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13/11/2018

JASPER STEVERLINCK: La traversée du désert

Après une longue absence émaillée de plusieurs coups durs, Jasper Steverlinck revient sur le devant de la scène avec l’un des albums les plus passionnants sortis ces derniers mois. Un album profondément touchant et unique enregistré par un homme à la dérive qui a réussi le tour de force de revenir plus fort que jamais.


GUIDO: Après les années Arid, on n’a plus tellement entendu parler de toi!

Jasper Steverlinck: Je n’ai pas donné le moindre concert pendant six ans. Le dernier album d’Arid est sorti en 2010. Après la tournée, j’ai fait partie des coaches de The Voice van Vlaanderen pendant deux années. Ensuite, tu sais, le temps passe très vite.

«Je voulais éviter que le travail de production ne tue l’émotion»

GUIDO: Que s’est-il passé pendant ces six années? Un ras-le-bol?

Jasper Steverlinck: Lorsque j’ai eu l’occasion de devenir coach de The Voice van Vlaanderen, cela m’a donné le temps de réfléchir, de voir ce que je voulais faire, de me poser les bonnes questions. Ma vie était un peu compliquée à cette époque. Mon épouse et moi avons appris que notre fils était autiste et nous avons organisé notre vie en fonction des défis que cela représentait au quotidien. Time is flying… Avec le recul, j’ai du mal à comprendre comment j’ai pu rester six ans sans concert. Mais les circonstances ont fait que…

GUIDO: Tu as tout de même continué à jouer et à composer?

Jasper Steverlinck: Evidemment. Mais le public m’a beaucoup manqué.

J’ai eu peur en revenant. En six ans, l’industrie musicale a beaucoup changé. Aujourd’hui, tu dois ressembler à Ed Sheeran ou Oscar And The Wolf…

GUIDO: Comment peut-on expliquer que tu n’aies pas pu surfer sur la vague après l’énorme succès de ta reprise du Life on Mars en 2004?

Jasper Steverlinck: Bonne question. Le succès de l’album Songs Of Innocence m’a complètement pris par surprise. C’est assez rare de faire un carton avec un album de reprises. Peu après, j’ai malheureusement chopé un solide virus qui m’a mis complètement KO pendant un long moment. Ensuite, c’était trop tard pour vraiment encore profiter de la notoriété que m’avait apporté ce tube. Ma chance était passée.

GUIDO: Tu reviens avec un album très touchant, très épuré…

Jasper Steverlinck: Je voulais musicalement revenir au cœur, au noyau. De super paroles, de bonnes chansons et une voix fantastique. Et éviter le blabla. Tout ce qui ne fait pas partie de ce noyau, j’ai décidé de m’en débarrasser. Si tu écoutes la radio aujourd’hui, il y a de plus en plus d’arrangements, mais la chanson disparaît sous des couches de production. C’est aussi pourquoi les chansons de cet album ont été enregistrées live. Je voulais absolument éviter que le travail de production ne tue l’émotion.

«Je voulais proposer un disque intemporel»

GUIDO: Night Prayer a un son qui ne correspond à aucune époque!

Jasper Steverlinck: La plupart des nouveautés que j’entends aujourd’hui ne me touchent pas. Je trouve évidemment certains morceaux sympas, mais cela ne me fait rien. Et lorsque j’écoute des artistes des années 60 ou 70 tels que Jacques Brel, Marvin Gaye ou Led Zeppelin, je suis ému jusqu’à la moelle. Mon objectif, en enregistrant cet album, était de proposer un disque intemporel. Et ce n’est pas facile du tout aujourd’hui – à l’ère de Spotify - de proposer une musique sans âge. J’ai fait quelques essais en enregistrant les morceaux de Night Prayer avec d’autres arrangements, mais cela ne m’a pas convaincu.

GUIDO: Cet album a apparemment connu un accouchement assez difficile…

Jasper Steverlinck: Oui et non. Je me suis rendu à Angleterre et j’ai collaboré avec Jake Gosling, le bonhomme qui a découvert Ed Sheeran. Très chouette collaboration, mais je me suis ensuite rendu compte que mes chansons avaient perdu leur pureté, leur mélancolie. Sur place, tout s’était très bien passé, et ce n’est qu’une fois à la maison que j’ai décidé de tout mettre à la poubelle.

GUIDO: Une décision forcément difficile!

Jasper Steverlinck: C’est le moins que l’on puisse dire. Après une période d’hésitation, j’ai préféré recommencer tout à zéro et je me suis donc rendu en studio avec Jean Blaute. Si tu sors un album qui ne te ressemble pas vraiment et qu’il ne marche pas, c’est un sentiment horrible. Si cela ne marche pas trop bien mais que tu es intimement fier de ton album, c’est dommage, mais au moins tu peux être fier de toi.

GUIDO: Vous vous êtes alors rendus aux studios ICP à Bruxelles…

Jasper Steverlinck: Jean et moi avons enregistré à l’ancienne, comme le faisaient Bill Withers, Nina Simone ou Jacques Brel. En live, sans batterie, en évitant les contingences techniques. Aussi bien au niveau de la musique que du chant. Et tant pis s’il y a des imperfections. Cet album, c’est moi. Sans fard… 

GUIDO: Tu as dû faire face à une certaine perplexité lorsque tu as fait écouter les maquettes aux professionnels de la musique?

Jasper Steverlinck: J’avais enregistré l’album que je voulais. J’étais sans contrat discographique durant l’enregistrement, et je pense que c’est finalement une bonne chose. Avant que l’album ne sorte, de nombreuses personnes autour de moi étaient perplexes. Ce n’était pas assez ci ou ça. Aujourd’hui, le succès est clairement au rendez-vous, mais je suis surtout heureux d’avoir enregistré un album que j’assume pleinement.

Arid: Stop ou encore?

Alors que Night Prayer connaît un magnifique succès des deux côtés de la frontière, le dernier album d’Arid date d’il y a plus de huit ans. À la question de savoir s'ils rejoueront encore ensemble à l'avenir, Jasper Steverlinck est dubitatif: «Je n’en sais rien. Aujourd’hui, je suis focalisé sur ce projet. Je ne nous vois pas travailler ensemble sur un nouvel album. Par contre, je pense que nous jouerons encore ensemble. Seul, c’est plus simple, je ne vais pas te le cacher. Lorsque tu fais partie d’un groupe, tu es obligé de faire des concessions. Pour le moment, Night Prayersest disponible en Belgique et aux Pays-Bas. Mais il sortira très bientôt également en Angleterre ou en Allemagne. Je suis terriblement fier de ce disque, et mon objectif est de parvenir à toucher le public au-delà de nos frontières.»

Photo: © Charlie De Keersmaecker

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