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05/01/2009

FRANÇOIS DE BRIGODE: "Au JT, il faut toujours assurer"

Figure de proue du journal télévisé de la RTBF, François De Brigode s'est récemment lancé à l'assaut du prime-time avec un nouveau talk-show politique incisif et impertinent, répondez@ laquestion. C'est donc à notre tour de mettre le journaliste sur le grill de nos questions indiscrètes…

GUIDO: D'où vous vient cette passion pour le journalisme?
François De Brigode : Durant mes années de secondaire, le hasard des choses a fait que je me dirige ensuite vers le journalisme, même si j'en avais toujours eu l'envie dans ma jeunesse. A l'époque, deux de mes professeurs étaient passionnés par férus d' l'audiovisuel alors que nous n'en étions qu'aux balbutiements de la vidéo légère. Ce sont eux qui ont accéléré ma passion pour la chose audiovisuelle.

GUIDO: Cela vous a donc conduit tout naturellement vers des études de journalisme à l'ULB…
François De Brigode : En effet. Je n'étais pas spécialement un étudiant brillant. Parce que, pour moi, la vie étudiante doit se vivre pleinement. Il ne faut donc pas rester coincé dans ses livres ou ses syllabus. J'ai donc fait beaucoup de choses durant cette époque, des choses excessives parfois. J'en garde le souvenir de la débrouille permanente, que ce soit pour l'argent, dans la vie associative, culturelle, …

GUIDO: Vous êtes actuellement encore professeur à l'ULB. Quels sont les principaux conseils que vous donnez à vos étudiants?
François De Brigode : Je leur conseille toujours de faire des petits boulots dans le métier qu'ils voudraient exercer plus tard . La vie estudiantine ne se résume pas à rester dans son kot et à boire des pintes. En ce qui me concerne, j'ai travaillé en tant qu'étudiant dans des journaux ou des radios libres. Selon moi, il faut sortir de ce milieu de fête et essayer de déjà s'insérer dans ce qui sera son métier plus tard. Cela permet de mettre en adéquation ce que l'on voit aux cours et aussi de rencontrer des gens qui vont pouvoir leur mettre le pied à l'étrier.

Le marathon du JT

GUIDO: Vous vous destiniez en premier lieu à une carrière à la radio …
François De Brigode : J'ai en effet d'abord voulu me diriger vers la radio, mais je me suis retrouvé en télé. Comme quoi, on n'a pas toujours ce que l'on veut dans la vie! La radio est beaucoup plus souple que la télé, on sait y faire plus de choses rapidement qu'en télé. J'ai notamment effectué un stage en audiovisuel à la RTBF Charleroi. J'ai été repéré par le rédacteur en chef de l'époque, Christian Druitte, qui m'a tout de suite engagé.

GUIDO: Avant de vous retrouver à la barre du Journal Télévisé, quelles ont été les différentes étapes de votre carrière à la RTBF?
François De Brigode : J'ai longuement travaillé au magazine régional Ce Soir, j'y ai autant fait du fait divers que du journalisme économique ou du magazine de société. Ensuite, j'ai présenté les journaux du soir en radio avant ceux de la télé.

GUI IDO: Vous rappelez-vous encore de votre premier JT?
François De Brigode : Je me souviens d'une grande panique , d'un grand stress. Encore maintenant, il faut continuer à stresser. Sinon, cela veut dire que vous faites les choses de manière un peu désinvolte, ce qui n'est pas bon non plus. Il faut garder le feu sacré!

GUIDO: Comment s'articule une journée de travail pour un présentateur de JT?
François De Brigode : Ma journée de travail commence dès sept heures du matin, quand j'écoute la radio dans mon lit. Notre première réunion de rédaction a lieu à 9h30 . A ce moment-là, la machine est partie. On lit, on se documente, on prend des contacts , … A 13 heures, je regarde aussi bien le journal de la RTBF que celui de la concurrence. Ensuite, après une deuxième conférence de rédaction, c'est reparti pour l'après-midi. Et comme vous le voyez (ndlr: son ordinateur émet un énorme bip), je reste sans arrêt attentif aux récentes dépêches.

GUIDO: Quelles sont les qualités à avoir pour faire ce métier?
François De Brigode : Un bon présentateur de JT se doit avant tout d' être un bon journaliste. Il faut répondre dans sa tête à toutes les questions que se posent les téléspectateurs , faire preuve de simplicité dans sa présentation , présenter les choses de manière un peu originale et bien lier la sauce entre les différences séquences.

GUIDO: Y a-t-il des journaux télévisés dont vous vous souvenez plus que d'autres ?
François De Brigode : Les JT de crise sont toujours assez étonnants car c'est à ce moment-là que les invités politiques se révèlent réellement. Un JT dont je me souviens aussi particulièrement, c'est lorsque j'ai annoncé des morts belges dans une avalanche sans savoir que l'une des mes connaissances en faisaient partie avant le lendemain. Cela peut mettre mal à l'aise parfois de ne passer laisser transparaître que l'on est marqué par certaines choses. Quelles que soient les situations personnelles que l'on vit, il faut toujours assurer. Comme la fameuse phrase du spectacle: « The show must go on»!

Un talk-show politique en prime-time

GUIDO: Désormais, vous êtes à la barre de répondez@ laquestion, un grand talk-show politique en prime-time.
François De Brigode : En effet, nous avons rentré un projet d'émission qui a plu à la direction. Je pense qu'il est important de montrer qu'on a plusieurs cordes à son arc en tant que journaliste et de faire des choses neuves dans le milieu de la télévision. Ce nouveau défi s'est donc rajouté à mes tâches du JT.

GUIDO: Les premiers résultats en termes d'audience sont bons, on suppose que cela a dû vous rassurer.
François De Brigode : C'est plus qu'encourageant, même s'il y a encore deux ou trois petites choses à régler. C'est clair que lorsque l'on réussit sa première émission, on est très content, bien évidemment.

GUIDO: Quelle est la particularité de cette émission?
François De Brigode : On privilégie un ton incisif, impertinent qui a pour objectif de mettre l'homme ou la femme politique sur le grill.

GUIDO: On suppose que vous avez dû vous mettre certaines limites à ne pas dépasser…
François De Brigode : La vie privée. Si celle-ci n'a aucune influence sur la vie publique du gestionnaire, on n'a pas à en parler. Il y a parfois des chasse s à courre dont les objectifs sont totalement abjects, je laisse cela à certains. Mais si la vie privée a eu un quelconque retentissement sur la vie publique, alors on peut l'aborder sans nécessairement mettre sous l'eau la tête de l'invité.

GUIDO: Vous ne ferez donc jamais comme Pascal Vrebos qui joue au psychologue en mettant son invité politique dans un divan virtuel?
François De Brigode : Non. Et je suis content d'apprendre que Pascal Vrebos est psychologue!

GUIDO: Pensez-vous pouvoir réussir à être aussi incisif avec les prochains invités que vous l'avez été avec Bart De Wever, votre premier invité?
François De Brigode : Evidemment, Bart De Wever porte en lui plus de critiques que les autres, c'est une personne beaucoup plus controversée. Mais ne vous en inquiétez pas, on trouvera de la matière à gratter pour les autres invités!

(SD)


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