LAURETTE ONKELINX : "J'étais radicalement opposée au baptême"
Imagine-toi la ministre de la Justice actuelle, les cheveux longs, sabots aux pieds et vêtue d'une longue jupe… En effet, complètement baba cool, Laurette Onkelinx refaisait le monde dans les cafés de Liège durant ses études en droit! Peu de temps après son élection, elle nous en dit plus sur son parcours universitaire.
GUIDO: Quel a été votre parcours scolaire?
Laurette Onkelinx: Après mes secondaires, j'ai fait cinq années de droit à l'université de Liège. J'avais d'abord hésité avec l'interprétariat, j'avais en effet déjà passé l'examen d'entrée. Mais, j'ai vite opté pour le droit.
GUIDO: Quelle genre d'étudiante étiez-vous?
Laurette Onkelinx: J'étais pas vraiment assidue mais je n'étais pas non plus une guindailleuse. Il faut m'imaginer plus jeune, les cheveux longs, avec une longue jupe et des sabots! Complètement baba cool! Je sortais plus dans les cafés, on faisait des petites réunions entre amis pour refaire le monde…
GUIDO: Vous n'avez pas envisagé de faire votre baptême?
Laurette Onkelinx: Non. Ça ne m'intéressait pas du tout! J'y étais même radicalement opposée. Je continue à ne pas être à l'aise vis-à-vis de cela, surtout à cause des humiliations qu'ils y font subir.
GUIDO: Vous étiez impliquée dans un cercle durant vos études?
Laurette Onkelinx: Non, je m'impliquais plutôt dans la société civile. J'ai aidé une association qui venait en aide aux femmes battues, j'ai donné des permanences de conseil juridique au profit des plus démunis. J'étais donc plus impliquée dans des associations de ce type et non dans des cercles d'étudiants ni dans des jeunesses de partis politiques.
GUIDO: Quel regard portez-vous maintenant sur vos études?
Laurette Onkelinx: Ça a été une réussite totale car ces cinq années m'ont permis une ouverture à la vie, à la connaissance. On côtoie d'autres cultures, c'est un moment extrêmement riche en ce qui concerne les rencontres. C'est inouï ce que ça peut façonner une personnalité pour la vie. Personnellement, j'en suis très heureuse parce que j'ai goûté à la différence et donc à la tolérance. Les études universitaires nous apportent vraiment ce qoût de la connaissance qui est essentiel et qui compte beaucoup pour les libertés individuelles.
GUIDO: Concernant votre choix d'études?
Laurette Onkelinx: Je suis très contente d'avoir opté pour le droit. Ça rentrait dans cette volonté d'avoir une possibilité de toucher à tout par la suite, d'avoir une connaissance de base, une structure de pensée qui peut m'amener à goûter à pas mal de choses. J'ai eu des professeurs merveilleux qui m'ont donné cette envie de continuer à apprendre.
GUIDO: Vos études sont-elles utiles pour votre poste actuel de Ministre de la Justice?
Laurette Onkelinx: Il y a pas mal de licenciés en droit parmi les ministres. Il n'en faudrait pas trop parce qu'il faut une juste représentation de la société. Il faut aussi des personnes qui n'ont pas fait d'études, un mélange. C'est évident que c'est un cursus qui aide beaucoup pour la gestion d'un Ministère.
GUIDO: Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer dans la politique? De quelles qualité faut-il faire preuve?
Laurette Onkelinx: D'abord, il faut s'intéresser à la politique et se dire que c'est essentiel. Pour reprendre la formule: 'Si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s'occupe de vous'. Préparer l'avenir, permettre à ses rêves de devenir réalité, il faut y croire. Même si c'est parfois difficile de faire certains compromis, la politique reste quelque chose de merveilleux. C'est vraiment un secteur où l'on peut forcer un changement quand on l'estime nécessaire. Il faut aussi avoir des convictions politiques, savoir où l'on se situe, où sont ses choix. Il faut oser, avoir de l'enthousiasme. Au PS, on a toute une série de jeunes qui viennent aider et se lancent. Petit à petit, ils se proposent pour être reconnus comme mandataires. Alors, le chemin peut être ouvert…
Sébastien Daloze