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28/05/2007

JEAN-MICHEL JAVAUX: Tout nu sur la Grand Place!

Courir nu sur la Grand Place, se présenter à l'élection de Mister ULB, annoncer l'arrivée des jolies filles au Delhaize , faire les deuxièmes mi-temps au Parc Astrid, … Le moins que l'on puisse dire, c'est que Jean-Michel Javaux, le leader d'ECOLO, a profité de ses études.

GUIDO: Après une année "sabbatique" aux Etats-Unis, vous avez entrepris une licence en sciences politiques et relations internationales à l'ULB…
Jean-Michel Javaux
: En effet. Ma volonté première était de devenir journaliste. A l'époque, on disait que c'était alors préférable de faire des candis en sciences éco, en droit ou en sciences po pour offrir un bagage plus large aux futurs journalistes. J'ai tellement adoré les cours de candi que j'ai décidé de continuer avec la licence.

Trouver une solution pour Jérusalem

GUIDO: Vous n'aviez donc pas d'ambition politique lors du choix de vos études?
Jean-Michel Javaux
: Pas du tout. J'étais certes passionné par la politique, mais je préférais plutôt l'observer et la commenter. Il faut aussi dire qu'on s'est directement retrouvé dans le bain étant donné que nous avions commencé l'année par un mois de grève suite au mouvement étudiant contre le doublement du minerval.

GUIDO: Avez-vous entrepris une spécialisation à l'issue de votre licence?
Jean-Michel Javaux
: J'ai pris une année 'mémoire' à la suite de mes quatre années d'études. J'ai également fait un Erasmus à l'Université de Hull en Angleterre. Je suis resté six mois entre l'Angleterre et L'Ecosse vu que le sujet de mon mémoire touchait de près ces pays. J'y ai aussi suivi trois cours de politique internationale ainsi qu'un séminaire très passionnant avec quatre Palestiniens, quatre Israéliens et quatre Européens. Notre but était de trouver une solution pour Jérusalem. J'ai un scoop: on n'a pas trouvé!

GUIDO: Quel regard portez-vous maintenant sur ces années d'études?
Jean-Michel Javaux
: Je ne connaissais absolument personne à l' unif en arrivant. J'ai fait la guindaille, donc j'ai quand même rapidement connu du monde! Je retiens surtout de ces années l'émancipation ainsi que la prise de conscience politique dans le sens le plus large (l'engagement dans Amnesty ou lors des grands mouvements étudiants par exemple).

GUIDO: Etiez-vous actif au sein d'un cercle politique?
Jean-Michel Javaux
: Non, j'étais plutôt un étudiant sportif et guindailleur . J'ai d'ailleurs très vite été absorbé par la guindaille. Par contre, j'ai bien participé à toutes les conférences politiques qui avaient lieu sur le campus. J'observais, je tâtonnais à l'époque. C'est d'ailleurs durant les années universitaires que j'ai appris à connaître ECOLO et à m'engager.

Un folklore basé sur l'humour

GUIDO: Vous souvenez-vous de certaines anecdotes avec les professeurs d'alors?
Jean-Michel Javaux
: Je me souviens en effet de Uyttendaele qui m'a fait passer un examen le jour d'un Belgique-Espagne ! Je lui ai rappelé à plusieurs reprises puisque j'ai failli rater mon examen à cause de ça!

GUIDO: D'autres souvenirs marquants de ces années?
Jean-Michel
Javaux : La première année, j'ai koté avec un ami qui faisait l' ISTI . On habitait dans une chambre qu'on louait à 8500 FB pour deux, avec tout dans la même pièce (la douche, la cuisine, les deux lits)! On vivait avec peu, 500 FB pour la semaine. C'est aussi durant cette année que j'ai rencontré un maximum de gens. Je ne voulais absolument pas rester cloîtré chez moi tout seul, le nez dans mes livres, ça n'a jamais été dans mon caractère…

GUIDO: Et donc la guindaille!  
Jean-Michel Javaux
: En effet, le folklore était le moyen le plus rapide de connaître différentes personnes. J'ai donc fait mon baptême en sciences po , au CPS. La troisième année, je suis même rentré dans le comité de baptême. Etant donné que j'étais actif dans les mouvements de jeunesse, je n'avais pas peur de chanter, de lancer des chants et d'avoir des idées originales. Je dois aussi rajouter qu'on a toujours eu la chance de privilégier un folklore basé sur l'humour et sur l'improvisation et non sur l'humiliation ou l'aspect sagace. J'ai côtoyé des comitards qui étaient (et même certains le sont devenus) de vrais comédiens. C'était absolument fascinant.

GUIDO: Vous gardez de bons souvenirs du jour du baptême?
Jean-Michel Javaux
: J'en garde un souvenir extraordinaire. Par contre, les premiers contacts sont plus difficiles et je comprends que certains étudiants le vivent mal. Par exemple, se retrouver nu devant l'auditoire n'est pas évident pour tout le monde. Je me souviens notamment avoir couru tout nu sur la Grand Place avec un drapeau belge et en chantant la Brabançonne! Il est évident que les premières activités, ça passe ou ça casse. On a d'ailleurs hésité un moment avant de prendre part à ces activités, avec trois copains.

GUIDO: Sur votre CV, on peut lire que vous avez été élu Mister ULB en 1990…
Jean-Michel Javaux
: ( sourire ) Je tiens quand même à préciser que ce n'était pas du tout un concours de chippendales en maillots où on jugeait du physique des candidats! C'était un concours entre cercles qui comportait trois épreuves. Les deux premières étaient des séances d'improvisation. Le jury était d'ailleurs composé de Jannin , Liberski , … La troisième épreuve consistait à présenter un sketch ou une animation musicale. C'était donc plus axé sur l'humour que sur le physique.

Le diplôme du plus ancien étudiant du Delhaize

GUIDO: Vous avez donc koté durant ces années…
Jean-Michel Javaux
: Koter était un comportement autant économique qu'écologique. Pour mes deux dernières années, j'ai résidé aux Courses, les résidences universitaires. Du pur bonheur, je dois l'avouer. On mangeait tous ensemble à l'étage, on partait aux cours ensemble, … Il y avait une solidarité incroyable au sein de cet étage de la résidence.

GUIDO: Que retenez-vous de la ville de Bruxelles, vous qui veniez d'un petit village entre Namur et Liège?
Jean-Michel Javaux
: Un équilibre parfait. C'était l'occasion d'aller au cinéma, au théâtre, j'ai notamment découvert le Styx, un cinéma d'auteur donc autrement critique que le cinéma de mon village qui ne programmait que les blockbusters . Des petits concerts aussi. Habitant près du Parc Astrid (même si je tiens à préciser que je suis supporter du Standard!), j'allais voir les deuxièmes mi-temps qui étaient gratuites à l'époque. J'adorais cette ville, surtout Ixelles qui a gardé ce caractère humain.

GUIDO: Etiez-vous coutumier des jobs d'étudiants?
Jean-Michel Javaux
: Absolument. Je dois vous avouer que j'ai même le diplôme du plus ancien étudiant du Delhaize ! J'y ai travaillé durant huit ans en tant qu'étudiant. De 1984 à 1992. J'ai commencé par les fruits et légumes avant de terminer aux eaux et bières, mais j'ai surtout fait six années au rayon vin. C'est important car le rayon vin est le premier rayon que l'on rencontre au Delhaize . C'était donc les abonnements de bus, les vidanges, les réclamations et les appels micro. Je pense avoir pris au Delhaize le goût du micro! En été, lorsqu'une fille plutôt jolie entrait dans le magasin, je faisais un appel au micro en disant par exemple « Monsieur Daloze , caisse 2, Monsieur Daloze , caisse 2 » alors qu'il n'y avait pas de Monsieur Daloze qui travaillait là. C'était en fait un message codé pour tous les travailleurs afin de les informer que quelqu'un de ravissant venait de rentrer!

GUIDO: Pensez-vous maintenant que l' unif ait contribué de quelque façon que ce soit à votre développement politique?
Jean-Michel Javaux
: Ces années furent marquées par une réelle ouverture culturelle. Tous mes capteurs s'ouvraient en même temps. L'université a également participé à ma prise de conscience politique, elle m'a aidé notamment à sortir de mon indignation locale pour l'ouvrir sur le monde. J'ai découvert à l' unif les injustices, les problèmes environnementaux, …

GUIDO: Des regrets cependant?
Jean-Michel Javaux
: En 1989, un voyage Berlin-Postdam-Nuremberg était organisé par l'université. Je n'y suis pas allé à cause d'un match de foot ou d'un week-end patro , je ne sais plus trop. La moitié de ma classe était donc présente à Berlin le jour de l'effondrement du mur. Je dois avouer que je me suis mordu la main pendant longtemps d'avoir raté cet événement…

(SD)


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