STEPHANIE VAN VYVE: «Même les blocus, j'aimais bien!»
Toujours au
Septième Ciel pour la deuxième saison consécutive, Stéphanie Van Vyve rentre une nouvelle fois dans la peau de Juliette. L'occasion pour nous de revenir avec elle sur son parcours universitaire.
Stéphanie Van Vyve : Après une année à l'étranger (aux Etats-Unis et en Espagne) en vue d'apprendre des langues, j'ai suivi des études en Romanes à Saint-Louis et à l'UCL.
GUIDO: Pourquoi ce choix d'études?
Stéphanie Van Vyve : Déjà depuis quelques années, j'étais certaine de ce que je voulais faire. En fait, j'ai été séduite par ma prof de français en 4ème humanité. J'aspirais à me tourner vers un métier de la communication. Cependant, une fois arrivée à l'unif, j'ai découvert un truc que je ne connaissais absolument pas. Alors que je pensais me diriger vers la littérature, j'ai tout fait sauf ça! Je me suis plutôt intéressée à l'étude de la langue, la lexicologie, … J'ai même imaginé postuler pour être lexicographe chez Robert! A l'élaboration des définitions, etc… ça reste encore une fascination, combien de fois je ne me plonge pas dans un dictionnaire!
Le plaisir d'aller au cours
GUIDO: Aspirais-tu à devenir prof au terme de ces études?
Stéphanie Van Vyve : Au cours de mes études, j'ai quand même passé mon agrégation, en me disant pourquoi pas… Devenir prof, c'est quand même pratiquement 70% des débouchées en Romanes. Mes stages m'ont fait prendre conscience que j'aimais beaucoup ce contact avec les classes. Cependant, je ne me sentais pas alors assez mature pour pouvoir donner cours à des jeunes de 18 ans.
GUIDO: Tu étais plutôt guindailleuse ou bloqueuse?
Stéphanie Van Vyve : Un peu de tout! Quand j'étais à Bruxelles, je ne kotais pas, donc il est clair que les fêtes étaient moins nombreuses. A Louvain où j'ai suivi mes licences, je me suis investie dans des kots-à-projets, qui donnent une dimension moins vaine aux études, selon moi. Il faut reconnaître, en tout cas à l'époque, que Louvain-la-Neuve était une ville plutôt artificielle. On n'y rencontrait que des jeunes, ce qui lui donnait un côté paradisiaque et assez incroyable. Venant de Bruxelles où on sortait dans la ville et on côtoyait des vieux, des jeunes, des clochards, la transition était assez saisissante. Mais je pense que désormais, LLN a un profil nettement plus diversifié, et tant mieux.
GUIDO: Tu as déclaré avoir fait partie d'un kot-à-projet, lequel et pourquoi?
Stéphanie Van Vyve : C'était le Kot Art et Architecture, qui m'a permis de m'inscrire dans la vie étudiante d'une manière un peu plus active et consciencieuse. ç a nous permettait de rencontrer des étudiants de tous bords (via les autres kots-à-projets) et de s'investir dans des activités multiples. On a accueilli Schuiten et Peeters pour une conférence, organisé des voyages, des projections, … Cela m'a donné en quelque sorte une place dans la vie universitaire.
GUIDO: On te sent très enthousiaste à nous relater tes années d'études.
Stéphanie Van Vyve : Les études, ça n'a jamais été un obstacle pour moi. J'allais avec plaisir aux cours, j'étais toujours intéressée par ce que j'apprenais durant les leçons. Je me suis toujours bien amusée… Même les blocus, j'aimais bien! Evidemment, je dis pas, … Il y a eu des moments douloureux, mais je dois avouer que mes études n'ont jamais été quelque chose de rébarbatif. J'ai pris les études très au sérieux, je réalisais en effet très bien le cadeau que mes parents me faisaient en me permettant d'aller à l'université.
GUIDO: Nourris-tu cependant un quelconque regret par rapport à tes études en Romanes?
Stéphanie Van Vyve : Peut-être de ne pas avoir eu l'occasion de lire suffisamment, malgré le fait d'avoir suivi des études littéraires. En quatre ans et demi, il y a tellement de choses à vivre et à apprendre, de gens à rencontrer que c'était matériellement impossible. Il y avait trop à découvrir.
Le besoin d'être utile
GUIDO: Avais-tu déjà la passion de la comédie à cette époque?
Stéphanie Van Vyve : J'ai commencé le théâtre à l'unif, je me suis retrouvée un peu par hasard au sein d'un petit groupe qui montait des pièces. Mais c'est vrai que j'ai toujours bien aimé faire la comique. Ensuite, j'ai continué à faire du théâtre amateur, mais jamais je n'aurais alors pensé que cela aurait pu devenir mon «travail».
GUIDO: Tu as d'ailleurs commencé par exercer le métier d'enseignante…
Stéphanie Van Vyve : A la fin de mes études, j'ai ressenti un énorme besoin d'être utile, de travailler, de gagner ma vie et d'être plus indépendante. Gros coup de bol, j'ai été directement engagée comme prof dans une très bonne école. Puis dans une autre. Tout s'est bien enchaîné pendant deux années. Et je suis ravie d'avoir exercé ce métier passionnant, même pour une courte durée.
GUIDO: Pourquoi être ensuite passée au métier d'actrice? Comment s'est effectuée la transition?
Stéphanie Van Vyve : Je me suis rendue à une audition un peu par hasard, à Namur. Et j'ai obtenu tout de suite un vrai grand rôle et vécu une vraie émotion sur scène. Et j'ai reçu de l'argent pour ça en plus! (rires). Tout s'est fait comme ça, automatiquement, sans aucune volonté extrême d'y arriver. J'ai fait les romanes, l'agrégation, l'enseignement et ensuite, je suis passée au théâtre. Je crois maintenant que j'avais surtout besoin que ça bouge et je ne me voyais pas enseigner toute ma vie.
GUIDO: Ce n'est qu'alors que tu as décidé de suivre des cours dans une école de théâtre…
Stéphanie Van Vyve : Après cette expérience théâtrale plus professionnelle où l'on m'avait encouragée, je me suis ensuite décidée à suivre des cours dans une école de théâtre en me disant que ça pourrait marcher. Mais, au début, je faisais tout cela plus par curiosité que par conviction. Je me disais aussi que cela me donnerait une corde de plus à mon arc, en tant que prof. J'ai été reçue au Conservatoire alors que j'avais déjà 24 ans, je suis directement passée en licences. Je gagnais deux ans de ma vie, j'ai dit: «OK, je prends!».
GUIDO: Comment qualifierais-tu cette période de ta vie?
Stéphanie Van Vyve : Cela a représenté un grand changement. J'ai suivi les cours du Conservatoire pendant deux ans, une période durant laquelle j'ai un peu touché à tout. Une période très condensée et intéressante. Je suis sortie de là et j'ai directement passé le casting de Septième Ciel Belgique , en me disant que je n'étais pas forcément au point mais que ça me ferait connaître du directeur de casting... Pourtant, finalement, ça m'a permis de travailler directement après mes études et d'apprendre énormément.
GUIDO: Vu que tu as opté pour deux types d'études complètement différentes l'une de l'autre, quelles sont les grandes différences que tu as ressenties entre le monde littéraire et le monde du spectacle?
Stéphanie Van Vyve : En fait, il est fréquent de rencontrer des comédiens qui ont d'abord fait d'autres études. Il y en a même quelques-uns issus d'études d'Ingénieur Commercial! Les études d'art dramatique sont évidemment plus physiques que les études littéraires; on joue avec son corps. On y est peut-être aussi moins préservé qu'à l'université, on se cache pas dans une masse et on en prend parfois plein la figure…. quoiqu'on y soit quand même aussi bien entouré.
GUIDO: Après des expériences au théâtre, tu as été engagée pour la série de la RTBF. As-tu envie de continuer à jongler entre théâtre, cinéma et télé?
Stéphanie Van Vyve : J'ai envie de rester dans la diversité. Au théâtre, on a l'occasion d'approfondir son personnage alors qu'à la télé, tout va beaucoup plus vite. Ce qui fait que tu deviens parfois stressé par le manque de réflexion, bien que la spontanéité apporte aussi quelque chose au personnage. Le théâtre est un domaine où je sens que je progresse et qui me fascine de plus en plus. Le cinéma, pourquoi pas, même si je ne sais pas très bien ce que ça représente. Mais maintenant, j'ai de plus en plus envie de tenter des projets personnels. J'ai envie de dire des choses moi-même.
(SD)