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07/02/2005

Cédric Dumont - Profession: Basejumper

En 2000, Cédric Dumont, déjà fervent pratiquant de sports extrêmes tels que le skysurf (sauts à partir d'un avion) ou le basejump (qui ne se pratique que d'un objet fixe), se lance et monte sa propre société de vêtements dédiés à ses activités favorites. Retour sur le parcours d'un fan de sensations fortes métamorphosé en véritable homme d'affaires.

GUIDO: Comment as-tu fait connaissance avec le basejump?

Cédric Dumont : En 1987, j'ai vu des images de cette discipline dans La Nuit de la Glisse. C'était un film itinérant, il n'y avait en effet pas beaucoup d'images de glisse à la télé comme il y en a maintenant. Donc, on devait se rendre à des projections de films contenant les meilleures images de l'année. Je m'y rendais chaque année vu que j'étais déjà impliqué dans le snowboard et le surf. Quand j'ai vu ces images de basejump, je me suis dit qu'un jour, je le ferais, je ne savais ni comment, ni quand, mais c'était un truc qui me fascinait à l'époque. Sauter d'un avion ou d'une falaise et voler de façon tellement simple et minimaliste, je trouvais cela vraiment extraordinaire.

Des athlètes à part entière

GUIDO: Quand as-tu vraiment commencé à te lancer dans les airs?

Cédric Dumont : En 1992, alors que je partais en Californie pour surfer, on y est resté deux semaines durant lesquelles il n'y a eu aucune vague, on a donc tenté le saut en parachute. J'ai tout de suite accroché. C'était vraiment ce que je recherchais. C'était le mélange parfait de la glisse et du vol. C'est en 1995 que j'ai commencé le skysurf (sauter avec une planche), ce qui représentait la continuité de mes activités précédentes. J'ai également participé aux premiers X Games (les Jeux Olympiques des sports alternatifs).

GUIDO: Comment se fait-il que ce sport reste assez méconnu dans nos frontières?

Cédric Dumont : Il est clair que ce sport reste assez marginal. Malgré tout, il y a beaucoup de sponsors qui s'y intéressent de près. On commence à en parler tout doucement. Dans les pays scandinaves et en France, ils sont un peu plus en avance là-dessus. C'est également plus médiatisé aux Etats-Unis, il y a même des chaînes de télé qui ne passent que des sports de glisse tout au long de la journée. Au Brésil, par exemple, on est considéré comme des athlètes à part entière et on est vraiment reconnu comme tel. On est toujours très peu à pouvoir en vivre. Pour ma part, vu que je suis assez complet et que je pratique différentes disciplines, j'ai la chance de pouvoir m'épanouir sans trop de problèmes.

GUIDO: Qu'est-ce qui te motive le plus dans toutes ces activités?

Cédric Dumont : C'est la liberté de mouvement, la vitesse, la glisse, … Pour pratiquer ces sports, il faut avant tout bien se connaître, il faut respecter ce que l'on fait. Bizarrement, il n'y a pas trop de fous qui pratiquent ces activités et ceux-là ne vivent pas très longtemps! Il faut avoir beaucoup de respect pour ce que tu fais sinon l'accident est très vite arrivé.

Garder un pied dans la réalité

GUIDO: Comment es-tu arrivé à monter ta propre société ( ndlr: Cédric est à la tête de sa propre société de vêtements, Matter Clothing)?

Cédric Dumont : J'ai toujours bossé à côté, je n'ai jamais fait que du parachutisme. En effet, j'ai toujours voulu avoir un pied dans la réalité et un pied dans les airs. En 2000, j'ai commencé à imaginer des pantalons de surf. Ce n'est pas moi qui les fabriquais, mais je voulais créer des pantalons qui étaient plus adaptés que ce qui se faisait avant, avec un bon design, de bons tissus. J'en ai vendu de plus en plus en Belgique et j'ai donc remarqué qu'il y avait quelque chose à développer. J'avais envie de créer une marque dans ce domaine car rien n'existait jusqu'à présent. Comme le surf dans les années 60, ce milieu est en train de grandir et de se créer une identité propre. Les personnes qui s'y retrouvent veulent se différencier des autres avec leurs propres vêtements, il y avait donc quelque chose à faire. En commençant par de simples pantalons, on développe aujourd'hui des combinaisons et d'autres choses. Mais ça reste très basique, ce n'est pas de la haute couture!

GUIDO: Quel est le comportement à avoir afin de percer dans le milieu?

Cédric Dumont : Il faut beaucoup d'instinct. L'idée d'une marque comme ça, c'est d'avoir un vrai concept. Il faut se demander pourquoi un T-shirt Matter Clothing se vendrait plus qu'un autre. C'est surtout parce que les gens s'identifient au concept en question, à l'image sous-jacente au vêtement. En gros, la plus-value de tes vêtements est donnée par l'image du sport qu'il y a derrière. Je sponsorise également quelques personnes, on est aussi souvent présent sur les événements.

GUIDO: Pourquoi avoir décidé de ne vendre tes vêtements que par Internet?

Cédric Dumont : A l'heure actuelle, si tu veux monter ta propre boîte, soit tu as de très gros moyens si tu veux concurrencer des grands comme Zara ou H&M, soit tu choisis des formules plus alternatives, comme Internet. C'est pour cette raison que j'ai choisi de vendre mes vêtements presque exclusivement sur Internet. Cela permet à une petite entreprise de se faire connaître mondialement, surtout quand on travaille dans une niche. Dans le milieu, tout va très vite. D'un côté, c'est intéressant car on se fait vite connaître, mais d'un autre côté, si tu sors un mauvais produit, cela se propagera également très rapidement. C'est un couteau à double tranchant.

On efface tout et on recommence

GUIDO: N'as-tu jamais rencontré aucune difficulté dans ton parcours?

Cédric Dumont : Parfois, on tombe sur des gens valables, mais il y a également des personnes peu scrupuleuses. Après moins d'un an, j'avais déjà seize salariés. Comme je devais voyager régulièrement afin de promouvoir ma marque, je n'étais pas souvent dans mon atelier ni dans mon stock. Je n'avais pas un énorme contrôle sur mes employés. Au début, je me suis donc fait voler énormément d'argent. J'ai alors licencié tout le monde! Je suis donc alors reparti de presque zéro. J'ai discuté de ce genre de choses avec des gens qui ont monté leur propre société et souvent, ils ont eu les mêmes expériences malheureuses. C'est donc lié à tout début d'entreprise, il faut veiller à bien s'entourer. Ce sont les gens qui font la société.

GUIDO: Est-ce facile de combiner passion et métier?

Cédric Dumont : Ça va très bien ensemble, évidemment. Mes projets personnels sont également valables pour ma société, c'est aussi très important pour moi de garder un très bon niveau afin de me donner une certaine crédibilité intra-milieu.

GUIDO: Quel conseils donnerais-tu à des personnes qui souhaiteraient monter leur propre société?

Cédric Dumont : Il faut faire preuve de beaucoup de persévérance, il faut y croire et avoir une réelle vision globale de ce que l'on veut faire. Quoi qu'on fasse, il faut s'accrocher, même lorsque l'on passe par des moments de doute. Il faut aussi avoir un brin de chance et rencontrer les bonnes personnes au bon moment.

Plus d'infos sur www.matterclothing.com

(SD)


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