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26/02/2021

SUZANE: «Quand j’étouffe, j’ai tendance à prendre des décisions assez radicales»

Elle est sans conteste l’une des plus belles révélations de la scène musicale française de ces derniers mois. Venue de nulle part, Suzane n’a pas son pareil pour faire passer des messages percutants par le biais de ritournelles électro-pop diablement efficaces. Avec un seul album sous le bras, elle marque déjà les esprits. Rencontre avec une artiste plus que jamais en prise avec son époque.


Suzane: Au départ, ma grande passion c’est la danse. J’ai commencé la danse classique à seulement cinq ans. Un véritable coup de foudre en allant voir ma grande sœur. En fait, j’étais trop petite pour être inscrite. La prof m’a finalement acceptée en constatant que j’étais scotchée à la fenêtre tous les mercredis après-midi. À 7 ans, je suis entrée au Conservatoire d’Avignon et j’ai ensuite fait danse-études. Et là, c’est vraiment intense… J’avais cours le matin et ensuite danse de 13 à 19h. Du classique, du jazz, du contemporain. C’était très dur, très compétitif. La danse impose énormément de rigueur, c’est très éprouvant physiquement et mentalement. À 17 ans, j’ai tout plaqué du jour au lendemain. Je n’en pouvais plus, j’étouffais… Et quand j’étouffe, j’ai tendance à prendre des décisions assez radicales.

GUIDO: Comment es-tu passée de la danse à la musique?
Suzane
: J’ai commencé à beaucoup sortir, j’avais besoin de liberté. J’ai continué à danser, mais en club. Cela m’a permis de retrouver l’envie de m’exprimer avec mon corps. La danse et la musique sont des arts étroitement liés. J’ai commencé à chanter vers 13 ans dans les couloirs du Conservatoire. J’aimais les mots, ce sont les mots qui m’ont amenée vers le chant. À 13 ans, j’étais juste une chanteuse de salle de bain, mais mes parents trouvaient que j’avais une jolie voix. Cela m’a donné confiance.

GUIDO: Avec des titres comme SLT ou Pendant 24 heures en duo avec Grand Corps Malade, tu te fais l’écho de milliers de femmes…
Suzane
: C’est triste, mais toutes les femmes ont déjà été victimes de harcèlement au moins une fois dans leur vie. Avec SLT, je décris le quotidien de ces femmes partout dans le monde. J’assume complètement les textes de mes chansons. Les mentalités évoluent petit à petit. Il y a de plus en plus d’artistes féminines qui prennent la parole et cela fait clairement avancer les choses. Mais il y a encore du chemin à parcourir. Car même si le mouvement MeToo a permis aux langues de se délier, il y a encore chaque année des centaines de femmes qui meurent sous les coups de leur compagnon.

GUIDO: Suzane, c’est un peu ton alter-ego. Tu avais besoin de te créer un personnage?
Suzane
: Clairement. Ce n’est pas facile de s’assumer. Naïvement, je trouve que c’est parfois plus facile d’être soi-même en endossant un rôle. Suzane n’a pas peur d’aller au front, pas peur de s’exprimer, de monter sur scène devant des milliers de gens. Dès que j’endosse ma combinaison, je deviens une autre personne. Ou peut-être que je deviens juste moi-même! (rires) Suzane, c’est aussi un hommage à mon arrière-grand-mère, qui était une femme très forte avec une grande sensibilité. J’ai juste supprimé un N par souci d’esthétique.

GUIDO: Tu n’as pas ton pareil pour croquer le quotidien!
Suzane
: Mon job de serveuse m’a énormément aidée. Derrière le bar, rien ne t’échappe. Les personnages de mes chansons, je les connais bien, je les ai tous rencontrés. J’ai écrit pas mal de textes derrière mon bar. 

GUIDO: Comment est née la collaboration avec le Belge Témé Tan sur Il est où le SAV?
Suzane
: Nous nous sommes rencontrés en Chine. Dingue, non? J’ai eu la chance d’y faire une tournée. Témé Tan, j’adore sa voix, sa présence sur scène. En discutant avec lui de tout et de rien, nous avons remarqué que la problématique de l’environnement et des changements climatiques nous touchait tous les deux. À Shanghai, il y a constamment de grands nuages noirs de pollution. D’ailleurs, je me suis rendu compte que je ne voyais pas bien le visage des gens avec cet épais nuage. Nous avons tourné le clip de Il est où le SAV? au Sénégal, dans l’une des plus grandes décharges à ciel ouvert de la planète. Tu sais, des gens y vivent… J’ai envie de faire confiance aux générations futures, mais j’espère qu’il n’est pas trop tard.  

GUIDO: Que dirais-tu aux étudiants qui ont des difficultés à trouver leur voie?
Suzane
: Je ne sais pas si je suis bien placée pour répondre à cette question. J’aurais envie de leur dire de ne pas écouter tous les conseils qu’on leur donne… Lorsqu’à 17 ans j’ai tout envoyé valser, mes parents étaient super-inquiets. Et l’inquiétude, cela ne permet pas de prendre le recul nécessaire afin de pouvoir prodiguer des conseils avisés… Pire, cela peut même finir par freiner. Ce que je vais dire est assez bateau, mais je pense que le plus important, c’est d'écouter son instinct. Croire dans son rêve d’enfant, et tout faire pour l’ancrer dans la réalité.

Suzane: Toï Toï (PIAS)

Photo: © Liswaya


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