LOUISE ATTAQUE: «Nous avons connu des divergences musicales et non des heurts»
Alors que l'on annonce la sortie d'un DVD live, nous avons rencontré quelques membres de Louise Attaque, le chanteur Gaëtan Roussel, le violoniste Arnaud Samuel et le bassiste Robin Feix, lors d'un passage éclair à Bruxelles.
L'occasion de faire le point sur l'année écoulée et de nous parler de ce nouveau projet.
Rappel des épisodes précédents:
- Avril 1997, le phénomène Louise Attaque déboule dans les bacs et leur premier album trouve 2,5 millions d'acquéreurs (sans compter les copies illicites)
- Janvier 2000, deuxième opus de la petite Louise suivi par une tournée qui se prolonge largement au-delà des festivals de l'été.
- Fin 2000, patatra … c'est la scission, Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel forment Tarmac et Robin Feix et Alexandre Margraff se consacrent au projet Ali Dragon.
- Les révoilà . Début septembre 2005, le quatuor réconcilié publie A plus tard crocodile , un troisième album studio.
GUIDO: Salut les Louise. Arnaud, comment va la petite famille? Ton fils poursuit-il ses cours de chant?
Arnaud Samuel : Non, c'était marrant de le faire chanter sur une de nos chansons, mais laissons le grandir. Il aura le temps de trouver sa voie et… sa voix.
«Ça sonne grave»
GUIDO: Arnaud, Gaëtan , lors notre dernière rencontre (pour la sortie du second album de Tarmac), vous nous disiez que vous formiez à présent un duo et que selon les besoins ou opportunités, vous vous encadreriez. Qu'en est-il à présent?
Gaëtan Roussel: Tarmac était effectivement un groupe à géométrie variable. Mais on n'est pas ici pour parler de Tarmac mais de Louise Attaque…
GUIDO: Comment s'est passée cette réconciliation?
Gaëtan Roussel (un peu irrité): Mais très bien, nous avons connu des divergences musicales mais pas de réels heurts entre nous. On s'est retrouvés au calme dans la Drôme pour faire le point et nous avons donné quelques concerts à Moscou et en Amérique du Sud pour être certains que nous pouvions recommencer à jouer ensemble.
GUIDO: La suite, c'est ce troisième album enregistré à New York avec Mark Plati?
Gaëtan Roussel: Exact, pour les deux premiers albums, nous avions bossé avec Gordon Gano et nous souhaitions un changement à ce niveau. Mark Plati a travaillé avec Chedid , la Mano Negra et même avec Bowie. Le résultat est la hauteur de nos espoirs. C'est lui qui a drivé les incrustations électro .
GUIDO: Une belle expérience?
Robin Feix : Effectivement, avec ce mec, ça sonne grave…
«Nous sommes maintenant moins sombres qu'auparavant»
GUIDO: Avec le recul, comment percevez-vous maintenant ce troisième album?
Arnaud Samuel : Il me semble plus varié, entre folk-rock et chansons. Je crois qu'on est plus mûr. Et puis, on n'a plus peur d'aborder des rythmes nouveaux comme le reggae ou d'insérer des boucles électro .
Gaëtan Roussel: J'ai aussi l'impression que nous sommes plus sereins, plus apaisés, moins sombres que sur nos premiers albums. Mais il reste quand même typiquement Louise.
GUIDO: Parlez-nous maintenant de votre nouveau bébé, ce DVD…
Gaëtan Roussel: On ne voulait pas faire un live pour le plaisir d'en faire un, on a donc songé directement à un DVD.
Robin Feix: La tournée s'est super bien passée. Que ce soit les salles comme les festivals. Il fallait voir l'ambiance, dans les salles et sur scène. Chaque soir, c'était un événement. Il fallait enregistrer ces concerts mais surtout les filmer.
GUIDO: Où avez-vous décidé d'être filmés?
Robin Feix : On a choisi le Zénith à Paris parce que nous y étions pour plusieurs jours.
GUIDO: Ces caméras ne vous ont-elles pas trop gênés lors de ces concerts enregistrés?
Gaëtan Roussel: Nous avons eu la chance de travailler avec Dick Carruthers . C'est lui qui a réalisé les live d'Oasis et des White Stripes . Il avait dix caméras disposées devant et autour de la scène et seules deux caméras mobiles.
GUIDO: Vous êtes contents du résultat final?
Arnaud Samuel : On n'a encore rien vu, mais on ne manquera pas de te dire ce qu'on en pense lors de notre prochaine rencontre… Toi aussi j'espère!
(JM)
Louise Attaque – « Y a t'il quelqu'un ici »
Il faut vivre un concert de Louise Attaque pour savoir que l'on dépasse de loin la simple prestation de musiciens et la relation superficielle entre artistes et public. Regarder ce film ne revient pas à assister par procuration au concert, on se retrouve projeté dans un tourbillon de sensations. Parfois, les caméras s'affolent ou s'arrêtent pour figer un détail. Le montage est nerveux et épouse les reliefs du répertoire. Un film pas banal pour un groupe hors du commun.