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19/12/2019

TINDERSTICKS: Love me Tinder…

Avec trois décennies au compteur, les Tindersticks font aujourd’hui figure de vétérans sur la scène musicale anglaise. Pourtant, alors que Stuart Staples et ses acolytes pourraient tout doucement penser à la pension, le groupe n’a jamais été aussi créatif et excitant. Rencontre avec Stuart Staples, tête pensante et chantante du quintet britannique.


GUIDO: Stuart, GUIDO est un magazine destiné aux étudiants. Je pense qu’ils seraient curieux de savoir ce que tu as fait comme études…
Stuart
: J’ai arrêté mes études à 16 ans. Je n’en suis pas fier… Je ne parvenais pas à rester assis toute la journée. Je suis originaire de la working class et j'habitais Nottingham, une région minière. La musique s’est très vite imposée comme étant la seule issue pour moi, la seule solution. Nous étions au début des années 80, avec une génération de groupes britanniques absolument incroyables… Soft Cell, Cabaret Voltaire, Dexys Midnight Runners, et bien sûr Joy Division. J’étais fasciné par Ian Curtis, sa manière de chanter a eu un impact énorme sur moi. La musique est très vite devenue le centre de toutes mes préoccupations. Je me suis accroché à mon rêve de devenir musicien.

Le choc des différentes personnalités

GUIDO: Qu’aurais-tu fait si tu n’étais pas devenu musicien professionnel?
Stuart
: Bonne question. Je n’ai pas vraiment été encouragé à développer une carrière artistique par ma famille. Si je n’avais pas réussi comme musicien, je pense que je n’aurais pas eu d’autre choix que de travailler dans les mines comme l’ont fait la plupart de mes amis à l’époque, juste avant les grèves de 1984-1985. J’ai fait quelques petits jobs alimentaires, comme disquaire ou dessinateur, mais ma seule passion, c’était la musique.

GUIDO: Le son des Tindersticks est unique et finalement très éloigné du son des groupes que tu viens de citer.
Stuart
: Ce son, c’est l’addition de l’univers de plusieurs grosses personnalités. Dickon, David, Neil… Des gars avec des goûts très différents. C’est le choc entre ces différentes personnalités qui a façonné le son des Tindersticks.

GUIDO: Tu as choisi de vivre en-dehors de la Grande-Bretagne il y a une dizaine d’années. Un choix étonnant pour un musicien anglophone, non?
Stuart
: J’ai quitté Londres en 2006. L’appartement que nous habitions à l’époque était devenu trop petit avec nos quatre enfants. Nous avons découvert le village de La Souterraine (dans le département de La Creuse) par hasard, sur la route des vacances. C’est drôle, car nous n’avions jamais vraiment parlé d’habiter en France avant de découvrir ce coin. J’aime beaucoup le calme, le mode de vie dans la France rurale.

Entre La Creuse et Ithaque

GUIDO: Aujourd’hui, tu partages cependant ton temps entre la France et une petite île grecque…
Stuart:
 Cette île, nous y avons passé de nombreuses vacances. C’est un endroit magnifique, habité par une communauté de gens absolument extraordinaires, terriblement bienveillants et chaleureux. Au fil des années, Ithaque a pris de plus en plus de place dans ma vie et la vie de ma famille. Aujourd’hui, notre vie se partage entre la Creuse et l’île d’Ithaque. Nous y avons une maison, et c’est d’ailleurs à Ithaque que j’ai écrit les paroles de la plupart des chansons de No Treasure But Hope.

GUIDO: Tu as tout de même appris un peu le français en habitant depuis plus de dix ans en France?
Stuart
: Je te vois venir… (rires) Non, tu ne pourras pas tester mon français aujourd’hui! La Souterraine est un village éloigné de tout et nous avons vécu là-bas comme des ermites. J’ai un peu honte, mais je n’ai quasi pas parlé français là-bas. Je comprends pas mal ce que les gens disent, mais ne parviens pas à m’exprimer. Ma compagne est nettement plus douée que moi pour les langues.

GUIDO: Cet album a été enregistré très rapidement, contrairement aux deux précédents…
Stuart
: En cinq semaines, tout était dans la boîte. Les deux albums précédents avaient été peu à peu construits, et ensuite terminés dans notre studio. Cette fois, ce fut différent. Les chansons étaient prêtes au moment d’entrer en studio.

À l'ancienne

GUIDO: Concrètement, comment parvenez-vous à bosser en groupe en étant géographiquement éloignés les uns des autres?
Stuart
: Ce nouvel album a été conçu à l’ancienne. Nous avons planifié plusieurs sessions de travail ces derniers mois, sans accès à Internet, sans smartphone. Sans le moindre accès à des sources de distraction possibles. Juste un groupe de musiciens qui se retrouvent et jouent ensemble. Cela reste selon moi la meilleure manière de fonctionner. Dans ces conditions, impossible d’ignorer une bonne idée.

GUIDO: Cet album a été précédé par Arrhythmia, un album solo assez expérimental. Le reste du groupe n'arrive pas à suivre ton rythme de travail?
Stuart
: Cet album était tout simplement beaucoup trop expérimental pour qu’il puisse être enregistré sous le nom des Tindersticks. Le titre Memories Of Love dure plus de dix minutes et l’instrumentation est construite sur des sons métalliques. A Year In Small Paintings dure trente minutes et est inspiré des peintures de ma femme (ndlr: Suzanne Osborne, qui a d’ailleurs réalisé le visuel de l’album The Something Rain). Franchement, je ne me voyais pas du tout imposer ces morceaux aux membres du groupe. Cela n’aurait eu aucun sens.

GUIDO: Ton premier album solo date de l’époque où le groupe était dans la tourmente. Le contexte est donc complètement différent cette fois?
Stuart
: Lorsque j’ai enregistré mon premier album solo, je traversais une période difficile. Le groupe était en train de se disloquer, j’étais complètement désemparé. À l’époque où nous avons fondé les Tindersticks, nous avions tous une vingtaine d’années et des rêves en commun. Mais en une décennie, tu deviens une autre personne. Pendant dix ans, nous avons travaillé à un rythme complètement fou d’un album tous les deux ans. Nous avons également beaucoup tourné, partout dans le monde. Certains d’entre nous avaient envie d’autres choses. Avec Leaving Songs, c’était la première fois que j’écrivais des chansons en me disant qu’elles ne seraient pas jouées par les Tindersticks. Je pense que ce premier disque solo représente aussi la première étape vers la musique que j’ai pu composer par la suite avec un album tel que The Something Rain.

Plus soudés

GUIDO: On sent le groupe plus fort que jamais aujourd’hui. Cette pause entre 2004 et 2008 aura finalement été salutaire pour vous?
Stuart
: On ne peut pas vraiment parler de pause. Le groupe a même cessé d’exister pendant un certain temps. Nous sommes sortis exsangues de l’enregistrement de Waiting For The Moon. Ensuite, l’envie n’y était plus. Le miracle, c’est d’avoir pu revenir quelques années plus tard avec un autre line-up. Je n’aurais jamais pensé que je pourrais à nouveau faire partie à nouveau d’un groupe aussi formidable, trouver à nouveau une telle cohésion avec d’autres musiciens. Ce qui est miraculeux, c’est que le groupe est probablement nettement plus soudé aujourd’hui qu’il ne l’était dans les années nonante. Nous sommes aussi certainement plus sereins. Cela fait près de trente ans que je connais Neil (Fraser) et David (Boulter), et ils parviennent encore toujours à me surprendre. Dan (McKinna) a été impliqué dans l’écriture de plusieurs morceaux de l’album tels que The Amputees ou For The Beauty.

GUIDO: Tu nous as décrit le processus d’écriture et d’enregistrement de l’album. Pour ce qui est de la distribution, Internet a complètement changé la manière dont on consomme la musique aujourd’hui!
Stuart
: C’est clair et je ne sais pas trop si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Quand j’avais 15 ans, je devais me déplacer pour acheter un album. Et je devais faire des choix, car mon budget était forcément limité. Du coup, je prenais le temps de découvrir la musique, j’y investissais du temps. La musique était alors plus précieuse, car forcément plus rare. Le fait que tout soit accessible si facilement aujourd’hui, je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose. Si tu n’as pas un tube à proposer, ce n’est pas facile…

The Tindersticks: No Beauty But Hope (City Slang)

Photo: © Richard Dumas


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