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03/06/2019

Le conte de fées de GAUVAIN SERS

Deux ans après avoir été découvert par Renaud et avoir ensuite mis en poche tout son public, Gauvain Sers nous propose un nouvel opus hésitant habilement entre chansons engagées et petites ritournelles empreintes de nostalgie ou de romantisme. Et nous offre surtout quelques pépites qui ne devraient pas manquer de traverser les générations.


GUIDO: L’une des réussites majeures de ce nouvel album, c’est le titre Les oubliés, qui donne d’ailleurs son nom à l’album…
Gauvain Sers:
 J’avoue être surpris de l’impact qu’a cette chanson. À l’origine, tout est parti d’une lettre d’un instituteur de la Somme qui était venu me voir en concert quelques jours plus tôt. Dans cette lettre, il me racontait sa lutte pour sauver son école menacée de fermeture. Je t’avoue avoir été particulièrement touché par ce qu’il m’avait écrit. Nous nous sommes rencontrés. Il m’a parlé de sa passion pour son métier et je l’ai senti terriblement désemparé. Cela faisait un moment que je voulais parler du thème de la désertification des campagnes en France. J’ai grandi dans un contexte très rural, dans un coin un peu paumé. Et c’est vrai que l’on voit l’abandon des services publics. Les gens se sentent un peu abandonnés, ils ont l’impression d’être la cinquième roue du carrosse. Cela faisait longtemps que j’avais envie d’aborder ce thème, mais je n’avais pas trouvé le moyen de démarrer la chanson. Quand j’ai reçu cette lettre, ça a été l’élément déclencheur et je me suis dit que l’école, c’était le symbole le plus fort. Quand une école ferme dans un petit village, ce n’est pas que l’école qui ferme, c’est le village qui meurt un petit peu, car c’est le petit café du coin qui va fermer aussi, ce sont les médecins qui vont s’en aller, la gare qui est moins bien desservie…

GUIDO: Tu as ensuite choisi de tourner le clip à Ponthoile, sur les lieux du… drame.
Gauvain Sers:
 En tournant le clip dans l’école à Ponthoile, je savais que la chanson aurait plus d’impact que si on faisait un clip plus traditionnel. C’était aussi l’occasion de rendre hommage à l’instituteur qui est à l’origine de la chanson et aux enfants qui étaient touchés par cette décision.

«Le pouvoir d’une chanson, c’est de pouvoir entrer dans les maisons, de pouvoir toucher»

GUIDO: Tu penses que cette chanson pourrait avoir un impact sur l’avenir de certains établissements?
Gauvain Sers:
 Beaucoup de gens utilisent la chanson pour essayer de se faire entendre, pour sauver leur école. Entretemps, l’école dont il est question dans la chanson a fermé, mais bien d’autres sont menacées aujourd’hui. Si cette chanson pouvait en sauver l’une ou l’autre, ce serait magnifique. Je trouve important d’aborder des sujets nouveaux, contemporains. C’est très important pour un artiste d’être témoin de ce qui se passe. Je ne pensais évidemment pas que cette chanson aurait cette résonnance… et heureusement d’ailleurs. Je sais qu’elle donne de l’espoir à des gens, et ça c’est important.

GUIDO: C’est important que des chansons puissent être porteuses d’espoir?
Gauvain Sers:
 C’est évident! Si certaines chansons peuvent faire avancer les choses ou réfléchir les gens, c’est génial. Le pouvoir d’une chanson, c’est de pouvoir entrer dans les maisons, de pouvoir toucher. Lorsque j’ai des témoignages de personnes qui me disent qu’une de mes chansons a pu les aider à tel ou tel moment, c’est génial. Les chansons, je ne dis pas qu’elles peuvent changer le monde, mais elles ont le pouvoir de redonner de l’espoir, faire rire à un moment où on ne s’y attend pas. Ce sont de petites choses, mais ce sont néanmoins des choses très importantes.

GUIDO: Quel genre d’étudiant était Gauvain?
Gauvain Sers:
 Même si la chanson La langue de Prévert est un peu autobiographique, j’avais des résultats tout-à-fait honorables à l’école. En particulier en maths. Mon père est prof de maths et j’ai baigné là-dedans pendant toute ma jeunesse. Je n’étais pas un grand travailleur, je n’étais pas très sérieux. J’aimais faire le guignol au dernier rang avec mes amis et je garde de très bons souvenirs de cette époque. Par la suite, j’ai fait des études scientifiques, une école d’ingénieur. Peut-être un peu pour faire plaisir à mes parents, mais surtout parce que je ne savais pas trop quoi faire de ma vie à ce moment-là. J’ai assez logiquement continué mes études dans les branches où j’étais plutôt doué, les sciences…

GUIDO: Plutôt étonnant pour un gars qui manie si bien l’écriture!
Gauvain Sers:
 Même si j’adorais le français, que j’adorais écrire, je faisais cela plus en parallèle de mes études. Mes deux grands frères avaient fait des études d’ingénieur. J’ai suivi la même filière et j’ai décroché le diplôme. Ce n’est qu’ensuite seulement que j’ai un peu tout foutu à la poubelle pour me rendre à Paris et tenter ma chance dans la musique. J’avais quelques chansons et j’ai commencé à tenter l’aventure en jouant dans de petits bars, dans les cabarets. Mais ce n’est qu’une fois que j’ai décroché mon diplôme que j’ai vraiment commencé l’aventure.

«Tu prends ton repas tranquillement et tu reçois un coup de fil de Renaud!»

GUIDO: Sur ce nouvel album, tu t’empares à plusieurs reprises de thèmes assez difficiles et rarement abordés dans des chansons actuelles…
Gauvain Sers:
 Je trouve dommage que tant de chanteurs se complaisent dans des thématiques légères. Perso, j’ai beaucoup appris au contact des chansons. Cela fait partie de mon éducation. Sur ce nouvel album, j’aborde des thèmes tels que la prostitution estudiantine, le harcèlement de rue ou les migrants. Les oubliés en fait… Les migrants, ce sont les grands oubliés de notre siècle.

GUIDO: Tu t’es fait connaître en assurant la première partie de la tournée de Renaud…
Gauvain Sers:
 À ce moment-là, je n’étais pas du tout signé. C’est Renaud qui est venu me chercher. Il était tombé par hasard sur l’une de mes chansons trois jours avant la première date au Zénith. Il cherchait une première partie car un petit film avait été projeté sur les premières dates, et cela n’avait pas du tout marché. Donc, il tombe sur l’une de mes vidéos sur Internet, puis il en écoute une seconde. Et il m’appelle une demi-heure plus tard. Je ne sais pas si tu t’imagines… Tu prends ton repas tranquille, et tu reçois un coup de fil de Renaud. La conversation est complètement surréaliste puisqu’il me parle de mes chansons. Et il me demande si je veux faire ses premières parties au Zénith à Paris. Il y avait dix concerts. Évidemment, je dis oui… Au départ, je ne devais faire que les premières dates à Paris. Mais cela s’est super bien passé avec lui, avec son public. J’ai finalement assuré la première partie de toute la tournée. J’avais déjà fait quelques premières parties auparavant, entre autres avec Tryo, mais rien à voir avec une salle comme le Zénith. C’était plutôt des salles de 1000 places max avant et le Zénith, c’était 6000 places. Et dix soirs d’affilée.

GUIDO: L’histoire de Gauvain, c’est un peu un conte de fées, non?
Gauvain Sers:
 C’est clair! J’ai eu énormément de chance car tout est arrivé au bon moment, le timing était juste parfait. Je commençais à travailler avec mes managers, j’avais trouvé un tourneur, quelques dates de concert et même deux ou trois rendez-vous avec des labels. Bref, il se passait un petit truc. Mais les premières parties de Renaud, ça a évidemment très fort accéléré les choses… Lors des concerts, on vendait un EP que j’avais enregistré à l’arrache dans un garage. Le premier soir, on en a vendu 250… ce qui est évidemment assez fou. J’ai finalement pu choisir sur quel label je voulais signer. C’était le planning parfait. Les planètes se sont vraiment alignées.

«Le plus beau cadeau pour un artiste, c’est de traverser les générations»

GUIDO: Ensuite, il y a ce clip réalisé par Jean-Pierre Jeunet pour la chanson Pourvu
Gauvain Sers:
 Jean-Pierre Jeunet, c’est mon réalisateur préféré. Amélie Poulain, mon film préféré. Je n’aurais pas pu imaginer un seul instant qu’il accepte de tourner un clip avec moi même si je citais Amélie dans la chanson en question. Et avec Jean-Pierre Daroussin et Gérard Darmon en plus!

GUIDO: Dans la chanson Que restera-t-il de nous?, il est question du temps qui passe. Concrètement, que souhaites-tu laisser comme trace de ton passage sur terre?
Gauvain Sers:
 Ce que je veux laisser… Laisser des chansons, je trouve que c’est bien. Cela représente bien qui je suis, comment je vois les choses. Parfois, des profs ou des instits me disent qu’ils sont en train d’étudier mes chansons. Le plus beau cadeau pour un artiste, c’est de traverser les générations. Laisser des albums, c’est génial. Si mes chansons traversent un peu le temps, ce serait fantastique.

GUIDO: On retrouve sur l’album la bande-originale d’un roman de Michel Bussi. C’est une première, non?
Gauvain Sers:
 En effet. Je pense que c’est la toute première fois que l’on parle de bande-originale d’un livre… Michel et moi nous étions rencontrés il y a environ un an pour une interview croisée à la sortie de son roman Sang Famille. Nous avons pas mal de points communs et de passions communes. Entre autres l’amour de la langue française, notre proximité avec le public. Nous sommes également tous les deux de grands fans de Renaud. Bref, le courant est super bien passé entre nous et nous sommes ensuite restés en contact. La musique occupe pas mal de place dans les romans de Michel. Plusieurs titres y font directement référence: Maman a tort fait ainsi référence au tube de Mylène Farmer, Un avion sans elle à une chanson de CharlElie Couture, On la trouvait plutôt jolie, un titre de Pierre Perret. Le temps est assassin évoque une phrase issue de Mistral gagnant, de Renaud…

GUIDO: J’ai voulu rêvé trop fort rend cette fois hommage à Bashung…
Gauvain Sers:
 Exactement… Le titre de son dernier roman est directement inspiré de sa chanson Vertige de l’amour. Dans l’histoire, une chanson écrite pour l'héroïne par son amant occupe une place centrale. Michel et moi avons eu l’idée de mettre cette chanson en musique. De cette manière, cette chanson vit à la fois dans et en-dehors du roman.

Gauvain Sers: Les oubliés (Universal)


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