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25/04/2019

THE BUKOWSKIES: Roma calling!

C’est l’un des coups de cœur de Guido, un groupe que l’on suit depuis ses tout débuts… Mené par le charismatique Andrea, The Bukowskies brouillent les pistes avec un troisième opus qui évoque aussi bien le garage rock des formidables Strokes que la scène post-punk et nous gratifie même de quelques instrus plutôt étonnantes.


GUIDO: Cet album est assez surprenant. Plus électro, plus expérimental... Évolution ou révolution?

Andrea: J’ai voulu marquer un peu plus radicalement mes envies. En réalité, c’est ce que je veux depuis notre premier album. À l’époque, notre label avait refusé certaines de nos intros et certains passages instrumentaux pour se concentrer sur des chansons de trois minutes. C’était une erreur, j’en étais convaincu. Il y avait selon moi déjà assez de chansons de ce format sur l’album que pour raccourcir les rares morceaux différents. Ils étaient tellement attachés à ce format qu’ils ont choisi notre premier single uniquement sur base de ce critère. C’était également une erreur. Le single n’a pas marché, c’est certainement l’un des morceaux qui a le moins fonctionné de l’album. Pour Brown-Brown, les choses se sont passées différemment. J’avais déjà une partie des morceaux de Youth Crime que je voulais sortir seul, j’ai donc choisi ce qui collait le mieux avec le style de l’album, mais il y avait déjà de longs formats comme Canzone d’Amore ou des morceaux électro comme I Feel Hate. Je ne pense pas que Youth Crime soit moins catchy que les deux albums précédents. Je pense même que mes meilleurs morceaux dans ce style sont dessus (Le RedoutableLa TerrazzaTwo Lovers…). C’est juste qu’ils sont au milieu de choses différentes. J’ai des goûts particulièrement éclectiques et c’était important pour moi de le dire à travers ma musique. J’ai toujours pensé que nous étions un groupe de rock surtout dans notre façon de jouer et dans l’attitude, mais nous sommes avant tout un groupe à instruments, ça veut dire que l’on cherche, on expérimente…

GUIDO: On retrouve sur l'album trois mêmes versions d'un même titre, dont deux versions instrumentales. L'une d’elles évoque furieusement Morricone. Comment ce titre est-il né?

Andrea: En effet. Une instru sud-américaine, une instru italienne et une version plus électro, on va dire berlinoise. L’instru italienne peut faire penser à Morricone oui, c’est quelqu’un que j’écoute tous les jours. Pino Donaggio et lui sont mes compositeurs de musique de films favoris.

«Quand je crée une chanson, j'aime travailler seul»

GUIDO: Le retour des Bukowskies fait plaisir mais surprend. Tu nous avais confié il y a quelques mois que cet album était au départ destiné à être un album solo. Il devait d’ailleurs sortir sous le nom de Youth Crime - qui donne finalement son titre à l’album.

Andrea: Cela devait être le cas. L’album a pris énormément de temps à se faire, près de deux ans. Certaines chansons étaient composées depuis le double de temps, d’autres sont assez récentes. Je n’ai passé qu’une dizaine de journées en studio, éparpillées sur ces deux années. J’ai composé très vite, mais j’ai voulu travailler à nouveau avec l’ingénieur du son avec qui nous avions bossé sur Brown-Brown. Il n’était jamais disponible et je me suis obstiné à l’attendre. C’était pénible. C’est pour cela qu’on a perdu du temps. J’avais déjà un troisième album prévu pour le groupe mais je ne voulais pas endurer ce processus d’enregistrement une seconde fois. Pour faire vivre le groupe, j’ai décidé de sortir l’album sous The Bukowskies. Je pense que c’est une bonne idée car il entre bien de l’évolution que je veux donner au groupe.

GUIDO: Ce nouvel album a apparemment été un accouchement difficile!

Andrea: Créer l’album non, pas du tout, c’est mon plus grand plaisir de composer et de passer du temps en studio. C’est ce que je fais le plus naturellement. Quand je crée une chanson, j’aime travailler seul et je sais exactement ce que je veux. Je suis habitué au travail de studio. J’ai juste besoin de quelqu’un pour faire un travail de technicien car ce n’est vraiment pas mon truc, même si j’ai décidé de m’y mettre un peu pour avoir une certaine autonomie. À l’heure actuelle, j’ai encore une centaine de chansons qui sont prêtes. C’est pour cela que j’ai voulu diversifier les noms de mes projets.

GUIDO: Tu as à peu près tout fait tout seul sur cet album. The Bukoswskies, c'est juste un groupe de scène, le jouet d'Andrea?

Andrea: J’ai tout joué cette fois-ci, oui… Mais j’ai déjà dit au groupe qu’ils enregistreraient leurs instruments sur le prochain. Il est important pour moi de tout composer. Je pense que c’est une connerie de croire que la composition est un travail collectif… Cela dit, j’ai envie que le groupe soit plus présent pour le prochain album. Parce que ce n’est justement pas qu’un groupe de scène, ce sont mes amis et c’est important d’avoir des personnes avec qui on s’entend bien pour avancer. Compter sur eux, c’est ce qui me permet de créer. Mon but quand j’ai créé le groupe avec Olivier, c’était d’être une bande de potes, de vivre sur la route, de faire des concerts. Cela n’a pas marché parce que la musique occupe une place différente dans la vie de chacun. Mais The Bukowskies se construit sur un truc très familial, autour de mes meilleurs amis. Ma femme joue les claviers, Olivier – l’une des personnes les plus proches de moi, qui est comme un frère - joue de la guitare, Xavier - qui est mon meilleur pote - joue de la basse, Gino est devenu notre batteur parce que le feeling passait bien et qu’il a un super jeu. J’ai fait des collaborations avec Tacite, l’Allié des Artistes parce que c’était mon ami Boris qui s’en occupait… J’ai toujours essayé d’englober un peu tout le monde dans le groupe pour que cela puisse aider chacun.

«On nous a reproché d'être trop propres, comme si t'étais obligé d'avoir une sale gueule pour faire de la musique»

GUIDO: The Bukowskies occupe une place de choix sur la scène liégeoise mais la notoriété du groupe est assez limitée en-dehors de cette région. Comment expliques-tu cela?

Andrea: Mauvaise communication. Un peu volontaire de notre part par moments. C’est aussi parce que le groupe a mal débuté. On a signé notre premier album après seulement un mois d’existence. Nos prestations étaient mauvaises à l’époque, cela nous a fait une mauvaise publicité. Les gens vont rarement revoir un groupe qu’ils n’ont pas aimé la première fois et ils ont tendance à en parler en mal. Nous, nous avons vraiment commencé à jouer tôt… Nos premières répétitions étaient sur scène. On a fait beaucoup de mauvais concerts, avec un mauvais groupe, pas prêt. Aujourd’hui nous en sommes à notre troisième bassiste, à notre troisième batteur et nous avons des claviers sur scène. Le line-up du groupe a évolué, mais le mal était fait. L’autre explication, c’est que nous faisons un style de musique qui n’est pas à la mode pour l’instant. En plus de cela, nous n’avons pas envie d’être identifiés selon notre style rock ou garage, ce qui a le don de ne pas plaire aux puristes qui aiment les clichés. On nous a aussi reproché d’être trop jeunes ou trop propres, comme si t’étais obligé d’avoir une sale gueule pour faire de la musique. En fait, c’est peut-être dommage que je n’aie pas une sale gueule… (rires)

GUIDO: Tu regrettes de ne pas avoir une tronche à la Shane MacGowan (chanteur édenté des Pogues) ou de ne pas ressembler à Pete Doherty?

Andrea: J’essaie, tu sais… (rires) Je bois énormément, je fume, je ne mange que des choses grasses… Il va falloir que je trouve un moyen pour me choper une sale tête.

GUIDO: Les deux premiers albums du groupe évoquaient très fort les Strokes. Cette fois, tu sembles avoir vraiment coupé le cordon. Les autres membres du groupe n'ont pas eu peur de ce changement d'orientation musicale?

Andrea: Les Strokes eux-mêmes ont régulièrement coupé le cordon avec leurs propres origines musicales. J’aime mieux ce que fait Julian Casablancas avec The Voidz pour l’instant. J’aime bien ce que fait Albert Hammond Jr. de son côté aussi. Les retours que j’ai eus du groupe après les premières écoutes n’étaient que positifs. Je pense que cela nous plait à tous d’avoir des chansons différentes. Mais beaucoup de morceaux de ce nouvel album collent avec ce que l’on a fait sur les précédents. J’adore nos deux premiers disques, mais je pense vraiment que celui-ci est nettement supérieur.

GUIDO: D'où vient cette passion pour l'Italie? Et ces noms sur la pochette? Qui sont ces gens?

Andrea: Je suis souvent en Italie, j’y partais enfant avec mes parents et j’ai continué à y aller plusieurs fois par an de mon côté, même si je croise mon père et mon frère près du lac Trasimeno chaque été. C’est d’ailleurs le rendez-vous annuel avec plusieurs amis et les membres du groupe. J’ai voyagé énormément et un peu partout, mais je vais justement en Italie parce que je connais d’autres cultures et que c’est la culture italienne qui me correspond le mieux. L’architecture, la nourriture, le style de vie, le style vestimentaire. Je me sens toujours bien en Italie et j’ai l’impression d’évoluer dans un décor de film. Et puis, il y a le vin italien… Après la musique et la culture en général, ma plus grande passion, c’est le vin italien. Ce sont d’ailleurs des noms de vins, et non de personnes, que tu retrouves sur la pochette de l’album.

The Bukowskies: Youth Crime Or The Influence Of… (Alf Records)

 

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