Une rentrée en farce pour FRANÇOIS PIRETTE
Récemment transféré à RTL-TVI, François Pirette est sur tous les fronts: une émission de divertissement en préparation, un one-man-show imminent et une nouvelle adaptation théâtrale en chantier. Il a tout de même trouvé quelques minutes dans son emploi du temps chargé pour répondre à nos questions!
GUIDO: On a beaucoup parlé de votre transfert à RTL-TVI, quelle a été votre principale motivation à changer de cap?
FRANÇOIS PIRETTE: Ma première motivation était de continuer à faire mon métier, avant toute autre considération. Et de le faire avec des gens qui en avaient envie. En effet, on ne travaille pas avec une chaîne, mais avec des gens. Je ne partageais plus depuis quelque temps les mêmes envies que la RTBF alors qu'en face, on s'est découvert des atomes crochus quasi immédiats et spontanés. Donc, personnellement, je ne parlerais pas de transfert d'une chaîne à une autre, mais plutôt de travailler avec des gens qui étaient heureux d'envisager ce projet commun.
'Je ne suis pas un salarié de RTL-TVI'
GUIDO: Quels sont vos projets en collaboration avec la chaîne privée?
FRANÇOIS PIRETTE: D'abord, il est important de dire que je ne suis pas devenu un salarié de RTL-TVI! Cela fait même 10 ans que je ne collaborais plus avec la RTBF que pour quelques projets par an. J'ai trois commandes bien distinctes de la part de la chaîne: je fournirai donc à RTL des émissions de divertissement à raison de quatre rendez-vous annuels, un one-man-show et une pièce de théâtre.
GUIDO: Peut-on en savoir un peu plus sur ces émissions?
FRANÇOIS PIRETTE: Ce ne seront pas des émissions de variété au sens premier de la chose, ils font très bien cela ici, ils n'ont donc pas besoin de moi pour ça! Durant 10 ans à la RTBF, je n'ai fait que proposer des one-man-shows enregistrés dans des théâtres. Maintenant, on m'a permis d'élargir un peu la palette pour divertir les gens, en pastichant la télévision, en tournant des mini-fictions, etc. Tout cela dans une émission de télévision qui sera captée en public, mais dans un studio de télé. Avant, la télévision venait sur mon terrain de prédilection et cette fois-ci, c'est moi qui ai apporté mon travail dans un studio de télé. Ce sera de la matière exclusivement conçue pour la télévision, ce sera de la nouvelle matière que personne n'aura encore pu connaître au théâtre, comme c'était le cas auparavant.
'Je suis trop paresseux'
GUIDO: En ce qui concerne le one-man-show, y aura-t-il des changements par rapport à vos précédents spectacles? Des nouveaux personnages?
FRANÇOIS PIRETTE: Il est évident que je ne peux pas du jour au lendemain abandonner toutes les références que j'ai en connivence avec le public depuis quelques années. Les personnages resteront bien sûr dans les one-man-shows, mais pas forcément dans mes émissions.
GUIDO: Jean-Marie Bigard qui organise un de ses spectacles dans un stade de foot de 50.000 personnes, c'est quelque chose qui vous intéresserait?
FRANÇOIS PIRETTE: A ma dimension belge, en me produisant à Forest National, j'ai déjà pu expérimenter ce genre de spectacles. Je suis très heureux de l'avoir fait, mais aller au Stade Roi Baudouin juste pour le fait d'y aller ne m'intéresse pas. Mais y jouer un spectacle que j'irais concevoir avec Franco Dragone qui a le talent et la science pour monter des spectacles à la dimension de l'endroit, pourquoi pas! J'extrapole bien entendu!
GUIDO: Beaucoup de comiques puisent leur inspiration à une table de café en regardant les gens autour d'eux. Est-ce là votre façon de travailler?
FRANÇOIS PIRETTE: Je n'ai jamais opéré de cette façon, je suis trop paresseux pour ça! Souvent, je m'inspire, comme beaucoup de gens dans le métier, de mes angoisses ou de mes doutes et je les mets en scène dans des sketches avec des personnages qui sont plus inspirés de ma famille que des gens de la rue. Je viens d'un milieu dit populaire, c'est peut-être pour ça qu'une espèce de mayonnaise a pris entre le public et moi. Je ne renie rien, au contraire. Je joue les personnages avec beaucoup de tendresse car pour la plupart, ils me sont proches.
GUIDO: Qu'est-ce que vous diriez maintenant à tous les 'Kevin' de Belgique?!
FRANÇOIS PIRETTE: Pardon! Aujourd'hui, il y a beaucoup de gamins ou d'ados qui me demandent des autographes en me disant tout gêné qu'ils s'appellent Kevin. Je me renseigne quand même pour savoir si c'est vrai car il y en a beaucoup qui en blaguent. Un autre exemple, Nathalie, c'est ma sœur. La pauvre! C'était juste un clin d'œil de tendresse.
'On se doit de rire de tout'
GUIDO: Est-ce que vous mettez certaines limites à votre humour?
FRANÇOIS PIRETTE: Selon moi, on ne doit pas demander la permission de rire de quelque chose. Le rire touche l'intimité des gens, c'est d'ailleurs pour cette raison que parfois le rire blesse. Par exemple, si quelqu'un tombe devant vous sur le trottoir, vous ne lui demandez pas l'autorisation d'en rire, c'est spontané. Roberto Benigni (dans la 'Vie est Belle") est parvenu à faire rire des millions de gens avec un des plus grands drames de l'humanité. Autrement dit, tout est dans la manière. On se doit donc de rire de tout.
GUIDO: L'idée de faire du cinéma ne vous a jamais titillée?
FRANÇOIS PIRETTE: J'ai une commande pour l'instant d'une production que j'écrirais et jouerais. C'est très tentant, mais je ne sais pas si j'en ai le talent. Je n'ai pas envie de tenter le coup juste pour le plaisir de faire du cinéma et d'avoir ma tronche sur grand écran. Mais ce n'est pas à moi d'y penser mais aux autres, ceux qui font des films! (rires) J'en crève d'envie évidemment, mais je ne suis pas sûr d'être à la hauteur.
GUIDO: Vous avez déjà adapté 'Le Père Noël est une Ordure' et 'La Bonne Planque' au théâtre. N'auriez-vous pas envie de créer votre propre pièce de théâtre?
FRANÇOIS PIRETTE: Je ne me sens pas encore assez mature pour écrire une pièce de théâtre, en tout cas le genre de théâtre que j'aimerais expérimenter. Je veux faire du théâtre de divertissement, mais beaucoup plus amer que ce que j'ai pu jouer jusqu'ici. J'ai quelques projets sous le coude, mais toujours sur des sujets très glauques, doux-amers, malsains, … Des sujets que je traiterai de manière comique, évidemment.
GUIDO: Vous avez entrepris des études en publicité à Mons. Quel genre d'étudiant était alors Thierry Van Cauberg (ndlr: le vrai nom de François Pirette)?
FRANÇOIS PIRETTE: J'ai juste été inscrit, dans la dernière école où il était possible de s'inscrire car je devais faire mon service militaire. C'est là que j'ai rencontré un de mes profs, producteur à la radio à Mons, à qui j'ai demandé de me trouver un job d'étudiant pour le week-end. J'ai donc été engagé en tant que standardiste. Trois mois plus tard, j'étais déjà sur antenne. En ce qui concerne les guindailles, j'en ai fait plus que si j'avais vraiment été étudiant. J'ai beaucoup pratiqué le Carré à Liège, le Taj Mahal de la guindaille!
Nous avons soumis 3 choix improbables à François Pirette, voici ses réponses:
La princesse Mathilde ou la princesse Claire?
FRANÇOIS PIRETTE: Ça dépend, pour faire quoi! Leur parcours personnel m'intéresse. S'il s'agit d'aller dîner un soir avec quelqu'un pour savoir comment elle envisage sa vie, je dirais plutôt Mathilde.
Poelvoorde ou Geluck?
FRANÇOIS PIRETTE: Si c'est pour passer une nuit, ce serait ni l'un ni l'autre! Pour boire, Benoît et pour dîner, Philippe!
François l'Embrouille ou Jean-Yves Lafesse?
FRANÇOIS PIRETTE: Pour boire, François et pour manger, Jean-Yves! Si on remonte un peu, je peux maintenant mieux répondre à la première question: Si c'est pour boire, c'est avec Claire, si c'est pour manger, c'est avec Mathilde!
(SD)