ARNAUD DUCRET: L'homme à tout faire
À la télé (il est un des piliers de Vendredi, tout est permis et au casting du programme court Parents, mode d'emploi), au cinéma (après Les Profs, il vient de prêter sa voix au personnage principal de La Grande Aventure Lego) et sur scène (son spectacle J'me rends se joue à guichets fermés et passera par la Belgique en mai prochain), Arnaud Ducret est partout en ce début d'année.
GUIDO: L'année commence bien pour vous. 2014 sera-t-elle l'année Arnaud Ducret?
Arnaud Ducret: Je l'espère en tout cas. Ça fait pratiquement quinze ans que je me bats pour ça et on est bien parti pour que je devienne incontournable! (sourire) Après, je m'éloignerai pour que les gens aient envie de me revoir!
GUIDO: Chant, danse, humour, comédie, vous êtes un véritable touche-à-tout. Faut-il nécessairement avoir plusieurs cordes à son arc pour percer actuellement?
Arnaud Ducret: Il ne faut pas spécialement être bon en tout pour percer. Des fois, il ne faut même pas être bon du tout! Personnellement, j'ai travaillé longtemps dans le chant et la danse pour avoir ces bagages et je suis heureux de pouvoir exploiter toutes ces facettes aujourd'hui. J'espère être le Yves Montand de notre époque. Je danse et chante d'ailleurs beaucoup dans mon nouveau spectacle.
GUIDO: Cette hyperactivité, vous la cultivez?
Arnaud Ducret: Quand j'ai démarré au cours Florent, je me disais que le jour où je n'aurais pas de vacances, c'est que le succès serait au rendez-vous. Actuellement, c'est le cas et j'essaie de ne pas lâcher l'affaire.
«Je ne me prends pas la tête»
GUIDO: Votre nouveau spectacle s'intitule J'me rends. Pourquoi ce titre?
Arnaud Ducret: On cherchait un titre court et sympa, J'me rends convenait parfaitement. Je me rends chez les gens en quelque sorte, je me donne à vous, au public. Le bras dans l'armure de l'affiche est lui une référence à Jeanne d'Arc qui fait partie de mon spectacle, étant moi-même originaire de Rouen.
GUIDO: Pourtant, vous vous racontez moins dans ce spectacle.
Arnaud Ducret: C'était une volonté de me glisser dans des personnages plutôt que de me raconter. Je ne me prends pas la tête dans ce spectacle. Il n'y a pas de politique, pas d'actualité. J'emmène les gens hors de leur quotidien, je leur permets de s'évader, comme avec une bonne comédie du dimanche soir.
GUIDO: Le communiqué de presse relate un accouchement provoqué par un de vos spectacles, info ou intox?
Arnaud Ducret: C'est totalement vrai. À Avignon, une femme enceinte s'est tellement tapé des barres de rire qu'elle a perdu les eaux dans les toilettes à l'issue du spectacle!
GUIDO: D'autres mésaventures du genre à signaler?
Arnaud Ducret: J'ai aussi eu un gars bourré au premier rang! Qui applaudissait et criait à contretemps. J'ai réussi à l'allumer et à le prendre à mon compte, ce qui a bien fait rire la salle.
GUIDO: Vous êtes aussi très actifs sur Twitter où vous entretenez des rapports très étroits avec vos fans.
Arnaud Ducret: En effet, j'aime aller au contact des gens, les voir physiquement. Ça me touche toujours beaucoup de voir les gens faire la queue pour venir me voir en spectacle.
GUIDO: Vous êtes en promo en Belgique, mais vous n'avez certainement pas eu l'occasion de faire du tourisme dans notre pays…
Arnaud Ducret: J'ai quand même eu le temps d'aller manger des moules-frites accompagnées d'une bière sur la Grand-Place! Votre pays est synonyme pour moi d'humour, avec des gars comme François Damiens, Benoît Poelvoorde, Charlie Dupont, Virginie Hocq, … Je trouve que les Belges sont un peuple bienveillant. Ici, vous aimez vous marrer, quoi! Jouer un spectacle sur Paris, c'est plus dur. Ils sont tellement gavés de spectacles qu'il est devenu totalement normal qu'un mec se lève en pleine représentation pour aller téléphoner!
«Je n'aime pas mettre les gens mal à l'aise»
GUIDO: Vous ne faites pas partie des humoristes provocateurs?
Arnaud Ducret: Je n'aime pas mettre les gens mal à l'aise, je déteste ça. Je ne tape sur les doigts de personne. C'est quelque chose que je ne sais pas faire, je n'assume pas ce genre de choses.
GUIDO: Dans le débat 'Peut-on rire de tout?', où vous situez-vous?
Arnaud Ducret: Je pense qu'on peut rire de tout. Entre potes, je ris de choses qui sont vraiment graves! Mais cela reste entre nous, de là à mettre ce genre de choses dans un spectacle, il y a un pas que je n'ai pas envie de franchir. Parce que ce sera certainement mal perçu par certaines personnes. Et je n'ai pas envie de ça. La vie est une fête, j'ai envie de m'amuser et de ne pas me prendre la tête. Mon spectacle est un divertissement total, duquel on ressort revigoré. Je fais tout pour que mon public soit à l'aise pendant mon spectacle.
GUIDO: Parmi les nouveaux humoristes français, desquels vous sentez-vous le plus proche?
Arnaud Ducret: Sans hésiter, Jérôme Commandeur. Non pas parce que c'est un ami mais parce que je suis complètement fan de son humour. Mathieu Madénian me fait beaucoup rire, même si je serais totalement incapable de faire ce qu'il fait. Il y a aussi le Comte de Bouderbala, Jeff Panacloc, Eric Antoine, …
GUIDO: Tous ces humoristes ne se tirent-ils pas dans les pattes parfois?
Arnaud Ducret: Quand je fais l'émission d'Arthur, j'essaie de faire rire les gens par moi-même, mais également de servir les situations et non de tirer la couverture à moi. Quand tu veux en faire trop, ça se voit. Cette émission (ndlr: Vendredi, tout est permis) est une totale récréation, on est là pour s'amuser entre potes, sans être notés.
«J'ai toujours fait plus vieux que mon âge»
GUIDO: Après l'échec de Caméra Café 2, pourquoi avoir accepté d'être le personnage principal du programme court de France 2, Parents, mode d'emploi?
Arnaud Ducret: J'étais déjà honoré qu'on me le propose, mais c'est surtout Alix Poisson, ma camarade, qui m'a décidé à le faire. Notre couple fonctionne très bien. On se soutient beaucoup et on est de très bons amis, ce qui ajoute une plus-value à nos rôles respectifs. L'écriture très actuelle m'a beaucoup plu aussi. On peut en plus se permettre de réécrire certaines choses.
GUIDO: Vous n'avez pas eu peur d'incarner un papa d'ado à 35 ans?
Arnaud Ducret: Pas du tout. J'ai toujours fait plus vieux que mon âge, ce qui m'apporte des rôles plus intéressants que ceux de jeunes premiers. J'adore défendre le rôle d'un père de famille, c'est génial.
GUIDO: Autre corde à votre arc, la voix d'Emmet, le personnage principal de La Grande Aventure Lego, c'était vous!
Arnaud Ducret: Personnellement, j'adore la post-syncro. En plus, doubler un dessin animé, c'est un gros kif. Mon neveu, qui a dix ans, était comme un ouf de savoir que c'était moi la voix derrière le personnage en Lego! En plus, c'est en quelque sorte un personnage figé dans le temps, le seul personnage que j'ai incarné et qui ne vieillira pas!
GUIDO: Avec le succès que l'on sait!
Arnaud Ducret: Ça a été en effet un énorme carton aux États-Unis. Ils sont d'ailleurs déjà en train de travailler sur le deuxième épisode. J'espère donc qu'Emmet sera de retour dans le prochain film parce que c'était une chouette expérience, ce doublage.
GUIDO: On sent bien que vous êtes un homme comblé. De quoi avez-vous encore soif aujourd'hui?
Arnaud Ducret: J'ai envie de continuer à aller vers les gens, de faire du cinéma, d'avoir de beaux rôles, … Il y a tellement de choses à explorer dans le monde du cinéma… et je ne demande que ça.