GHINZU souffle tout sur son passage
'Plus on coupe, plus ils s'aiguisent', tel est le slogan d'une marque de couteau japonais répondant au nom de Ghinzu. Il n'est donc pas étonnant que la révélation rock de cette année 2005 ait opté pour ce patronyme qui ne leur correspond que trop bien. Nous avons rencontré son leader charismatique, John Stargasm, qui a répondu à nos questions.
GUIDO: Alors que votre carrière est bien lancée en Belgique, voilà que vous conquérez la France, comment tout cela s'est-il enchaîné?
John : On ne s'y attendait pas du tout. Je peux même dire qu'on a été plus qu'agréablement surpris. C'est la première fois qu'on a la chance de partir dans un autre pays avec des moyens, ce qui nous a donné l'occasion d'être à ce point visible. On a ainsi saisi notre chance du mieux qu'on a pu et on s'est donné à fond, que ce soit pour la promotion en France ou lors de nos prestations scéniques qui ont été super bien accueillies là-bas.
"Tout est bon à prendre"
GUIDO: Ghinzu a même participé à Taratata, émission culte s'il en est!
John : Ce fut vraiment une très bonne expérience. Graphiquement, l'émission ressemble fort à ce qu'elle était dans le passé, avec la même ambiance qui règne sur le plateau. Mais techniquement, je trouve que leurs effets d'image sont impressionnants. Ce jour-là, les invités étaient Corneille, Raphaël, La Grande Sophie, … On était donc bien entourés!
GUIDO: L'Olympia est prévu pour le 13 juin, le stress est-il en train de monter doucement?
John : Que l'on joue devant 10, 1.000 ou 10.000 personnes, il y a toujours la même énergie. Il est clair que l'Olympia est une salle mythique et prestigieuse, mais on va essayer de jouer à ce concert comme on le ferait lors de nos autres scènes. De cette façon, on essaie de ne pas trop se mettre la pression et d'assurer à mort.
GUIDO: Alors que vous jouissez d'une bonne réputation dans nos frontières, n'est-ce pas trop dur de repartir à zéro en France?
John : Pas spécialement. On fait de la musique depuis dix ans, on n'a jamais fait de la musique en attendant un retour quel qu'il soit, et certainement pas aussi important que celui qu'on a en France. On essaie surtout de faire de bons albums, et si ça nous apporte le succès, tant mieux! Maintenant, tout ce qui nous arrive est évidemment génial et bon à prendre.
GUIDO: Cependant, la Flandre reste toujours plus difficile à atteindre.
John : On a moins travaillé la Flandre, en effet. C'est beaucoup plus difficile de faire son trou en Flandre car on sent un net désintérêt de la part des médias du Nord du pays. On a d'autres perspectives, d'autres ambitions, ça marche très bien en Suisse, en Suède, en Allemagne ou en Hollande, donc pourquoi se tuer à essayer de percer en Flandre si ça marche aussi bien ailleurs? On a déjà derrière nous un certain bagage (les Eurockéennes de Belfort, le Festival de Montreux, 30.000 disques vendus en France, …), on peut sans trop se vanter se considérer comme un groupe confirmé.
'On est arrivés avec une attitude'
GUIDO: Imaginons que certains de nos lecteurs ne vous connaissent pas encore, comment définirais-tu la musique et l'univers de Ghinzu?
John : On privilégie une musique rock qui fonctionne en crescendo, il y a une certaine intensité dans ce que l'on fait, c'est une musique assez progressive, qui n'arrête pas de monter (avec une intro, une montée en puissance). Beaucoup de références rock y sont mélangées, ce qui donne une certaine fusion des styles, ça passe du punk électro à une espèce de ballade rock avec piano-voix. On joue également beaucoup sur les sonorités, c'est un vrai univers de mélanges principalement axé sur le rock.
GUIDO: Tu exerces en plus de la musique le métier de photographe, ne saurais-tu pas vivre exclusivement de ta musique?
John : Je pourrais vivre exclusivement de la musique, mais j'ai toujours eu un boulot à côté que j'adore et que j'aime faire.
GUIDO: Ghinzu est un groupe assez énigmatique, à quoi ressemblait ta vie avant que tu ne deviennes John Stargasm?
John : Un seul mot: lamentable! Tout est dit, je crois! J'ai inventé le nom d'un personnage qui n'est pas réellement moi, je joue plutôt le rôle de quelqu'un d'autre qui fait du rock, je dissocie vraiment ma vie de musicien de ma vie privée. En fait, je souffre d'une schizophrénie assez poussée!
GUIDO: On vous sent un peu plus démarqués par rapport à la scène rock belge, plus particulièrement wallonne…
John : Dès le début, on n'a pas eu peur que notre musique soit associée à un show. Il y a une espèce de grande éloquence qui se dégageait de Ghinzu, ce qui a peut-être représenté un souffle nouveau par rapport à des groupes plus intimistes. On est arrivés avec nos costards, à l'anglaise, avec une attitude, c'est peut-être cet aspect qui nous a immédiatement différencié des autres. Mais je crois que chaque groupe wallon possède sa propre identité et est donc assez différent.
GUIDO: Pourtant, tu n'es pas toujours tendre avec ces groupes!
John : C'est vrai qu'il y a certains groupes belges qui ne sont pas du tout ma came, mais c'est pas pour ça qu'on n'est pas contents de se voir même si on n'est pas vraiment proche d'eux artistiquement. Ce sont surtout les médias qui entretiennent une pseudo rivalité entre nous, ce qui ne me réjouit pas vraiment. Ce que j'aime assez dans cette profusion de groupes belges, c'est qu'on peut se serrer les coudes, comme lors de notre concert à l'AB par exemple ( ndlr: avec Sharko et Girls in Hawaii). On a réussi à être ensemble pour s'imposer, ce qui est un point plutôt positif. Je les en remercie, car cela fait preuve d'une certaine ouverture d'esprit, d'une solidarité qui est appréciable.
'J'ai toujours adoré le live'
GUIDO: Te souviens-tu de ton premier festival en tant que spectateur?
John : Je ne me souviens plus très bien, ça devait être à Ostende avec Tina Turner! J'ai toujours adoré le live, j'ai été nourri au live depuis l'enfance, c'est cela qui m'a personnellement donné envie de faire de la musique.
GUIDO: Et de la première fois où tu es monté sur scène?
John : C'était lors d'une soirée à Ixelles, une soirée Midnight Express, durant laquelle on a joué trois morceaux, complètement speedés, avec un groupe appelé alors Las Vegas Parano. Ça reste un souvenir mémorable.
GUIDO: N'est-il pas trop déconcertant de passer d'une petite salle de 200 personnes à un gros festival comme Dour ou le Pukkelpop?
John : On est habitués de passer de l'un à l'autre maintenant qu'on joue en France dans des plus petites salles. On peut très bien se retrouver en tête d'affiche de Dour et quelques semaines plus tard en Allemagne où tu continues à faire du développement dans des événements plus restreints. On a toujours été habitués à ce décalage, on reste un groupe qui a trouvé ses racines dans le développement et auquel il reste encore et toujours des territoires à conquérir.
GUIDO: A quoi va ressembler maintenant l'avenir de Ghinzu?
John : Notre avenir, ce sera, je l'espère, un DVD, un troisième album si on nous donne l'occasion de le faire, les concerts de l'été. On va également enregistrer un deuxième single avec probablement un clip. Notre album sort aussi prochainement en Suède et en Allemagne.
GUIDO: Enfin, y a-t-il encore un rêve que tu aimerais concrétiser au cours de ta carrière?
John : Le rêve de ma carrière, ce serait d'aller aux MTV Music Awards au Japon! ( rires) Vendre 200.000 disques au Japon, ça me dirait bien!
GUIDO: C'est tout le mal qu'on te souhaite!
(SD)