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29/09/2021

SAULE: «J'ai jeté tout l'album précédent et recommencé à zéro»

Si depuis ses débuts, Baptiste Lalieu – Saule à lui tout seul - n’a eu cesse de se réinventer, Dare-Dare s’impose aujourd’hui comme son album le plus audacieux et le plus abouti. Rencontre.


GUIDO: Ce cinquième album arrive quatre grosses années après L’éclaircie. C’est long pour un artiste aussi actif que toi, non?

Baptiste: J’ai été impliqué dans de nombreux projets musicaux ces dernières années. Zombie Kids, Gonzo… J’ai également enregistré un titre avec Alice et sorti un EP. Et puis, il y a eu cette pandémie. Mais tu as raison, cet album aurait dû sortir nettement plus tôt. J’avais enregistré un album de Saule il y a presque deux ans à Paris, 12 chansons au total. L’album était terminé. Mais lorsque j’ai écouté le résultat avant le mixage, j’étais déçu. C’était très scolaire, pas mauvais… mais extrêmement prévisible. Je ne sais pas si c’est du courage ou de la folie, mais j’ai décidé de tout jeter… Et j’ai tout recommencé à zéro.

GUIDO: Il n’y a donc plus un seul titre de cet album sur Dare-Dare?

Baptiste: Il y a juste Je suppose que j’ai gardé. Au départ, le titre était d’ailleurs beaucoup plus électro. Je n’ai pas gardé les autres morceaux. Je sais que c’est un peu dingue de vouloir faire ainsi table rase mais je ne regrette rien. Une fois que j’ai trouvé la direction de l’album, tout s’est enchaîné très rapidement. Il y a plein de fils entre mon tout premier album et celui-ci. Je pense que l’on peut parler de retour aux sources...

GUIDO: Le single Rebelle rêveur, c’est une profession de foi?

Baptiste: On peut le voir ainsi. Je trouve que c’est une étiquette qui me va bien. À mes débuts, elle me correspondait parfaitement. Je me suis mis pas mal de pression après le tube Dusty Men et je me suis sans doute un peu perdu en cours de route. Aujourd’hui, je me sens mieux avec moi-même. J’ai l’impression d’avoir trouvé ma place.

GUIDO: Dare-Dare est un disque très riche. Il y a beaucoup de travail sur les arrangements…

 Baptiste: Nicolas Quéré a réalisé un travail incroyable. Il faut savoir qu’il était jeune stagiaire à l’époque où j’ai enregistré Dusty Men avec Charlie Winston au studio La Frette à Paris il y a presque dix ans. Aujourd’hui, il est tout aussi ouvert, modeste et simple, mais il vient tout de même de faire le dernier Arctic Monkeys et Nick Cave, et il a mixé et coproduit le nouvel album de Jean-Louis Aubert. Nicolas, je lui dois beaucoup sur ce disque. Il a effectué un travail d’orfèvre.

GUIDO: Lorsque tu parles de Saule, tu en parles chaque fois comme d’un projet. C’est plutôt étonnant!

Saule: Cela m’aide à prendre du recul, à lâcher prise. Je me dis que la vie ne dépend pas de ce truc. Même si j’y mets énormément de temps et que j’y mets tout mon cœur, j’ai besoin de me dire que c’est l’un de mes projets musicaux parmi les autres. Je suis également actif au sein d’un groupe rock indie (Gonzo, qui évoque les Ramones ou Weezer), j’ai travaillé avec Yvan Cassar sur les chansons du spectacle de Franco Dragone pour le Lido, sur Zombie Kids… Saule, ce n’est pas toute ma vie.

GUIDO: Cet album a été réalisé en pleine pandémie et tu as donc pratiquement tout fait tout seul. C’est paradoxal d’y trouver tant de collaborations…

Baptiste: J’ai traversé une assez longue période de doute. Avec le recul, je me rends compte que je m’emmerdais, j’étais dans une sorte d’ennui de moi-même. En pilote automatique. Dans ce cas-là, la solution, c’est les autres. Et j’ai donc commencé à multiplier les collaborations. Les Girls In Hawaii, Puggy, Ours, Alice, Cali… ils m’ont redonné le goût de jouer. Certains titres que j’ai enregistrés ne sont pas sur l’album car ils n’entraient pas dans la colonne vertébrale du disque, ils ne correspondaient pas à son ADN. Ils sortiront sans doute plus tard. J’ai toujours eu besoin de ça, me nourrir du contact avec les autres.

GUIDO: Certaines collaborations sur l’album sont plutôt surprenantes. On y retrouve par exemple Faces on TV.

Saule: Il y a quelques mois, j’écoute par hasard un titre de Faces on TV qui s’appelle Suspicious. J’adore ce titre et j’en parle avec Pierre, un des boss de mon label. Il se fait que Jasper est justement signé chez PIAS. Pierre m’organise une rencontre avec Jasper et sa manageuse. Et le gars est adorable. On s’est entendu tout de suite super bien. Au départ, je ne savais pas que Jasper avait produit les albums de Balthazar. On a finalement composé Demande pas la lune en quelques heures sur base d’un riff que j’ai apporté. Le mec, il chipote dix minutes sur son ordinateur et tu as le son de Balthazar. Les textes et l’enregistrement, tout cela s’est fait extrêmement vite. En deux heures, la maquette était terminée. Ce gars est un génie. C’est un morceau très dandy, très Lou Reed, nocturne.

GUIDO: Le duo avec Cali, c’est une autre belle surprise sur l’album.

Saule: Je connais Cali depuis longtemps et le titre Avant qu’il ne soit trop tard lui va comme un gant. Il y a une phrase que Cali me dit tout le temps lorsqu’on se retrouve. Lorsqu’il est tard dans la nuit, que tu es épuisé et que tu as juste envie de pieuter: «Putain Saule, on meurt demain». Cette phrase épicurienne à son paroxysme a donné naissance au titre Avant qu’il ne soit trop tard. Ce mec a raison. Putain, c’est aujourd’hui que ça se passe. Ce titre, je ne pouvais pas l’imaginer autrement qu’avec une cavalcade propre à Cali, comme quand il chante 1000 cœurs debout. Tu aurais dû voir Cali lorsqu’on a enregistré le morceau à l’ICP. J’ai tellement hâte qu’on joue ce morceau à deux sur scène.

GUIDO: On retrouve également un duo avec le fils Souchon…

Saule: Mon manager me faisait remarquer que 24 heures et des poussières avait un côté très Souchon et c’est lui qui a évoqué l’idée de demander au fils Souchon de venir chanter sur le titre. Je connais bien Ours, il y a une chanson de son premier album qui s’appelle Le cafard des fanfares dont je suis super fan. J’aimais l’idée que ce soit une personne  jeune qui parle positivement de la vieillesse. Je ne pouvais pas imaginer le père Souchon chanter sur ce morceau comme on m’en a soufflé l’idée. En même temps, je trouve que les deux fils, Pierre et Charles, sont les dignes héritiers de leur père car ils ont gardé le même dandysme, cette nonchalance heureuse. Quand Ours chante, on est dans le farniente élégant que tu retrouves chez son père.

GUIDO: Tu as choisi d’appeler l’album Dare-Dare. Pourquoi?

Saule: En anglais, dare signifie oser… Et j’ai l’impression d’avoir pris des risques avec cet album. Je suis revenu à un format chanson française qui me correspond mieux. J’ai aussi pris le risque de tout recommencer à zéro après avoir jeté les maquettes que j’avais enregistrées. Et puis, il y a aussi un sentiment d’urgence. J’avais l’impression qu’il ne fallait pas attendre pour sortir ce disque, je voulais le sortir Dare-Dare

Saule: Dare-Dare (PIAS)

Photo: © Simon Vanrie


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