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23/03/2015

Les années d'études de ​RODRIGO BEENKENS

«J'ai fait beaucoup de sport en tant qu'étudiant, j’en avais bien besoin pour me remettre des guindailles de la veille!»


C’est au tour du journaliste du service des sports de la RTBF, Rodrigo Beenkens, de se pencher sur ses années d’études, d’abord en droit à Namur puis en communication à Louvain-la-Neuve. Il nous raconte ses souvenirs d’étudiant déjà passionné par le sport.

 

GUIDO: Pourquoi avoir choisi de commencer par des études en droit? Vous n’aviez pas encore cette ambition de commentateur sportif à l’époque? 

Rodrigo Beenkens: C’était une passion, pas une ambition. Ça me semblait tout-à-fait irréel et à part commenter quelques matches de football en jouant au Subbuteo (l’ancêtre de FIFA) seul dans ma chambre ou amuser mes amis en commentant nos matches, ça n’allait pas plus loin. Le droit a été un choix par défaut. Je n’ai jamais été très à l’aise dans les matières scientifiques, les maths, la physique, la chimie, j’étais plus langues, lettres et allez savoir pourquoi, j’aimais bien prendre la parole. (sourire) J’ai fait un peu de théâtre amateur, et j’aimais bien imiter les journalistes célèbres à l’époque. Le droit m’offrait ce qui me semblait aller le plus dans mes goûts. Mais plus j’avançais plus je me disais: «suis-je vraiment fait pour ça?». Le droit n’était pas comparable par exemple à la médecine au niveau pratique. Avec pratiquement pas de stage, l’aspect concret me manquait beaucoup.

 

GUIDO: Quel a été le déclic qui vous a donné le goût du journalisme?

Rodrigo Beenkens: Le déclic qui m’a fait basculer, c’est qu’un jour en vacances au Portugal, un ami journaliste, qui connaissait ma passion pour le football, m’a invité à manger pour que je lui parle de l’équipe de Bruges, qui allait affronter Boavista en Coupe d’Europe, à une époque où les clubs belges étaient très forts. Quand je découvre l’article, je constate qu’il a signé de son nom et du mien. C’était en 1985 et deux jours plus tard, j’étais convoqué par le grand patron du journal qui me proposait d’être correspondant football pour la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France. Je devais faire au moins deux ou trois articles par semaine. J’ai fait ça pendant un an et demi et j’ai adoré. Ils ne m’ont jamais payé!

 

GUIDO: Cette expérience vous a donc permis de mettre un pied dans le journalisme sportif et de ne plus jamais le retirer?

Rodrigo Beenkens: Cette expérience n’avait pas de prix! Je fais ce que j’adore et en même temps j’ai mes syllabi en droit sur le côté. Mais je n’imaginais jamais faire de la télé. Mon nom commençait à être connu et c’était parti. Un concours de circonstances a fait que se créent deux chaînes de télé, chose qui en Belgique n’arrivera plus jamais: RTL-TVI et Télé 21, qui était une chaîne 100% sportive. Deux journalistes allaient prendre leur retraite, j’ai passé un examen avec Georges Moucheron, qui présentait à l’époque le journal, et j’ai été pris.

 

«Certains profs ne m'ont jamais vu aux cours»

 

GUIDO: Quel genre d’étudiant était Rodrigo Beenkens?

Rodrigo Beenkens: Disons qu’il a mûri, il n’avait certainement pas une grosse maturité quand il a commencé ses études. Dire que je n’ai pas profité de ma première candi, ce serait mentir. J’ai lamentablement raté la première année, puis ça a été. Jusque-là, j’étais le genre d’étudiant dont on disait: «bien mais peut mieux faire». Je ne me suis jamais vraiment donné à fond. J’étais attentif mais pas un bosseur et pas très rigoureux, c’est drôle car aujourd’hui c’est tout-à-fait l’inverse. Cette année-là, je sortais tout le temps! J’ai fait la fête, je me souviens même que j’ai eu le titre de vice-délégué guindaille de la fac de droit! Ne faites pas un titre avec ça, s’il vous plaît! (sourire)!

 

GUIDO: Vous étiez donc très loin d'être un étudiant assidu!

Rodrigo Beenkens: Certains profs ne m’ont jamais vu aux cours. Habitant Namur, je dormais à la maison, sans kot: mes parents m’ont toujours laissé très libre, ils avaient une grande confiance en moi, que je ne leur rendais pas nécessairement. Je rentrais à six heures et quand mon père me disait: «Je pars travailler», je n’en menais pas large… On m’a quand même fait comprendre que les études coûtaient cher, et que maintenant fallait y aller. Je suis donc arrivé très motivé en deuxième, avec le défi de moins guindailler et d’être mieux structuré. Des assistants m’avaient dit que certains profs m’avaient dans le collimateur, avec des examens seulement oraux à l’époque: je devais parfaitement connaître certains cours, comme droit romain, où je n’ai pourtant eu que 10!

 

GUIDO: À quel moment avez-vous opté pour la licence en communication?

Rodrigo Beenkens: J’ai changé en première licence de droit avec encore quatre examens à passer en deuxième session: j’avais passé la mi-parcours. Mes parents me disaient de bien réfléchir, que je pouvais encore le faire après, mais c’était instinctif: je devais le faire. Si je suis là où je suis maintenant, je le dois à moi-même et à eux aussi. Ensuite, ça a été tout seul. Je suis arrivé comme pigiste à la RTBF alors que je n’avais pas encore fini ma licence, the right man at the right place at the right moment car ils cherchaient quelqu’un juste à ce moment-là. Et je me suis senti comme un poisson dans l’eau, j’ai eu un déclic, une lumière: tout s’ouvrait d’un coup, que des évidences!

 

GUIDO: Et à Louvain-la-Neuve, comment ça s’est passé par rapport à Namur?

Rodrigo Beenkens: C’est l’épanouissement complet à Louvain-la-Neuve: on prend confiance en soi. Ceux qui m’ont connu dans les deux villes ont connu quelqu’un de tout-à-fait différent. Je suis revenu responsable alors que la seule responsabilité que j’avais en droit, c’était de lever ma main droite pour boire une bière! (sourire) Je m'occupais de l’organisation des examens, j’ai même organisé un stand pendant les 24 Heures, jamais personne n’avait réussi. J’ai beaucoup guindaillé en première licence, moins en deuxième à cause des stages. En conclusion, j’ai l’impression d’avoir eu deux périodes, mais je crois que c’est normal, on mûrit, on apprend de ses erreurs. Je garde un super souvenir de mes études, car j’y ai aussi, et c’est fondamental, rencontré mes vraies amitiés durables à une ou deux exceptions près, ceux d’avant la télé.

 

«S'il y avait eu une caméra cachée dans mon salon pendant Mexico 86, j’aurais pu passer dans une émission pour débiles profonds!»

 

GUIDO: On sait que pour les étudiants, Roland Garros, Euro et Coupe du Monde riment avec blocus. C'était évidemment la même chose pour vous!

Rodrigo Beenkens: Ah oui, c’est la raison pour laquelle j’ai eu des examens de passage en première licence, d’ailleurs. Déjà en humanités, je n’étudiais pas bien avec Roland Garros. À l’époque de Vilas contre Wilander, j’avais le temps d’aller aux toilettes au moment du service, l’échange n’était pas terminé quand je revenais! (rires) C’était interminable… Mexico 86 aussi, avec le décalage horaire, mes parents dormaient et j’étais seul pendant les matches des Diables. Je sautais tout seul devant mon écran, s’il y avait eu une caméra cachée, j’aurais pu passer dans une émission pour débiles profonds! J’ai vécu ça avec beaucoup d’intensité et ça n’a pas été une grosse réussite. Il n'y a pas de tactique pour gérer ça! La clé de tout, ce n’est pas que l’étude, c’est l’organisation. J’ai sans doute retenu ces erreurs-là et je suis devenu très rigoureux, aussi dans mon métier… Toutes ces années d’études sont merveilleuses, il faut en profiter, évidemment tout est dans l’équilibre mais c’est une question d’organisation: la méthode est très importante. Aujourd’hui, se mettre devant un écran et ensuite devant un syllabus, ce n’est pas l’idéal. Il faut s’aérer. Et je reste convaincu que le sport est très important: j’en faisais beaucoup à l’époque où j’étais étudiant, du foot, du tennis, j’en avais bien besoin pour me remettre des guindailles de la veille! (rires)

 

GUIDO: Vous aviez un kot à Louvain-la-Neuve?

Rodrigo Beenkens: Oui, j’avais un kot de cinq ou six personnes. Pour les guindailles, c’était obligatoire car s’il y a bien un message que je peux donner dans votre magazine, c’est que les guindailles, c’est génial, mais il ne faut pas prendre la voiture après.

 

GUIDO: Aujourd'hui, qu’est-ce que vous préférez dans votre métier?

Rodrigo Beenkens: La diversité. On peut être amené à faire un commentaire en direct, un édito. J’aime bien prendre un sujet et essayer de prendre position, donner un point de vue. On est aussi tributaire de l’information. Il y a aussi un côté très enrichissant humainement; on a l’occasion de voir des choses, des gens, des cultures très différentes, ce qui permet d’avoir une vision sur le monde et sur soi-même très différente. 


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