MAUREEN & DAVID: "On veut être partout où ça se passe, notamment dans les fêtes estudiantines"
C'est sur la terrasse d'un café de Bruxelles, sous une chaleur écrasante, que nous avons rencontré Maureen et David, les jeunes animateurs de "Tu passes quand tu veux", l'émission quotidienne de La Deux consacrée aux jeunes. Pour ceux qui en douteraient encore, ils nous ont clairement prouvé que leur spontanéité, leur bonne humeur et leur décontraction n'étaient pas confinées aux simples murs de leur studio.
GUIDO: Vous entamez une nouvelle saison de "Tu passes quand tu veux". Ce qui veut dire que le public a répondu présent au rendez-vous.
Maureen: C'est clair que ça a vraiment bien décollé. On est parti de rien, des visages inconnus, un nouveau concept. Surtout pour la RTBF car il n'y avait encore rien qui avait été dans ce genre-là. Il y avait eu auparavant 'Luna Park' mais ce n'était pas vraiment la même approche…
David: Ça remonte aussi à quelques années… Bref, notre émission a commencé avec un certain nombre d'auditeurs (Forest National, précise Maureen) et ça a été décuplé, on avait alors une moyenne de 40 à 45.000 personnes par jour.
Maureen: On a subi une bonne évolution, on y a été crescendo. Grâce à notre site, on a aussi pas mal de feedback. C'est là que les gens nous envoient des commentaires ou des félicitations, des remarques, des idées pour nos prochaines émissions. On se rend compte grâce à cela aussi que les gens ont accroché au concept et adhère à notre émission.
GUIDO: C'est votre première expérience télé?
Maureen: Pour ma part, je n'avais jamais fait de télé ni de média du tout.
David: Auparavant, j'ai été animateur sur NRJ durant deux ans. C'est notamment grâce à ça que j'ai pu intégrer l'équipe.
EN RAMPING POUR ECHAPPER AU BAPTEME
GUIDO: En ce qui concerne vos études…
Maureen: J'ai étudié à l'IHECS ici à Bruxelles, une école de communication. Durant les deux dernières années, j'ai choisi la pub comme spécialisation. Ça n'a pas grand chose à voir avec la télé mais c'est quand même de la communication!
David: Moi, ce fut très bref! J'ai arrêté en quatrième secondaire parce que ça ne me plaisait pas (rires). Les études, c'était vraiment pas mon fort, par contre les guindailles… Je voulais être animateur radio et de fil en aiguille, j'y suis arrivé. Par contre, animateur télé, ce n'était pas vraiment dans mes objectifs. J'animais 'My NRJ', une émission du soir, je faisais cinq heures de radio par jour. J'ai arrêté parce que l'émission télé me prenait trop de temps.
Maureen: L'air de rien, l'émission nous prend pas mal de temps. Ça ne dure qu'un quart d'heure et pourtant, c'est quasiment un temps plein. On a tous les reportages en extérieur, plus les plateaux et la préparation des plateaux. Derrière tout ça, il y a une équipe, on n'est certainement pas tout seuls. Les gens ne se rendent pas forcément compte que 15 minutes d'émission prennent autant de temps.
GUIDO: Tu as fait ton baptême durant tes années étudiantes à Bruxelles?
Maureen: Non, je n'ai pas fait mon baptême. A priori, je n'aime pas trop la bière. Je sais qu'on peut le faire à l'eau. Au vin, ça ne va pas le faire non plus! (rires) Je n'étais pas branchée baptême, je ne suis pas contre les TD, les fêtes d'étudiants mais le baptême en soi ne m'a jamais vraiment attiré. J'ai pourtant plein d'amis qui l'ont fait. A l'époque, ils m'avaient coincé dans une salle pour essayer de gauler les gens de première et les persuader de faire leur baptême. Moi, je suis partie, presque en ramping!
GUIDO: Vous êtes originaires de quel coin de Belgique? David: Je viens de Mons où il y a aussi pas mal de beuveries!
Maureen: Je suis de Liège, la bonne Cité Ardente! J'ai donc été habituée aux fêtes en tout genre, au Carré, etc… Ici, c'est pas le même trip qu'à Liège, c'est moins concentré mais chacune de ces villes gardent leur charme respectif. Je suis contente d'avoir bougé et d'avoir un peu pu voir autre chose. Maintenant, j'ai encore quelques amis à Liège, mais vu que j'ai fait mes études à Bruxelles, tout mon environnement social est ici.
GUIDO: Quel est le must des sorties de Mons?
David: 'Le Chinchin', une ancienne cave avec leur spécialité… le Chinchin, une boisson frappée! Il y a aussi 'l'Arnaque' où il y a énormément d'étudiants. Ça fait déjà un petit moment maintenant et ça a bien changé.
GUIDO: Et à Liège?
Maureen: Maintenant, tous ces établissements sont fermés! (rires) A Liège, il n'y a pas des masses de boîtes, il y a beaucoup de cafés. Quoique dans les cafés du Carré, il y a de la musique et les gens dansent entre les tables. Un chouette endroit, c'est 'Chez Bouldou', un bar avec, dans sa cave, une boîte. A l'époque, il y avait 'l'Aquarelle' et aussi 'le Premier', une boîte avec des miroirs partout qui est restée coincée dans la déco des années 8O!
GUIDO: Avez-vous dû changer vos habitudes de sortie suite à votre soudaine médiatisation?
Maureen: On n'a pas vraiment changé nos habitudes mais maintenant, les gens viennent nous aborder…
David: Par rapport à l'image télé qu'on véhicule, les gens nous prennent pour leurs potes. En début de soirée, c'est toujours sympa, en fin de soirée moins…
Maureen: Quand ils commencent à être bourrés, ça peut devenir lourd! Les gens dans l'absolu sont sympas avec nous car ceux qui viennent nous trouver aiment bien l'émission, les autres s'abstiennent, j'imagine. Parfois, tu as aussi envie d'avoir la paix, de ne pas toujours parler boulot, comme tout le monde. Dans notre pays, on est médiatisés mais on n'est pas des grandes stars pour autant. Il n'y a pas de star-system comme en France, par exemple. On peut ainsi vivre relax, sans ennuis.
PISTONS, VANNES ET IMPRO
GUIDO: Quels sont les conseils à donner aux étudiants qui voudraient se lancer dans la télé?
David: Les pistons! (rire général)
Maureen: C'est clair! C'est pas moi qui vais cracher dans la soupe (
ndlr: sa sœur, Barbara Louys, est la productrice de l'émission).
David: Il faut réellement avoir une personnalité. S'identifier à quelqu'un n'est pas mauvais mais il faut quand même donner sa petite touche personnelle. C'est au fur et à mesure du temps qu'on se rend compte de ce qui nous convient le mieux.
Maureen: Je n'ai jamais vraiment été fan de quelqu'un. Il faut trouver sa propre personnalité. A la télé, ce n'est pas non plus facile car tu ne peux pas être exactement comme tu es dans la vie même si tu essaies au maximum de l'être. Au plus tu es naturel, au mieux ça passe. On a quand même une émission où l'on est quand même libre d'être nous-mêmes.
GUIDO: Vous parlez vraiment de ce que vous voulez dans l'émission? Vous choisissez vous-mêmes les thèmes ou vous suivez plutôt une ligne éditoriale?
Maureen: On fait des réunions, des brainstormings avec toute l'équipe.
David: Comme l'équipe se compose essentiellement de filles, les filles peuvent mieux comprendre les différents thèmes abordés. Par exemple, comment perdre trois kilos pour l'été? Les mecs s'en foutent de ce genre de sujets. Les thèmes sont finalement souvent un peu plus féminins.
Maureen: On a quand même le choix. On est libres, une quotidienne, ça demande pas mal de thèmes évidemment. On va devoir se creuser un peu plus pour l'année à venir. On essaie de faire de tout. La psycho intéresse beaucoup, les garçons comme les filles. On essaie donc de trouver des thèmes qui collent à la cible et qui leur plaisent. On fait de tout!
GUIDO: C'est une émission enregistrée mais vous faites preuve de beaucoup de spontanéité? Vous répétez ou c'est de l'improvisation totale en face des caméras?
David: Maintenant qu'on se connaît très bien, elle et moi, on s'envoie des vannes…
Maureen: C'est un peu de l'impro, on a beaucoup de liberté dans les plateaux mais on sait d'où l'on vient et où l'on va. On a des trucs à dire dans le fond mais on est plus libres sur la forme.
David: On a nos petites fiches comme les vrais animateurs! A un moment, un truc passe par la tête…
Maureen: … et ça part dans l'autre sens.
David: Et si ça part mal, on a toujours l'occasion de recommencer vu que l'émission n'est pas en direct. Maureen: On a une ligne de conduite, on l'agence un peu à notre sauce. C'est ça aussi qui fait notre côté spontané.
LE GUIDO DE LA TELE
GUIDO: Une nouvelle saison commence en septembre, y aura-t-il de grands changements par rapport à l'année passée?
Maureen: Au niveau du contenu, on voudrait que ce soit plus riche en infos. On veut aussi essayer d'être un peu partout où ça se passe. Notamment dans les fêtes estudiantines, dans toute la Belgique. En effet, on n'est pas seulement regardés à Bruxelles mais les gens nous regardent de partout en Wallonie. Les gens veulent qu'on passe chez eux mais le problème, c'est qu'on est très limités par le temps.
GUIDO: Quelle est votre réelle cible? Les étudiants? Les 15-25 ans?
David: La cible officielle, ce sont les 15-25. Ce qu'on remarque, c'est qu'il y aussi bien des gens plus jeunes que plus âgés qui nous suivent. On dirait que c'est un peu la famille qui regarde. Ce n'est pas très long non plus, on n'a donc pas le temps de se lasser.
Maureen: Mais les thèmes abordés sont quand même plus axés sur l'étudiant. Ça fait seulement deux ans que j'ai fini mes études, donc on est toujours dans cette mentalité-là. C'est pour les jeunes, que ce soit les étudiants ou les jeunes qui travaillent. Ce n'est pas parce qu'on travaille qu'on n'a plus envie de sortir.
GUIDO: "Tu passes quand tu veux", c'est un peu NRJ en télé? David: Plus ou moins. Eux, ils sont leaders sur les 12-24.
Maureen: Nous, on n'est pas leaders! Mais on pourrait le devenir!
GUIDO: Vous êtes quand même leaders dans votre créneau!
Maureen: C'est vrai qu'il n'y a rien d'équivalent sur les chaînes belges.
David: Si le Guido le dit, alors on est leaders!! (rires)
GUIDO: Vous êtes le Guido de la télé!
David et Maureen: (en chœur) Oui, c'est ça!!
GUY ET SIMONE OU LA BLONDE ET L'AHURI
GUIDO: Evidemment, vu que c'est une émission jeune, vous ne pourrez pas la présenter durant vingt ans… Comment voyez-vous la suite? Vous voulez persévérer dans la télé ou faire quelque chose de totalement différent?
Maureen: C'est clair que j'ai envie de continuer. Je ne connaissais pas du tout, je me suis vraiment épanouie là-dedans.
GUIDO: Quel genre d'émissions vous conviendrait le mieux?
Maureen: Pour moi, plutôt un genre de talk-show.
David: Moi, plutôt un jeu. Intervilles par exemple, j'aurais bien aimé faire ça! J'aime assez le côté bordélique! Intervilles, c'était le foutoir et les gens s'amusaient pas mal! Pas un jeu intello: 'Questions pour un champion', c'est hors de question!
GUIDO: Cet été, Maureen, tu as fait des infidélités à David en présentant le journal des Francos avec Manu. Vous vous voyez continuer ensemble dans l'animation ou chacun de votre côté?
Maureen: C'est vrai qu'on forme un duo et que l'un va un peu avec l'autre. Durant les Francofolies, la difficulté, c'est que je n'avais pas David pour lui taper sur l'épaule et pour susciter de l'interactivité.
David: L'avantage dans un duo proche, c'est que quand quelqu'un se plante, on peut toujours compter sur l'autre.
Maureen: C'est beaucoup plus sympa de travailler en duo que seul. Il y a un truc qui se passe. Par contre, quand on est tout seul, on a tout sur les épaules…
David: Le plus important, c'est qu'on a une bonne complicité. On traite ça de manière légère mais les reportages sont accentués, de même que les feintes débiles que je peux me prendre. Le côté blonde, fifille qu'elle peut avoir et moi, le côté ahuri: c'est là-dessus qu'on joue.
Maureen: On fonctionne bien à deux mais il reste à voir ce qu'on peut nous proposer. C'est clair que l'émission ne durera plus dix ans. On sera alors périmés, plus du tout crédibles. On parlera des pensions, des pré-pensions! (rires)
David: Je serai peut-être le Guy Lux, et toi, Simone… (rire général)
Sébastien Daloze