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02/05/2016

HOOVERPHONIC: La voix de la raison?

À peine un an après le départ de leur chanteuse, Alex Callier et Raymond Geerts nous reviennent déjà avec un nouvel album. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que le groupe belge n’a jamais été aussi inspiré et aventureux. Formidablement éclectique et long en bouche, In Wonderland ouvre ainsi un nouveau chapitre de la plus belle des manières. Et laisse entrevoir une foule de possibilités pour un groupe pourtant vieux de deux décennies… Rencontre avec le très bavard Alex et son fidèle lieutenant, le taciturne Raymond.


Alex: La séparation avec Noémie, elle s’est faite d'un commun accord. Cela ne marchait plus. Nous étions arrivés à la fin d’une histoire, n’avions plus aucune envie de collaborer avec elle. Nous avons travaillé cinq ans avec Noémie et nous avons fait de très bonnes choses. C’est une excellente chanteuse. On la respecte, mais la chimie n’était plus là. Avant Noémie, il y a eu Geike – qui est restée plus de dix ans - mais également Liesje, Kyoko et enfin Esther. Le départ d’une chanteuse, ce n’était pas la première fois que nous vivions cette expérience. Cependant, après le départ de Noémie il y a un an, nous avons très vite décidé de ne pas nous mettre à la recherche d’une remplaçante.

 

GUIDO: Ce choix était-il dicté par une envie d’ouvrir un nouveau chapitre?

Alex: Après avoir travaillé des années avec une voix spécifique par album, Raymond et moi avions envie de travailler avec plusieurs vocalistes différents. Nous avions quelques titres qui ne fonctionnaient pas avec la voix de Noémie. Je pense à BadaboumGod’s GiftMoving et Cocaine Kids. Nous aimions beaucoup ces quatre titres, mais ils ne sont pas écrits pour une chanteuse. Après le départ de Noémie, nous avons donc décidé d’élargir notre horizon. Au fil des années, nous avons rencontré de nombreux vocalistes de talent avec qui le contact était très bien passé. C’est ainsi qu’est née l’idée pour le nouvel album.

 

GUIDO: Travailler avec plusieurs types de voix vous ouvre de nouvelles perspectives…

Alex: Depuis nos débuts, nous avons écrit la plupart des titres d’Hooverphonic en partant d’une voix masculine. La plupart du temps, ces morceaux pouvaient parfaitement être transposés avec une voix féminine. Mais de temps en temps, cela ne marche pas. Dans Moving et God’s Gift par exemple, il y a des lignes de guitare assez fortes. Mais une fois que tu transposes cela, tu perds l’atmosphère. Ce sont des titres qui, à la base, avaient été écrits pour Geike. Et ce sont deux titres qui nous ont donné l’envie de sortir un album avec plusieurs voix. Aussi bien des voix d’hommes que des voix de femmes. Pour Badaboum, on retrouve ainsi la chanteuse française Emilie Satt en duo avec un chanteur anglais, Litlo Tinz. Badaboum est un titre que j’avais écrit il y a quelques années, mais la partie en français ne pouvait pas être chantée par Noémie car son français n’était pas assez bon. Aujourd’hui, nous n’avons plus ce genre de souci.

 

«Selon moi, Hooverphonic est un groupe rétro-futuriste»

 

GUIDO: Badaboum est un titre surprenant!

AlexBadaboum est un titre bourré d’influences. On y retrouve un disco beat et une ambiance de cinéma plutôt hitchcockienne, et cela marche. Nous sommes dans une période pendant laquelle les singles ont pris le pas sur les albums, avec Deezer et Spotify. Les gens aiment les playlists, les compilations. Cela nous donne l’occasion de sortir un album très éclectique, et d’être en même temps très now.

 

GUIDO: Vous sentiez que c’était le bon moment de sortir Badaboum des tiroirs?

Alex: Très sincèrement, je pense qu’il faut un certain talent pour sentir quand il faut sortir certaines choses, ou les laisser encore un peu dans les tiroirs. Et je pense que c’est une qualité que nous avons. Badaboum, c’était clairement le bon moment pour le sortir. On aime bien garder les trucs cools du passé et les combiner avec un son du futur. Selon moi, Hooverphonic est un groupe rétro-futuriste.

 

GUIDO: In Wonderland va surprendre le public.

Alex: Nous n’avons jamais hésité à prendre des directions différentes. Après le premier album en pleine période trip-hop, le second était très différent. Après The Magnificent Tree, on a sorti Jackie Cane, qui était très bombass. Il y a ensuite eu No More Sweet Music et ses remixes. Et puis The President of the LSD Golf Club qui était très psyché. Puis, The Night Before, plutôt sixties… Nous n’avons jamais cherché la facilité. On a toujours cherché à prendre des routes différentes. Et parfois, il faut du culot…

 

GUIDO: Aujourd’hui, vous êtes un groupe à géométrie variable, comme Massive Attack ou Archive?

Alex: En fait, peu importe. Certaines personnes nous demandent aujourd’hui si nous sommes un groupe de producteurs. Peut-être… On s’en fiche. Au fond, ce qui est important, c’est la musique. Massive Attack ou Archive, ce sont des groupes passionnants. Au fond, peu importe si les chanteurs et les chanteuses qui les accompagnent sur scène sont les mêmes que sur les albums. Ou s’ils seront également sur l’album suivant.

 

«En dix ans, on a assisté à une révolution au niveau artistique»

 

GUIDO: À part Litlo et Emilie, quelles sont les voix que l’on retrouve sur l’album?

Raymond: Il y a Christa Jérôme, qui est Belge. On se connaît depuis pas mal de temps. Quand Geike a quitté Hooverphonic, on a écrit quelques morceaux ensemble. Emilie (Satt), Tjeerd (Bomhof), et Janie (Price), je les ai rencontrés en Norvège, à une sorte de workshop avec des ateliers d’écriture. Il y avait plein d’auteurs et de compositeurs. Cocaine Kids et Badaboum ont d’ailleurs été co-écrits là-bas avec Emilie, en un jour. Il y a également le chanteur-compositeur Felix Howard avec qui nous avions déjà collaboré à l’époque de No More Sweet Music. En fait, ils ont tous collaboré aux titres qu’ils chantent.

 

GUIDO: Lors des concerts, ils ne seront pas tous présents?

Alex: Certains d’entre eux seront présents à certaines dates. On jouera six morceaux de l’album et tous des vieux titres, aussi bien des tubes que des morceaux un peu oubliés. On a commencé les répétitions, ce sera très chouette et surprenant. Certains titres seront complètement retravaillés.

 

GUIDO: L'artwork de l’album est très réussi…

Alex: C’est une belle histoire. Cette photo, elle a été prise au boerenmarkt de Beveren il y a quelques mois. J’y étais allé avec ma copine afin d’assister à un concert de flamenco, entre les échoppes d’hamburgers et les stands de tir. Et, en levant les yeux au ciel, le spectacle était magnifique. Le ciel était d’une couleur très particulière. Et puis, il y avait ces lampions… Ma copine a pris quelques photos avec son smartphone afin d’immortaliser l’instant. Ce n’est que plus tard, alors que nous étions en plein mixage de l’album, que j’ai vu qu’elle avait choisi cette photo comme bannière pour son compte Facebook. C’est ainsi que nous avons finalement choisi de l’utiliser pour l’album. Cela reflétait très bien In Wonderland.

Raymond: Aujourd’hui, avec un smartphone, il y a moyen de faire des photos de très belle qualité. Il y a dix ans, nous devions faire appel à des photographes professionnels pour le moindre cliché.

Alex: En une dizaine d’années à peine, on peut vraiment parler de révolution au niveau artistique. Que ce soit dans le domaine de la photo, de la vidéo, ou pour l’enregistrement d’un album. Nous avons réalisé des vidéos pour un budget proche de 100.000 € il y a quelques années alors que le clip de I Like The Way I Dance a coûté près de dix fois moins. Plus besoin non plus de devoir booker des studios hors de prix. In Wonderland a été enregistré dans notre studio, sans stress. C’est une époque intéressante…

 

Hooverphonic: In Wonderland (Sony)

 

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