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17/03/2014

BAUDOUIN REMY: «Il ne faut pas spécialement faire le journalisme pour devenir un bon journaliste. Par contre, il faut faire la médecine pour devenir u

Depuis plus de quinze ans, le facétieux journaliste Baudouin Remy s'autorise une parenthèse avec le spectacle politico-satirique Sois belge et tais-toi! qu'il écrit en collaboration avec son père, André Remy. Récemment parachuté à la présentation de Revu et corrigé le dimanche midi, il a néanmoins réussi à trouver un trou dans son agenda de ministre pour revenir avec nous sur ses années d'études.


GUIDO: Vous vous êtes cherché pendant quelques années avant de trouver les études qui étaient faites pour vous…
Baudouin Remy
: En effet, j'ai commencé par des études d'ingénieur commercial à Solvay, ce qui n'a duré que quelques mois. J'ai vite arrêté, parce que ces études ne me convenaient pas vraiment. À l'époque, il y avait même des cours le samedi matin, ce qui ne m'arrangeait pas fort! J'ai alors bifurqué vers Saint-Louis, toujours à Bruxelles, pour des candidatures en sciences économiques, politiques et sociales. Ensuite, l'IAG (les sciences économiques appliquées) et enfin communications sociales et journalisme à l'UCL.

GUIDO: Pourquoi avoir commencé par des études en sciences économiques?
Baudouin Remy
: Mon père me voyait chef d'entreprise. Et même si aujourd'hui j'entreprends tous les jours, je ne suis pas chef de grand-chose! (sourire) Et vu que j'avais récolté de beaux points en maths et en sciences pendant mes études secondaires, cela me semblait logique de continuer. Pourtant, au PMS, on m'avait prédit que je n'arriverais à rien, c'était catastrophique.

«Les études m'ont appris deux choses: rien et tout»

GUIDO: Que retenez-vous particulièrement de ces études?
Baudouin Remy
: Ces études me servent encore beaucoup aujourd'hui. Elles m'ont principalement appris deux choses: rien et tout. En effet, on ne se souvient de rien, mais ça nous apprend qu'on peut tout apprendre. Ça donne en effet de sérieuses bases pour la vie future.

GUIDO: Vous avez donc terminé par des études en journalisme, ce n'était donc pas une vocation à la base?
Baudouin Remy
: Pas vraiment. Au départ, rien ne me destinait à devenir journaliste. Je travaillais déjà à l'époque, le spectacle en était à ses balbutiements, … Les études, je ne me voyais pas sans, mais je ne savais pas vraiment où ça allait me mener. En plus, je ne suis pas sûr, encore aujourd'hui, que les études en journalisme soient le bon chemin pour devenir journaliste. Il faut davantage une prédisposition de caractère. Et quand on a cette vocation d'être journaliste, on peut très bien faire des études romanes ou l'histoire de l'art. Il ne faut pas spécialement faire le journalisme pour devenir un bon journaliste. Par contre, il faut faire la médecine pour devenir un bon médecin!

GUIDO: Vous aviez déjà ce regard décalé sur l'actualité et la politique à l'époque?
Baudouin Remy
: Ce regard, je ne sais pas, par contre, il faut savoir que j'ai créé mes premiers spectacles à l'âge de huit-neuf ans. Et j'ai continué pendant toutes mes humanités. À l'époque, j'imitais Bourvil, Mitterrand, Kermit la grenouille, etc. Ainsi que les profs et les copains de classe. Je faisais même mes sketches devant la classe entière. À l'unif, je pense avoir été un des seuls à avoir été foutu dehors du cours. Je n'ai pas pu assister au cours de néerlandais parce que j'avais utilisé les casques et les micros comme outils de communication, et non comme outils d'apprentissage! (rires)

GUIDO: Vous étiez donc un étudiant facétieux?
Baudouin Remy
: J'étais plutôt un rigolo, pour autant qu'on me trouve drôle, bien entendu. Je n'étais pas un étudiant passif, mais réactif et un peu turbulent. Je posais beaucoup de questions. Encore actuellement, je déteste ne pas comprendre quelque chose.

«Mes notes étaient soit excellentes, soit tout justes, mais jamais navrantes»

GUIDO: Malgré ces facéties, vous n'avez jamais bissé d'année au cours de votre parcours académique!
Baudouin Remy
: J'ai toujours réussi en première sess', à l'exception du cours de néerlandais que j'ai été obligé de représenter en septembre. Je ne faisais peut-être pas de grandes dis', mais j'avais de beaux points: des 10 et des 11, mais aussi des 17 et des 18. Mais jamais entre les deux, c'était soit excellent soit tout juste, mais jamais navrant!

GUIDO: Les blocus ont ainsi été une formalité?
Baudouin Remy
: Je travaillais beaucoup quand il le fallait. En plus, je pouvais profiter d'une très bonne mémoire visuelle. Je savais retrouver dans un cours de huit-cent pages l'endroit où se trouvait telle ou telle phrase. Je ne faisais pas d'impasse, comme beaucoup d'autres étudiants le font. Quand je ne connaissais pas une partie du cours, j'en étais malade et je me levais la nuit pour terminer ce que je ne maitrisais pas.

GUIDO: Et les guindailles?
Baudouin Remy
: Quand je suis arrivé à l'ULB, je bossais déjà. J'ai donc guindaillé, oui, mais je n'avais pas cette culture de l'étudiant. Par exemple, le premier jour - et c'est un classique - on vous dit de regarder votre voisin de gauche et de droite dans un auditoire de huit-cent personnes. On vous affirme alors qu'ils ne seront plus là l'année prochaine. Moi, j'ai pris ça comme un truc d'extra-terrestre! Tout comme le premier étudiant avec une penne que j'ai croisé sur le campus. Je n'ai pas non plus réellement passé mon temps dans les thés dansants. D'ailleurs, c'est plutôt bières valsantes que thé dansant!

GUIDO: Vous n'avez donc pas fait votre baptême?
Baudouin Remy
: Se faire apostropher par un «sale bleu, gueule en terre,» très peu pour moi. Le type qui m'a abordé ainsi s'est d'ailleurs pris un poing dans la figure! Que ceux qui sont d'accord de le faire passent leur baptême, grand bien leur fasse. Mais qu'on les enferme (même ceux qui refusent) dans une classe avec de faux profs ou qu'on leur mettre du bleu de méthylène sur le visage, j'ai trouvé cela plutôt navrant. Attention, j'aime bien que les gens s'amusent, tant qu'ils sont consentants…

«Un trampoline vers la vie professionnelle»

GUIDO: Après Bruxelles, vous avez terminé votre cursus sur le site de Louvain-la-Neuve…
Baudouin Remy
: En 1984, Louvain-la-Neuve était une vile quasiment exclusivement estudiantine. En été, c'était une ville-fantôme, exception faite des scouts et des étudiants paumés! Ce qui a bien changé aujourd'hui. Je me souviens surtout du Cocotier, une boite de nuit de l'époque, où j'ai passé beaucoup de soirées.

GUIDO: Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ces années d'insouciance? Des regrets?
Baudouin Remy
: Je regrette peut-être de ne pas avoir été plus soucieux, justement, de m'être davantage investi dans mes études. J'aurais peut-être dû être plus exigeant envers moi-même plutôt que de me laisser aller et être fainéant. J'aurais pu être plus consciencieux. Parce que c'est réellement un trampoline vers la vie professionnelle. Quand on casse le trampoline, on manque d'élan. Ça permet de moins rebondir après.

GUIDO: Qu'aurait envie de dire l'étudiant de 1984 à celui de 2014?
Baudouin Remy
: Je comprends très bien que c'est casse-pieds d'étudier, mais pourtant, c'est très important pour la construction de son avenir. Chaque jeune a son destin entre les mains. C'est un outil, peut-être pas parfait - comme le dit Gad Elmaleh, «la racine carrée de 5 n'a jamais sauvé personne d'une galère» -, mais qui construit une certaine capacité de raisonnement, une personnalité, … Apprendre à avoir une capacité de travail est important.

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