DELPHINE SIMON: Grande Caucasienne, whist entre filles, squat de kot, blocus commun et autres belettes
Les amateurs des éditions condensées du journal télévisé (autrefois le 12 Minutes, aujourd'hui le 15 Minutes) de la télé publique connaissent son visage. Mais savent-ils vraiment d'où vient cette journaliste à la voix si douce? Nous avons donc soumis Delphine Simon à la question afin d'en savoir plus sur ses années d'études.
GUIDO: Tu n'as bizarrement pas commencé immédiatement des études en journalisme…
Delphine Simon: En effet, j'ai choisi les études de droit (à Louvain-la-Neuve) parce que j'avais toujours eu envie de devenir juge de la jeunesse. Mais je me suis vite rendu compte que ces études étaient trop rigides pour moi, ne laissaient que peu de place à l'imagination, à la personnalité, … Je m'y suis tellement sentie enfermée que j'ai décidé de bifurquer vers le journalisme dès la fin de mes candidatures.
GUIDO: Une reconversion que tu ne dois pas regretter aujourd'hui!
Delphine Simon: Absolument pas! C'est là le meilleur choix que j'aurais pu faire à l'époque. Je me suis donc retrouvée dans des études nettement plus intimes, passant d'auditoire de 600 personnes à des classes de 30 à 40 étudiants, ce qui me correspondait davantage. En plus, je pense que je n'aurais pas été aussi épanouie dans le droit que je le suis actuellement dans le journalisme.
GUIDO: C'est l'audiovisuel qui t'a directement passionnée?
Delphine Simon: Très vite, en voyant mes notes, j'ai compris que la presse écrite n'était pas mon truc (sourire). Ce sont deux métiers totalement différents, selon moi. Je suis plus à ma place dans le côté théâtral de la télé et de la radio, je n'ai pas une plume assez efficace pour la presse écrite.
«J'ai fait la totale: baptême et calotte»
GUIDO: Originaire de Bruxelles, tu as pourtant décidé de faire tes études à Louvain-la-Neuve. Pourquoi ce choix?
Delphine Simon: L'ambiance de ville universitaire de Louvain-la-Neuve me plaisait beaucoup. Personnellement, je suis très "meute", je ne suis heureuse qu'en groupe. J'avais donc la sensation que cette ville (pratiquement exclusivement habitée par des étudiants à l'époque) ne pouvait que me plaire. Ce qui fut le cas!
GUIDO: On t'imagine plutôt sérieuse comme étudiante…
Delphine Simon: Sérieuse? (sourire) Dans mes études de droit, je me suis bien fait dézinguer en première sess' à chaque fois! Je ne m'attendais pas à une difficulté pareille, pour tout dire. Mais surtout, j'aimais beaucoup m'amuser, ce qui m'a permis de passer à Louvain-la-Neuve des années magnifiques, rythmées par des fêtes mémorables. Je n'étais pas la coincée de l'auditoire, la "belette"…
GUIDO: La "belette"?!
Delphine Simon: Celle qui est toujours devant aux cours, qui écrit consciencieusement tout ce que dit le prof. On les appelait les "belettes" à l'époque. J'étais donc tout sauf une "belette"! (rires)
GUIDO: Contrairement aux "belettes", tu as fait ton baptême!
Delphine Simon: J'ai eu la chance de faire mes études avec des gens que je connaissais depuis mes humanités, certains même depuis mes primaires, et avec eux, j'ai fait effectivement mon baptême et passé ma calotte. J'ai fait la totale!
GUIDO: Chez Adèle donc?
Delphine Simon: Oui, parce que le comité de droit avait la tête sur les épaules et que ce qu'il demandait de faire lors des baptêmes me paraissait tout-à-fait digne. A côté de ça, c'était un vrai baptême, avec ses gueules en terre, etc. Mais sans agressivité inutile. Si tu veux tout savoir, j'étais même la spécialiste de la Grande Caucasienne (ndlr: boire sa bière en faisant le poirier). Ça m'amusait beaucoup! Je tiens quand même à préciser que j'ai trouvé un bon équilibre entre mes études et la fête. Ce qui m'a permis de réussir mes études sans encombres.
«J'étais presque triste que les blocus se terminent!»
GUIDO: D'autres souvenirs de cette époque?
Delphine Simon: Il y en a tellement! Je me souviens notamment de ces arrêts fréquents au 1900 (ndlr: aujourd'hui transformé en resto et devenu Empreintes nomades) alors qu'on était censé aller aux cours. On y jouait au whist entre filles, accompagné d'un café, je précise!
GUIDO: On a beaucoup parlé du positif… Et les examens dans tout ça?
Delphine Simon: Paradoxalement, mes amis et moi, on se réjouissait de voir arriver les examens! On partait tous ensemble (à une petite dizaine) pendant le blocus dans une maison de famille à la mer. Un blocus commun en quelque sorte. On bossait beaucoup, en ayant instauré des heures d'études plutôt strictes. Par contre, pendant les pauses, c'était le pétage de plombs total! J'étais même presque triste que les blocus se terminent! Je me souviens aussi d'une année où on avait sorti tous les fauteuils et la télé d'un kot pour s'installer dans la Rue des Wallons, étudier et regarder Roland-Garros en même temps, en plein soleil.
GUIDO: Tu parles de kot, pourtant tu faisais la navette entre Bruxelles et Louvain-la-Neuve…
Delphine Simon: Je squattais! J'avais fait le choix de la voiture, mais j'avais des amis qui kotaient. J'y étais donc un peu chez moi et je pouvais rester selon les soirées. J'avais une totale liberté et je pouvais éviter les multiples tentations de Louvain-la-Neuve les soirs où je voulais rester "sage".
GUIDO: Es-tu déjà retournée à Louvain-la-Neuve depuis la fin de tes études?
Delphine Simon: C'est dans ces moments-là qu'on se sent vieux! En voyant tout ce qui a changé dans la ville depuis la fin de mes études (ndlr: en 2001). Je me demande souvent si c'est encore possible de faire autant la fête actuellement à Louvain-la-Neuve. Parce que j'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de restrictions. D'un autre côté, c'est vraiment devenu une très belle ville. Et à mon âge, j'aime encore y flâner, sans oublier les quelques petits dérapages entre anciens lors de nos soirées Louvain-la-Neuve!
GUIDO: Quel a été ton parcours entre les études et ton entrée à la RTBF?
Delphine Simon: Pendant mes études, j'ai travaillé sur la radio Antipode avant d'arriver à Radio Contact. En faisant en même temps de la presse écrite, pour Femmes d'aujourd'hui, La Libre Belgique ou La DH. A cela s'ajoutait un mi-temps dans une boite commerciale. D'où je voyais de ma fenêtre la tour de la RTBF! Je me suis lancée quelque temps plus tard en allant frapper à la porte de la chaine publique. J'ai donc été engagée pour la radio sur la RTBF puisque mon expérience télé, elle, a débuté il y a deux ans.