Christopher Calice: Le jeune étudiant est la nouvelle star de Radio Contact
C'est à 16 ans que Christopher a poussé pour la première fois les portes de RTL. D'abord standardiste, il a très vite commencé à parler sur antenne pour ne plus la quitter. Actuellement sur Radio Contact, il suit en parallèle des études de sciences politiques à Mons. Coup de projecteur sur une star de la radio en devenir…
GUIDO: Comment te sens-tu au sein de Radio Contact?
Christopher: Le ton de Radio Contact me correspond totalement. Je ne me vois pas aller sur une autre radio. Nous avons à la fois un ton jeune et pertinent. Contact, c’était l’endroit idéal. La radio était une priorité pour moi et chez Contact, c’est devenu vraiment un idéal. Aujourd’hui, la radio est réellement quelque chose de vital pour moi.
GUIDO: Qu’est ce qui t’excite vraiment dans la radio?
Christopher: Le côté le plus excitant, ça je ne peux pas le nier, c’est le direct. Quand j’allume mon micro, je n’ai plus peur de me planter. Avec l’expérience que je commence à acquérir, me tromper devient de plus en plus, voire presque, impossible. Le direct, c’est l’occasion de partager son expérience avec des milliers de personnes, et de s’exprimer.
Un mix d'impertinence, de joie et de dynamisme
GUIDO: Comment définirais-tu le "ton Christopher"?
Christopher: Je pense que c’est un ton qui est vraiment jeune et dynamique. En tout cas, je l’espère. Je ne suis pas avare d’une blague ou l’autre. Ce qui donne un mix d’impertinence, de joie et de dynamisme.
GUIDO: Quels sont tes modèles dans le métier?
Christopher: Vu que je viens de Chimay, qui n’est pas loin de la frontière française, je pouvais capter les radios françaises quand j'étais petit, comme Europe 2 et Fun Radio. J’avais la chance d’écouter chaque après-midi Arthur et les pirates. Ce ton-là m’a donné envie de faire de la radio, de faire des vannes. Évidemment, je suis conscient que je n’arriverai jamais à la cheville d’Arthur. Aujourd’hui, je me couche tous les soirs avec le podcast de Laurent Ruquier sur Europe 1. Ça m’inspire. Voir l’empire média qu’il a créé, voir comment il a réussi à s’imposer comme une marque, c’est génial. Pour le côté belge, il y a David Antoine qui est un de mes grands modèles. C’est un garçon qui a réussi à force de talent et de travail. Sans oublier Jean-Michel Zecca, un homme qui ne fait pas trop de bruit et qu’on connait tous. Quand je vois sa carrière, j’ai juste envie de dire «respect».
GUIDO: Un souvenir de radio croustillant à nous raconter?
Christopher: Un jour, une femme m’appelle parce qu’elle veut faire un petit coucou à son chéri. Elle me confie hors antenne qu’elle veut lui déclarer sa flamme. Mais ce qu’elle ne m’avait pas dit, celle qu’elle comptait annoncer en direct ce qu’elle lui réservait du côté coquin le soir-même. J’ai été un petit peu surpris, mais j’ai réagi au bon moment! Je me souviens aussi d'un moment plus émouvant lors de notre prime du 24 décembre dernier. Un auditeur nous a appelés du Portugal. Il n’avait plus parlé à sa sœur depuis dix ans. Au moment où on contacte sa sœur en direct, elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Quand elle s’est rendu compte qu’elle l’avait au bout du fil, ils ont tous les deux pleuré. C’est pour de tels moments qu’on fait de la radio.
Forcer les portes avec une combinaison en frigolite
GUIDO: Te fixes-tu certaines limites sur antenne?
Christopher: J’ai carte blanche totale. Mais je pense qu’on a tous une éthique. La limite, c’est de ne pas exclure l’auditeur. Pour le contenu, il faut une certaine décence, mais ça c’est propre à chaque personne. En me laissant sur antenne, on sait ce que je suis capable de faire ou non.
GUIDO: Fais-tu beaucoup d’improvisations?
Christopher: Les deux premiers mois étaient calculés. Quand tu as 20 ans et que tu arrives sur la première radio musicale de Belgique, tu ne veux pas te planter. Je me suis rendu compte que plus c’était préparé, plus j’avais tendance à me gourer. Le seul truc que je prépare en soi, c’est l’article que je transmets sur antenne. Ce que je fais pour justement déclencher le petit sourire de l’auditeur, c’est de préparer ma chute.
GUIDO: Tu t’imagines travailler autre part que dans une radio?
Christopher: Pour être franc, j’espère vivre de la radio. Mais je suis également un amoureux des chiffres et de l’économie. C’est quelque chose de génial, il y en a dans tout. Faire de la radio, c’est tellement complexe. Pour les gens, il n’y a qu’un micro et un animateur. Mais il y a 20.000 personnes derrière. J’aimerais, idéalement, avoir des responsabilités, pour le côté antenne. Ça serait un rêve mais il y a beaucoup d’autres personnes qui sont plus qualifiées que moi et qui sont prioritaires. Secrètement, je rêve d’être un chef d’entreprise. J’ai tous les jours des dizaines d’idées qui me viennent à l’esprit. Je pense idéalement, plus tard, faire un peu de politique. Pas celle superflue où on parle de millions d’euros injectés à droite à gauche. L’idéal, pour moi, ça serait de faire de la politique active et citoyenne. C'est-à-dire faire bouger mon petit village, corriger tout ce qui m’a manqué quand j’étais petit et dynamiser cette ville.
GUIDO: Quels conseils donnerais-tu aux étudiants qui veulent devenir présentateur radio?
Christopher: Pour forcer les portes, mettez une combinaison en frigolite parce qu’elles sont en verre. Il ne faut jamais se dire que c’est réservé aux autres. Quoique les gens vous disent, il faut les surpasser, il faut être soi-même et se dire que ça peut arriver. Si on a du talent, ça passe toujours. Un conseil, soyez décomplexés. Avant de prouver aux autres qu’on est capable de le faire, il faut d’abord se le prouver à soi-même. Il faut vivre ses rêves et être heureux dans ce qu’on fait. Quand on est heureux, quoiqu’on fasse, on le fait bien.
«Mes comptes Twitter et Facebook laissent transparaître une image de guindailleur»
Quand il n'est pas à la radio, Christopher passe son temps à Mons où il étudie les sciences politiques. Mis à part les trajets «qui te plombent quelques heures de cours», il arrive à gérer ses deux emplois du temps. Il reconnaît d'ailleurs que le bonheur engendré par la radio se ressent sur ses études. «Ça me charge d’un certain capital bonheur, d’un capital social et du coup, ça se transmet sur mes études.»
Mais, les études ne se résument pas qu'aux cours et autres blocus. Et pour ses followers sur Twitter ou ses fans Facebook, l'image du gros guindailleur semble lui coller à la peau. «J'aime m’amuser. Je viens de Chimay. Pour nous, l'amusement, ce sont des soirées sous chapiteau avec mille personnes et des bières.» Mais cela ne l'empêche pas de s'amuser dans un cocktail plus mondain ou en buvant un verre d’eau pétillante sur la place de Mons. «Je suis un festif polyvalent, en quelque sorte!»
Ce n'est désormais plus un secret pour ses compagnons d'auditoire que Christopher officie sur la première radio musicale de Belgique. Les retours sont plutôt positifs et il n'est pas rare qu'on le chambre à ce sujet: «Certains par exemple, quand ils vont en cours en voiture et m'entendent à la radio, m’envoient un message du style: "ah Chris, on ne te verra pas aujourd’hui, je viens de t’entendre à la radio".» Sans compter les «Chris, qu’est-ce que t’es con!» parce qu’ils viennent d’entendre une de ses vannes sur les ondes.