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28/07/2020

LYENN: «Pour créer, j’ai besoin de m’extraire de mon environnement quotidien, de m’évader»

Frédéric 'Lyenn' Jacques est un bonhomme étonnant. Alors que tout va de plus en plus vite autour de nous, le fidèle bassiste de Mark Lanegan nous propose un album sans âge à la beauté tranquille et nous fait l’éloge de la lenteur et du doute.


«Adrift a été un album difficile, c’est le fruit de pas mal d’hésitations, de périodes de doute et de remises en question. Douter est selon moi une étape indispensable à la création artistique. Pour créer, j’ai également besoin de m’extraire de mon environnement quotidien, de m’évader. J’ai une pièce à la maison pour pouvoir m’isoler et travailler mais je ne parviens pas à être aussi créatif lorsque je suis chez moi. J’ai besoin d’air, d’espace, de liberté…»

Aventurier dans l’âme, Lyenn décide – après pas mal de tergiversations et un bref séjour à New York - de s’envoler pour Reykjavik en décembre 2018. C’est finalement dans l'un des studios de Sigur Rós qu’il enregistre Adrift, en une seule prise. «C’est très difficile de trouver de l’argent pour enregistrer un album. Au départ, j’ai voulu tout faire tout seul pour des raisons purement budgétaires mais le résultat était beaucoup trop rigide à mon goût. J’avais enregistré mon premier album en Islande il y a huit ans. L’idée d’y retourner s’est très vite imposée comme une évidence. J’y ai retrouvé les musiciens avec lesquels j’ai l’habitude de travailler sans pour autant faire exploser le budget.»

Catch me if you can

Entre Dans Dans – trio inclassable qui propose un mélange d’ambiances psychédéliques, de blues, de rock et de jazz - et les tournées en compagnie du légendaire Mark Lanegan, Adrift n’a pas été ce que l’on peut appeler un accouchement sans douleur… «Composer, c’est vital pour mon équilibre émotionnel. J’adore tourner avec Mark Lanegan, mais les tournées sont des périodes très intenses. Il n’y a pas d’espace, ni de temps d’isolation, ce qui m’est essentiel pour créer. À la base, je dois avouer que j’ai beaucoup de difficultés à savoir à l’avance vers quoi je veux aller, je le découvre en tâtonnant.»

Il faut dire que Frédéric est plutôt insaisissable… Issu d’une famille au sein de laquelle la musique classique occupe une place de choix, il a étudié la contrebasse et le jazz au Conservatoire à Bruxelles, surtout parce que le jazz lui semble nettement moins codifié. «J’ai commencé à jouer de la guitare assez jeune, mais je n’ai jamais étudié la musique avant d’entrer au Conservatoire. J’étais trop âgé pour devenir un très bon musicien classique et j’avais l’impression à l’époque que le jazz laissait plus de place à l’improvisation, était moins exigeant d’un point de vue technique, ce dont je ne suis d’ailleurs plus si sûr aujourd’hui. J’ai besoin d’énormément de liberté et je suis extrêmement curieux et ouvert de nature. En musique bien évidemment, j’écoute aussi bien Billie Holiday ou Nick Drake que Mike Patton et Slayer. Mais pas uniquement… Je lis beaucoup, je suis très éclectique et intéressé par toutes les formes artistiques.»

Sans étiquette

Si l’histoire est jalonnée d’albums dont la sortie a été maintes fois postposée, ou n’ayant jamais vu le jour à cause de l’exigence de leur(s) géniteur(s), Lyenn a heureusement réussi à mettre un point final à ce disque. «Au départ, cet album devait être beaucoup plus expérimental, vraiment très libre. Au final, même si j’y ai introduit pas mal d’éléments mélodiques, Adrift est un album qui me ressemble et je l’assume complètement. J’aime improviser, tester, découvrir, douter… Il y a des personnes chez qui chaque décision est guidée par la raison. Tu auras compris que je ne fonctionne pas du tout ainsi. J’ai besoin de me laisser guider par mes intuitions. J’ai de plus en plus de mal à faire des concessions et entrer dans un carcan. Je dis souvent qu’il faut être en déséquilibre à un moment si l'on veut avancer. L’accouchement de mes albums précédents n’avait déjà pas été facile mais le processus créatif de Adrift a été encore plus compliqué que pour les deux autres.»

Difficile à étiqueter, le bien-nommé Adrift (À la dérive) n’est évidemment pas un album pour les gens pressés. C’est un disque qu’il faut prendre le temps d’apprivoiser, une œuvre fragile sur laquelle plane la voix plaintive du bassiste, évoquant au passage le fantôme de Jeff Buckley ou l’ambiance crépusculaire du magnifique dernier album de Melanie De Biasio. «En vidant la maison de ma maman il y a quelques mois, je suis tombé sur une série de photos de mon père en train de faire le poirier ou des cumulets sur une plage balayée par le vent. Ces clichés collaient bien avec le titre de l’album. À la dérive… Il y a eu de nombreuses bourrasques mais je suis extrêmement fier de ce disque.»

Photo: © Sébastien Forthomme


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