«Pas un jour ne se passe sans que les médias et acteurs politiques de part et d’autre de la frontière linguistique n’entretiennent le brasier tumultueux dans lequel se trouve notre pays. La Belgique est-elle arrivée au terme de sa vie? J’ai du mal à le croire. Pourtant, les sources de désaccord entre Wallons et Flamands foisonnent et semblent intarissables: idéologiques, territoriaux, linguistiques, financiers, … toutes les occasions sont bonnes pour apporter de l’eau à son moulin. Dans l’intérêt de la Belgique fédérale, telle que nous la connaissons, il vaudrait mieux réfléchir à un autre système de représentation – en regroupant, par exemple, partis francophones et néerlandophones selon leur orientation - dans lequel se retrouveraient Belges du Nord et Belges du Sud, ce qui recentrerait la discussion sur la Belgique et non plus sur les querelles communautaires. Mais il serait temps de réagir rapidement, car pendant que nos politiques jouent à ce petit jeu dangereux, le "bon peuple" - qui a des besoins plus matérialistes (baisse du pouvoir d’achat, hausse des coûts de l’énergie, …) - se détache de plus en plus de ses élus, qu’il avoue bien ne plus comprendre…»

Françoise Peiffer (22 ans)
Master en Presse-Info à Bruxelles (IHECS)

«Depuis plus d'un an, la Belgique doit faire face à une crise politique grave. Flamands et Wallons ne parviennent plus à se mettre d’accord. Les compromis, typiquement belges, ne sont plus d’actualité. Les hommes politiques francophones et néerlandophones se déchirent sans pour autant faire avancer les choses. Les Belges ont eux l’impression d’être délaissés par la politique: aucune solution n’a encore été trouvée pour faire face à la diminution de leur pouvoir d’achat… A voir le nombre de drapeaux qui ornaient, il y a peu, les fenêtres ou le nombre de signatures recueillies par la pétition pour l’unité de la Belgique, les Belges ne semblent pas être séparatistes. L’idée d’une Flandre indépendante fait pourtant rêver certains Flamands. Si d’aventure ce scénario devait se produire, qu’adviendrait-il de la Wallonie? Se rattacherait-elle à la France? La Communauté germanophone franchirait-elle aussi le pas de l’indépendance? Si la scission du pays n’est pas (encore) à l’ordre du jour, c’est surtout parce que le statut de Bruxelles et la dette publique sont des enjeux extrêmement importants.»

(SD)


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