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15/10/2019

FÉFÉ & LEEROY: «On revient pour s'amuser, c'est de la musique, rien de plus!»

Une décennie s’est écoulée depuis la dissolution du Saïan Supa Crew. Féfé, Leeroy et leurs potes ont ensuite repris leur route, chacun de leur côté. Des chemins de traverse plutôt que des autoroutes balisées. Et si aujourd’hui les destinées de Féfé et Leeroy sont à nouveau liées, ce n’est certainement pas par opportunisme. Pas de plan de carrière pour les deux amis, mais l’envie de kiffer au maximum pendant 365 jours. Rencontre avec les deux pionniers du rap français.


GUIDO: Vingt ans après vos débuts, le rap français est aujourd’hui incroyablement populaire. Des gens comme Orelsan ou Maître Gims font même partie des plus gros vendeurs de disques en France…

Féfé: Nous sommes agréablement surpris mais ça fait bizarre. À la base, notre musique était plutôt une niche lorsque nous avons commencé. Aujourd’hui, c’est vrai qu’elle est devenue mainstream. C’est la variété moderne, tout simplement.

Leeroy: Ce qui nous fait aussi plaisir, c’est que nous avons été des précurseurs. Lorsqu’on était en groupe, nous avons fait partie des premiers à mélanger de la mélodie avec du beatbox. À chanter, chercher des influences ailleurs que dans le rap. Nous sommes parmi les premiers à avoir compris que le rap - cette musique bâtarde - permettait d’emprunter des influences où l’on veut. Aussi bien dans le rock, le jazz, la musique classique ou punk. Et en faire sa musique. Au-delà du sample, on s’est permis d’emprunter des rythmes, des mélodies. Nous sommes contents aujourd’hui que cela se soit démocratisé. Alors, c’est vrai que c’est bizarre de constater que cette musique qui appartenait à un petit groupe de personne touche aujourd’hui énormément de monde… mais cela nous rend terriblement fiers d’avoir été des pionniers.

Une parenthèse

GUIDO: Vous venez en mode warriors, pour reprendre votre couronne?

Féfé: C’est gentil pour l’image. (rires) Mais on n’est pas là pour ça. Le rap, c’est une musique de jeunes, et on n’arrive pas contre les jeunes. On a défriché, on a fait tout ce que l’on devait faire. Aujourd’hui, on revient pour s’amuser. C’est de la musique, rien de plus…

Leeroy: Féfé & Leeroy, ce n’est pas le retour du Saïan Supa Crew. C’est juste la première fois que nous bossons en binôme. Après l’expérience de groupe, nous sommes partis en solo. Féfé et moi ne nous sommes jamais arrêtés, on a toujours exploré de nouveaux horizons. Féfé a sorti trois albums en solo, j’ai bossé sur pas mal de projets. Donc, je pense que l’on peut parler de continuité dans notre démarche à tous les deux.

Féfé: Ce projet, je le vois comme une récréation. On vient juste pour nous amuser, pour les bonnes vibes.

GUIDO: Les influences sont nombreuses sur cet album. C’est même assez réducteur de vous étiqueter comme des rappeurs.

Féfé: À l’époque du Saïan, nous avons un peu défrayé la chronique parce que nous ne ressemblions à aucun autre groupe de rap. Ce projet en duo va dans le même sens.

GUIDO: Ce nouveau chapitre, c’est d’abord et avant tout une histoire d’amitié?

Féfé: Carrément! On s’est régulièrement croisé ces dernières années. J’ai invité Leeroy sur quelques dates de concerts. Et il a fait de même. Nous sommes toujours restés en contact. Et cela fait quelques années que ce projet en binôme trotte dans nos têtes. Tu sais, notre lien n’a jamais été rompu après la dissolution du Saïan. J’ai bien évidemment suivi de près le parcours de Leeroy et je trouve qu’il s’est encore bonifié au fil des années. C’est bien simple, il fait partie selon moi des meilleurs rappeurs au monde.

Leeroy: La seule pression que nous avons avec ce projet, c’est de kiffer. Notre objectif, c’est de retrouver le frisson des premières fois. Nous avons tous les deux été à la base de plusieurs projets, et c’est chaque fois au début que c’est le plus excitant. Quand Féfé a sorti son premier album solo, j’ai pris une fameuse claque. Il a une manière absolument unique de construire des morceaux. Sincèrement, je suis son premier fan et cet album en duo, cela fait quelques temps que j’en rêvais.

Féfé: On considère cet album comme une parenthèse dans nos parcours respectifs. Les meilleurs albums des groupes sont d’ailleurs très souvent les premiers. Tu n’auras qu’un seul album de Féfé & Leeroy, car ce sera de toute façon fini pour nous dans un an.

Un projet musical avec une date de péremption programmée

GUIDO: Même si ce projet se veut avant tout récréatif, vous envoyez du lourd sur 365 jours!

Leeroy: Tu sais, ce n’est que de la musique. On bosse dur, c’est vrai, mais on ne se prend pas la tête. La mélodie, c’est de l’air. Ce n’est rien et en même temps, c’est tout. La musique, c’est arriver à un équilibre parfait entre être sérieux et ne pas se prendre la tête. On arrive avec plein d’idées, Féfé a toujours plein de mélodies en tête. De suites d’accords, de beats et de breakbeats. On a toujours essayé d’aller au bout de nos idées. On ne sait pas faire autrement que bosser. C’est dans notre nature.

GUIDO: Le rap est devenu tellement riche qu’il existe aujourd’hui de nombreux courants…

Leeroy: Féfé et moi écoutons beaucoup de musique. On essaye de rester au contact et d’écouter tout ce qui sort afin de rester à la page. On a des affinités avec pas mal d’artistes. Je ne pense pas que l’on puisse parler d’amitiés par contre. C’est ce que l’on appelle le ‘rap game’. On s’apprécie, mais il y a tout de même une certaine rivalité entre les artistes.

GUIDO: Sérieusement, vous faites le point dans un an et voyez à ce moment-là si vous continuez?

Leeroy: Pas du tout, c’est le premier projet musical avec une date de péremption programmée. L’album sort le 30 août 2019… et le 30 août 2020, c’est fini. Au revoir et merci.

Féfé: C’est un concept. L’album s’appelle 365 jours. Les gens pensent que c’est une blague, mais ce n’est absolument pas le cas. On trouve qu’il est important de se réapproprier le temps. On n’a plus le temps de prendre le temps. On a voulu d’une manière un peu gonflée, c’est vrai, nous donner un peu de préciosité.

GUIDO: Depuis les débuts du Saïan, le monde a pas mal évolué. Vous en parlez d’ailleurs dans plusieurs morceaux…

Féfé: Moi, j’ai du mal… Mal de vivre dans un monde où l’apparence est tellement plus importante que ce que l’on est vraiment. Mais en même temps, j’ai l’espoir. L’être humain va dans l’excès, et puis ensuite je pense que l’on s’en sortira. Nous sommes dans un cycle, on va vers un autre cycle. Notre génération, c’est clair qu’il y a plein de choses que l’on ne comprend pas. Tu vois des gens qui sont des stars… mais tu ne sais pas ce qu’ils font. En même temps, je suppose qu’on a ce qu’on mérite. On est dans une glorification du néant. Leeroy et moi ne sommes pas en rejet, on analyse et on est curieux. On essaye de comprendre ce qui se passe et d’en parler, comme dans le morceau Vie de robot. Humains partout, humanité nulle part. C’est ça, la conclusion de ce morceau. Et c’est clair que l’avenir nous fait peur.

Féfé & Leeroy: 365 jours (Tôt ou Tard/PIAS)

Féfé & Leeroy seront en concert le 12 octobre au Reflektor à Liège

Photo: (c) Xavier Dollin


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