Image
17/09/2007

ZAZIE: «Je n'ai pas l'intention de commencer une carrière internationale à 43 ans, rassurez-vous!»

En débarquant en février dernier avec un sixième album studio (Totem) et des titres comme Des rails ou Je suis un homme, Zazie a confirmé son statut de grande pointure de la chanson française actuelle.

Une artiste aux multiples talents qui, à 43 ans, n'hésite pas à écrire pour les autres, comme récemment pour Calogero, Fabien Cahen ou Christophe Willem. Après avoir fait salle comble le 9 juin passé à Forest National, elle était à nouveau de passage en Belgique pour un concert aux Francofolies de Spa le 20 juillet. Emploi du temps oblige, Zazie répondait à l'ensemble des questions des journalistes juste avant son concert.

Votre album est sorti depuis six mois déjà. Etes-vous contente de l'accueil réservé à cet album?
Zazie : En un mois, je pense que j'étais déjà disque d'or en Belgique; c'était plus ou moins pareil en France. L'accueil d'un album est toujours improbable mais plus je suis frontale et plus je me demande si je ne vais pas perdre des gens qui vont se dire: «C'est pas la vraie Zazie». Je suis de toute façon inquiète à chaque fois que je sors un album, mais totalement rassurée à présent puisque les gens l'ont acheté. D'autant plus rassurée que je ne suis pas cataloguée comme artiste qui vend des camions. J'ai une grande liberté par rapport à ma maison de disques.

«On dirait qu'il a bu du whisky pendant des années!»

Pour votre dernier album, vous avez réalisé un duo avec Paolo Nutini. Comment cette collaboration est-elle née?
Zazie : Je voulais quelqu'un de vieux, mais pas de la même génération que moi. Paolo Nutini a le double avantage d'avoir une tête de jeune avec une voix de vieux (rires). Il a une voix incroyable: on dirait qu'il a bu du whisky pendant des années! On lui a donc fait la demande alors qu'il était en tournée et il a accepté la collaboration assez vite.   

On sent que le son de vos albums évoluent au fil des années…
Zazie : J'ai la chance et le privilège que les gens achètent mes albums, donc ça ne serait pas très honnête de faire toujours les même albums. C'est donc une manière de faire évoluer mon travail. Quant au dernier album, même si le son paraît sophistiqué, on a enregistré l'album tous en même temps, donc dans un esprit de scène, un peu plus live .

Vous écrivez aussi pour les autres, comme sur le dernier album de Calogero, Pomme C , où vous mettez le chanteur dans la peau d'une femme… En même temps, vous écrivez sur votre dernier album: Je suis un homme
Zazie : En fait, Calogero avait très envie d'être une fille le temps d'une chanson. Ca nous faisait rire au début. Mais l'intérêt d'une fille qui compose pour un garçon, c'est aussi de pouvoir lui faire dire des vérités de filles. Evidemment, le but du jeu est de se rendre compte qu'il parle en fait à la femme qui se trouve en face de lui. C'était donc un exercice de style assez rigolo. Quant à Je suis un homme , je parle plutôt de l'humanité. Mais loin de là l'idée de penser que les hommes sont pires que les femmes, vu que ce n'est pas une chanson sexiste. C'est une manière d'inclure en une phrase l'humanité en général.

«C'est un peu comme quand on choisit un maillot pour aller à la piscine. On choisit celui qui nous va le mieux.»

Vous avez écrit une chanson pour Christophe Willem, Jacques a dit, que vous chantez aussi sur scène. Comment cela se fait-il? 
Zazie : D'habitude, je ne chante pas les chansons que je fais pour les copains. Mais je ne sais pas pourquoi, j'aime beaucoup cette chanson. J'ai donc demandé la permission à Christophe, à qui la chanson appartient maintenant, et il accepté directement. J'ai grand plaisir à la chanter, d'autant plus que c'était la première fois qu'on travaillait avec lui et la première phrase de la chanson commence par «Je suis un oiseau qui est tombé de haut». Ça lui collait très bien à la peau.

Par quel processus choisissez-vous les morceaux que vous jouez sur scène?
Zazie : L'enthousiasme et l'envie de les jouer surtout. C'est un peu comme quand on choisit un maillot pour aller à la piscine. On choisit celui qui nous va le mieux… Mais il y a quand même un cahier des charges: je n'aime pas arriver sur scène en ne faisant aucun morceau des albums précédents. C'est la moindre des politesses pour les gens. Par exemple, quand je vais à un concert de U2, j'aime bien entendre With or Without You . Il y a parfois une lassitude à jouer les même chansons, comme Un point, c'est toi ou Tout le monde il est beau , mais on les customise, on donne en quelque sorte une troisième vie aux chansons.

Vous préférez l'ambiance des grandes scènes ou des petites scènes?
Zazie: Ce n'est pas parce qu'on est connu qu'il faut faire uniquement des grandes scènes. Je peux avoir plus le trac devant des scènes comme Bercy ou Forest National que devant 400 personnes, mais j'aime bien les deux environnements, de l'énergie des grandes scènes à l'intimité des plus petites. Par exemple, on va sûrement finir la tournée par des salles plus petites en janvier-février, comme la Cigale à Paris. On va aussi étudier le cas en Belgique. Mais c'est bien de pouvoir changer et de faire dehors et dedans.   

«Je pourrais chanter en serbo-croate, ça a de moins en moins d'importance pour moi.»

Pourriez-vous chanter dans une autre langue?
Zazie : Je fais de moins en moins confiance aux mots. Je pourrais chanter en serbo-croate ou en lavabo; ça a de moins en moins d'importance pour moi. Plus je m'approche du sens, plus je trouve que ça ne contient pas ce que je ressens. Donc, j'écris des mots parce que c'est mon travail et c'est intéressant, car on peut faire des figures de style comme des métaphores. Quant à l'anglais, je n'ai pas l'intention de commencer une carrière internationale à 43 ans, rassurez-vous!  

Vous traduirez ce concert en langue des signes. Est-ce quelque chose qui vous tient à cœur?
Zazie : C'est une initiative des Francofolies au départ. Je suis autant attachée à la musique qu'aux mots, donc c'est important que les personnes qui n'entendent pas puissent avoir accès à une forme de compréhension. Je pense qu'il y a un esprit de fête et de communion qui ne doit pas leur échapper, même s'ils ne comprennent pas tout. Mais c'est la première fois qu'on fait ça et je suis assez impatiente de voir le résultat.

Avez-vous encore souvent le trac?
Zazie : Ça n'a aucun rapport de cause à effet. Parfois, j'ai énormément le trac alors que je connais mon spectacle par cœur et que je suis très en forme. A d'autres moments, j'aurai dormi une heure et puis je serai montée sur scène comme si j'allais dans mon bain. C'est ça qui est génial, c'est qu'on ne peut pas prévoir. C'est la proportion de la peur et l'envie qui fait le trac.

On vous voit souvent pieds nus sur scène. Pourquoi?
Zazie : Parce que c'est très agréable tout simplement! Ça m'aide à ne pas avoir le trac!  

Difficile pourtant de voir les pieds de Zazie pour le public amassé devant la scène Pierre Rapsat. C'est vers 22 heures que Zazie monte sur les planches, commençant seule à la guitare pour enchaîner avec ses musiciens sur des morceaux comme Je suis un homme , Des rails et d'autres classiques. Un concert intense de près de deux heures agrémenté d'étonnants effets de lumière. Avis à ceux qui ont raté ce grand moment: Zazie sera en concert le 24 octobre à Forest National.

(GB)


  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider
  • Slider

Topmovies

SOCIAL

Jobs in the picture








 

 

GUIDO SA est l'entreprise média de niche numéro 1 en Belgique vers le groupe-cible des jeunes (les étudiants en particulier), les écoliers et les young starters.

Bruiloftstraat 127, 9050 Gentbrugge
Tel.: +32 (0) 9 210 74 84