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09/10/2018

THE KOOKS: Retour aux sources

Quatre longues années après le décevant Listen, Luke Pritchard et son groupe nous reviennent en pleine forme avec un cinquième opus de haut vol. L’occasion était belle de faire le point sur une carrière étonnante à l’aube de laquelle The Kooks était l’un des chefs de file du rock britannique. Rencontre avec Luke!


GUIDO: Le premier album des Kooks sorti en 2006 est… iconique. Est-ce que ce ne fut pas difficile pour vous de rester sereins après ce raz-de-marée?

Luke: Très honnêtement, ce fut terriblement difficile. Lorsque tu qualifies cet album d’iconique, c’est à la fois un très beau compliment et c’est aussi assez dur à entendre. Parce qu’aujourd’hui, ce qui compte, c’est Let’s Go Sunshine. Après la sortie de Inside In/Inside Out, nous avons été attendus au tournant et critiqués de manière parfois très injuste. Pas facile lorsque tu as vingt ans… Depuis nos débuts, nous avons toujours tenté de suivre la même ligne de conduite et enregistrer des chansons qui peuvent résister à l’épreuve du temps. Je suis très fier de Inside In/Inside Out et je sais que si nous ne jouons pas Naive lors de nos concerts, ça passerait très mal auprès du public, mais le plus important pour nous, c’est l’avenir.

GUIDO: Vous avez connu des hauts et des bas, mais les Kooks ont toujours continué à remplir de grandes salles partout dans le monde…

Luke: C’est vrai, et c’est chouette de voir pas mal de teenagers à nos concerts. Sans être des superstars, nous avons la chance de jouer partout dans le monde. Et parfois dans de très grandes salles. Je ne vais pas te cacher que j’adore jouer sur des grandes scènes! Nous avons eu énormément de chance. Le succès est arrivé alors que nous étions très jeunes et ce fut difficile. Surtout très difficile pour ma maman (rires), mais j’adore ce que je fais et mène la vie que j’ai envie de mener. On ne s’ennuie jamais.

«Nous vivons une période d'insouciance»

GUIDO: Après Listen qui était plutôt aventureux, Let’s Go Sunshine peut être considéré comme un retour aux sources…

Luke: C’est l’album d’un groupe qui a confiance en ses qualités. Listen était un disque que je qualifierais de courageux. Les morceaux sont un peu comme inachevés, expérimentaux. Comme des maquettes. Inflo, le gars qui avait travaillé avec moi au niveau de la production, était plus jeune que moi. C’est un disque très frais, bricolé mais qui a forcément pas mal désorienté nos fans. Pour Let’s Go Sunshine, ils seront à nouveau en territoire connu. Je pense que l’on peut véritablement parler de retour aux sources. Let’s Go Sunshine est un album très britannique, comme ceux des Beatles ou d’Oasis. Nous faisons partie d’une lignée et nous assumons complètement cela sur ce nouvel album. Si j’ai commencé à faire de la musique, c’est grâce à mon père. Je n’avais que trois ans lorsqu’il est décédé d’une crise cardiaque. J’ai principalement appris à le connaître par le biais de ses disques et de ses bouquins. D’une certaine manière, les albums que j’ai enregistrés avec les Kooks, c’était une manière de garder mon père en vie. Cela explique sans doute que je sois fort influencé par les Kinks ou les Stones, qui faisaient partie de ses groupes préférés.

GUIDO: Quatre ans entre Listen et Let’s Go Sunshine, c’est long!

Luke: C’est vrai… Nous sommes entrés en studio peu de temps après la sortie de Listen, mais les premières ébauches n'étaient pas convaincantes. On a donc décidé de tout recommencer à zéro pour écrire de meilleurs morceaux. Cela nous a bien évidemment fait perdre pas mal de temps. Ensuite, on a pris le temps d’écrire un album qui nous ressemble… Certainement l’un de nos meilleurs, si pas notre meilleur album. Sur scène, les morceaux No Pressure ou Tesco Disco vont faire un malheur!

GUIDO: Vous vous êtes rendus à Los Angeles pour l’enregistrement de Let’s Go Sunshine. Le titre de l’album et les harmonies vocales sur certains titres évoquent les Beach Boys…

Luke: J’adore les Beach Boys! Merci pour le compliment… Leurs chansons semblent très simples, voire évidentes. Si tu les analyses, tu te rendras compte qu’il y a une superposition de plusieurs couches. C’est un travail d’orfèvre. Nous avons tenté de faire cela également sur plusieurs morceaux de l’album.

GUIDO: Il y a eu quelques changements dans le line-up du groupe…

Luke: Notre bassiste nous a quittés. Même s’il fait partie des Kooks depuis 4 ans, c’est également le premier album avec Alexis (le batteur). Il y a une excellente alchimie entre nous, et je pense que cela s’entend sur l’album. La pochette de l’album reflète bien la période que nous vivons actuellement en tant que groupe. Une certaine insouciance.

«Voir les Kooks sur la même affiche que les Stones, c’est absolument incroyable»

GUIDO: Votre premier album est sorti le même jour que le premier album des Arctic Monkeys. Avec le recul, penses-tu que cette concurrence vous a aidés à vous surpasser?

Luke: Ce serait intéressant de poser la question à Alex (des Arctic Monkeys). Je me demande si quelqu’un a un jour évoqué avec lui la concurrence positive que les Kooks ont pu exercer sur sa créativité. Franchement, je me demande… (rires) Les gens nous comparent souvent, car nous sommes anglais. Ils ont énormément de succès. Et nous avons le même âge. J’ai beaucoup aimé le dernier album des Arctic Monkeys. Tu sais, nous ne sommes en compétition avec personne.

GUIDO: Vous vous êtes déjà produits plusieurs fois en première partie des Rolling Stones (à Berlin en juin dernier entre autres). Ouvrir pour les Stones dans un stade, c’est un rêve de gosse?

Luke: C’est probablement l’un de mes groupes préférés de tous les temps. Ce n’est pas évident car le public ne vient pas pour nous. Jouer dans un stade, ce n’est pas facile non plus. Mais, tu as raison. Voir les Kooks sur la même affiche que les Stones, c’est absolument incroyable. J’ai eu l’occasion de passer un peu de temps avec Mick, ce que peu de gens ont la chance de faire.

GUIDO: Il y a un duo avec ton père sur cet album, un très bon morceau d’ailleurs…

Luke: Étonnant, non? C’est fucking spiritualpretty cool! Lorsque j’ai enregistré Honeybee, ce n’était pas dans le but de le mettre sur cet album. Ma sœur a trouvé quelques démos de mon père. J’ai retravaillé un peu les paroles et j’ai voulu faire une surprise à mon beau-frère en enregistrant le morceau. Comme j’arrive toujours en premier au studio, j’ai eu le temps de terminer la maquette avant que les gars se pointent. Ils ont tout de suite trouvé que le morceau était bon. Nous avons commencé à travailler dessus en groupe. J’ai alors eu l’idée assez bizarre d’enregistrer un duo avec mon père. Je chante le premier couplet, il chante le second… Aujourd’hui, ce n’est plus tellement compliqué de faire ce genre de chose. Je vois cela comme une sorte d’hommage et je suis convaincu qu’il est super content de ce cadeau.

The Kooks: Let’s Go Sunshine (V2)

Photos: (c) Andrew Whitton


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