CARLO DI ANTONIO, fondateur du Dour Festival
Homme aux multiples facettes, Carlo Di Antonio ne se contente pas d’être l’organisateur du festival le plus important de Wallonie. Il est aussi complètement investi en politique au sein de son parti, le cdH. De Louvain-la-Neuve à Dour, il nous livre ici les péripéties de son parcours universitaire pour le moins exemplaire.
«FAIRE LA FETE OUI, MAIS SANS ALCOOL»
GUIDO: Pourriez-vous nous décrire en quelques mots votre parcours scolaire?
Di Antonio: Je suis ingénieur chimiste et des industries agricoles, une des orientations d’ingénieur agronome. J’ai fait mes études à Louvain-la-Neuve. Après, j’ai entrepris un doctorat en sciences que je n’ai pas terminé pour revenir vers Dour et créer une petite entreprise dans le domaine de la chimie. En même temps, j’ai créé le premier festival, ce qui était au début juste une passion à côté de mon entreprise. Je voulais faire un petit divertissement dans la commune une fois par an. Evidemment, ça a pris l’ampleur qu’on connaît maintenant.
GUIDO: Vous étiez plutôt guindailleur ou bloqueur ?
Di Antonio: J’étais en équipe nationale universitaire de course à pied. Donc, faire la fête oui, mais sans alcool. Les entraînements étaient très durs et il fallait respecter un certain nombre d’heures de sommeil. J’ai aussi fait beaucoup de compétitions à l’étranger.
GUIDO: Vous n’avez donc pas fait votre baptême?
Di Antonio: Il n’y en avait pas directement à Louvain-la-Neuve à l’époque. On devait aller les faire à Gembloux. Je ne l’ai donc pas fait.
GUIDO: Gardez-vous un bon souvenir de vos études?
Di Antonio: Oui, évidemment. La grande chance de Louvain-la-Neuve, c’est ce mélange sur le même campus de toutes les facultés différentes. Il y a donc à la fois des gens qui viennent de toute la Belgique francophone mais qui partent aussi dans toutes les directions différentes (de droit à ingénieur ou éducation physique). Le regroupement dans une université de tant de formations différentes permettait de rencontrer des gens très différents. J’étais dans un kot-à-projet de 10 personnes. Ce kot gérait la promotion des activités sportives pour les étudiants. On organisait quelques manifestations sur l’année et on participait aussi aux 24 heures. C’était très intéressant car ce kot-à-projet rassemblait aussi des gens très différents. La partie organisation sportive m’a aussi appris pas mal de choses.
GUIDO: Aviez-vous déjà la passion des festivals et de la musique en général à cette époque?
Di Antonio: C’est plutôt venu petit à petit. J’étais un grand fan de Arno à l’époque. Je ne ratais aucune de ses prestations. Je n’allais pas à Werchter par exemple, qui était à l’époque presque le seul festival. Je n’étais pas un habitué de ce genre de grands rassemblements.
GUIDO: Quelle a été votre motivation pour créer ce festival?
Di Antonio: Je voulais vraiment créer quelque chose dans notre région. Quand je suis revenu de Louvain-la-Neuve où il y avait des tas d’activités culturelles proposées, je me suis trouvé très vite à l’étroit dans ma région. J’ai trouvé qu’il manquait vraiment quelque chose de porteur pour notre région au niveau culturel et festif.
GUIDO: Vous êtes aussi intéressé par la politique. Durant vos études, vous étiez déjà engagé politiquement?
Di Antonio: Quand j’étais étudiant, j’avais participé à la création de la section locale d’Ecolo, qui n’est pas le parti dans lequel je suis actuellement (ndlr: le cdH). Pendant deux ans, j’ai participé à ce projet. Ensuite, je me suis orienté vers deux autres combats. Le premier, c’était de lutter contre l’installation des missiles nucléaires en Belgique. Deuxièmement, il y avait aussi le mouvement étudiant. Mais, Ecolo, c’était la première parenthèse. Maintenant, ce qui m’intéresse, c’est de permettre le développement économique de la région.
(SD)