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21/02/2017

FANNY GILLARD: «Nos soirées étaient tellement folles qu'on avait l'impression que la maison allait s'effondrer!»

Décalée, tel est souvent l'adjectif qu'on utilise pour décrire la pétillante Fanny Gillard qui est depuis le début de l'année l'animatrice en charge de l'émission musicale de la RTBF, D6bels On Stage. Avec ses nombreux tatouages mais surtout sa manière si personnelle de donner une touche 'fun' à ses interventions, c'est clair qu'elle ne passe pas inaperçue dans les couloirs de Reyers. C'est chez elle, à Namur, que nous avons abordé son parcours universitaire.


GUIDO: C'est parce que tu as toujours été attirée par la comédie que tu as étudié au Conservatoire de Liège?

Fanny Gillard: Oui. Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours rêvé de faire de la télé ou du cinéma. L'envie de faire de la radio et la conscience du fait que c'était ce que je voulais vraiment faire m'est venue par après. Le fait de jouer la comédie, d'attirer le regard, m'a procuré la reconnaissance dont j'avais besoin et je ne m'en suis jamais cachée.

Le clown de service

GUIDO: Quand on voit tes tatouages et qu'on connaît ta personnalité assez rock'n'roll, on pourrait se dire que ça ne colle pas avec le Conservatoire...

Fanny Gillard: En effet, quand je suis arrivée au Conservatoire, j'en avais encore l'image que j'avais étant enfant: un lieu digne de Fame! Un endroit où tout le monde est cool, gentil, où on peut faire des conneries mais où on se marre bien, où on est un peu fou, sauvage et où on fait la fête… En découvrant ce que c'était réellement, je me suis dit «ah merde», en fait ce sont des études très sérieuses, c'est très 'masturbation de cervelle', très intellectuel. Je me suis retrouvée en quelque sorte prise au piège car j'ai la manie d'aller au bout des choses que je commence! Et puis surtout, je ne savais pas quoi faire d'autre…

GUIDO: Tu n'as pas de regret aujourd'hui de ne pas avoir choisi des études qui te correspondaient plus?

Fanny Gillard: Je suis très contente d'avoir fait ces quatre années. On me dit souvent que j'ai 'un truc en plus' au niveau de l'orthophonie et je pense que ça vient de là car on y travaillait énormément la langue. Et j'en reviens toujours à cette question: qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre? Donc, je ne regrette pas du tout de l'avoir fait même si j'ai rapidement pris conscience que je n'étais pas tout-à-fait à ma place là-bas.

GUIDO: Ce décalage que tu cultives aujourd'hui existait-il déjà à l'époque?

Fanny Gillard: Je pense que ce décalage a toujours été là. Pourquoi je suis comme ça? Je n'en sais rien! Mais oui, j'étais clairement en décalage.

GUIDO: À quoi ressemblait la Fanny Gillard étudiante? 

Fanny Gillard: Elle ne prenait pas au sérieux tout ce qu'on lui disait, elle ne le prenait pas au pied de la lettre. Je n'arrivais pas à croire ce qu'on me disait. Il y a une phrase qui m'a traumatisée pendant mes études, venant d'un de mes profs de théâtre: «Fanny, on ne fait pas de théâtre avec des bons sentiments». Ce jour-là a été le seul où j'ai piqué une crise, je ne concevais pas qu'il faille être malheureux, torturé pour faire du théâtre. Ce n'est pas parce que je n'ai pas eu de gros soucis dans ma vie que je ne peux pas faire des choses qui vont vous chercher jusqu'aux tripes. Je n'étais pas d'accord avec ça. Maintenant, je pense comprendre un peu mieux ce que ce professeur voulait dire.

GUIDO: Ce décalage était-il également présent par rapport aux autres étudiants?

Fanny Gillard: J'étais proche de tous, mais j'étais un peu le clown de service. Je me moquais des profs! Ça, je pense que c'est typiquement moi, encore à l'heure actuelle.

Les soirées du 30 avril

GUIDO: À côté de ces études sérieuses, tu devais te défouler en guindaille?

Fanny Gillard: Oui, il y en avait mais nos sorties restaient entre gens du Conservatoire. Je me suis fait plein d'autres amis à Liège à l'époque, mais il y avait toujours un lien avec le Conservatoire. Par exemple, je ne suis allée que trois fois dans le Carré boire une verre, sans plus. Les guindailles étaient donc plus des soirées entre nous, des soirées à thèmes parfois complètement barges. Ce n'était jamais sérieux, il fallait toujours qu'il y ait un minimum de 'déconnade' derrière.

GUIDO: Tu touches également à la musique, c'était déjà le cas à l'époque?

Fanny Gillard: C'est justement l'époque où j'ai commencé, grâce à un noyau à Liège, dont mon mari faisait d'ailleurs partie. C'est ça qui m'a permis de mettre en pratique mes cours de technique vocale, il y avait des choses que je voulais dire à travers la musique.

GUIDO: Comme c'était plutôt rock, qu'en disaient les gens du Conservatoire?

Fanny Gillard: Un exemple concret: quand j'avais des amis qui se produisaient lors de spectacles en dehors des cours, mes profs allaient les voir. Moi, ils ne sont jamais venus me voir en concert! (rires) Mais mes potes, eux, venaient.

GUIDO: Est-ce que tu as des souvenirs particuliers de kot relatifs à cette époque?

Fanny Gillard: Le plus important reste ce qu'on appelait les soirées du 30 avril, puisque le lendemain était un jour de congé. On faisait la fête, des concerts, la maison débordait de gens, chaque étage avait son style musical: au rez-de-chaussée on jouait du rock, au premier du reggae… Ces soirées, pendant quatre ans, étaient phénoménales! La police est même venue parfois, mais surtout pour surveiller qu'on ne faisait pas de bêtises. L'ambiance était tellement folle qu'on avait l'impression que la maison allait craquer et s'effondrer!

Touche pas à mon poste pris au piège

GUIDO: Après tes études, tu es devenue prof d'art dramatique et de déclamation. De nouveau, on a du mal à t'imaginer dans un costume d'enseignante!

Fanny Gillard: J'ai fini par quitter l'enseignement au bout de sept ans car, de nouveau, je ne me sentais pas à ma place. J'étais pourtant une excellente prof, à la fois très dure et très à l'écoute. Je laissais même les élèves me tutoyer, puisqu'il arrivait que j'en côtoie qui avaient le même âge que moi. Et je sais qu'ils me respectaient bien plus que les autres profs qu'ils vouvoyaient. Par contre, c'était plus dur d'avoir la tutelle de la direction, d'avoir certains collègues qui avaient un regard très critique sur moi, d'autres ont été un peu effrayés par ma venue mais ont au final emprunté certaines de mes manières de faire.

GUIDO: Après ces sept années en tant que prof, tu débarques enfin en radio. Et quelques années plus tard, en télé…

Fanny Gillard: Ça s'est fait par hasard: la météo et Mobilinfo allaient passer à une version télé, j'ai donc passé le casting pour en être la présentatrice. On m'a acceptée, puis refusée, puis ré-acceptée et re-refusée, c'était assez bizarre! Début septembre, on m'a annoncé que quelqu'un d'autre était pris, mais il fallait quand même une remplaçante pour la présentatrice, j'ai donc dû repasser le casting, cette fois avec mes tatouages bien visibles et en disant ouvertement que j'avais l'impression qu'on s'était moqué de moi et que j'allais leur faire une présentation à ma sauce! J'ai donc présenté la météo en déconnant à crever. C'est ce que je voulais et rien d'autre! Quelques jours après, on m'a rappelé, me disant que c'était un concept génial, que c'était bon!

GUIDO: Tes prestations sont tellement farfelues qu'il t'est arrivé de te retrouver dans une séquence de Touche pas à mon poste!

Fanny Gillard: Oui! J'étais au concert de Massive Attack à Forest National, j'avais mon téléphone dans mon sac qui n'arrêtait pas de me notifier des messages. Je vois alors des dizaines de messages Facebook, de captures d'écran et de SMS, j'ai donc regardé la vidéo qu'on m'envoyait: une séquence de Touche pas à mon poste où ils avaient repris une de mes émissions en pensant que j'étais sérieuse, alors que pas du tout! (ndlr: un sketch mettant en scène sa fille qui vient perturber la météo)

GUIDO: Tu sembles maintenant comme un poisson dans l'eau à l'animation de D6bels On Stage!

Fanny Gillard: C'est une émission qui me correspond vraiment, ce qui n'était pas le cas avec les Jeux Olympiques. Mais mon passé de comédienne me permet justement de me glisser dans n'importe quel rôle! Je peux tout faire grâce à mes années d'études.  

Photos: (c) Aude Vanlathem
 

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