ERIC ANTOINE: L'illusionniste au grand cœur!
L’illusion et l’humour sont les deux grandes passions d’Eric Antoine. L’humoriste français, qui manie aussi bien les cartes que les rires de son public, sera à Forest National pour son spectacle actuel Magic Delirium le 31 mai prochain! Pour l’occasion, il s’est entretenu avec nous pour partager son vécu, ses envies mais aussi ce qui le touche au quotidien…
GUIDO: Quel est le point de départ de votre spectacle Magic Delirium?
Eric Antoine: Il a pour sujet les croyances. Toutes les formes de croyances, pas seulement celles de types religieuses ou encore la foi, mais je parle aussi du pourquoi les enfants croient leurs parents, le fait de croire aux médias, pourquoi nous croyons aux réseaux sociaux ou encore pourquoi croyons-nous en nous tout simplement? Ça touche les croyances de manière générale.
«Le public belge est meilleur. Le Français se la pète un peu!»
GUIDO: Vous serez le 31 mai prochain à Forest National. Est-ce différent pour vous de jouer en Belgique?
Eric Antoine: C’est même plus que ça, on peut diviser le pays en régions. En Belgique, il y a également des publics différents. Je ne retrouve pas les mêmes spectateurs à Bruxelles qu’à Liège. Je vais même sûrement me faire mal voir, mais le public belge est meilleur qu’en France (rires). J’aime le public belge, car je suis fan de l’absurde et de l’humour anglo-saxon, que je retrouve en Belgique et non en France. Et comme beaucoup d’humoristes le disent, le Français se la pète un peu, surtout le Parisien (rires)!
GUIDO: D'où vient cet amour du public belge?
Eric Antoine: Il y a un rapport plus direct avec lui. Je trouve que c’est assez exotique, il y a un esprit de fête en Belgique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
GUIDO: En parlant de la Belgique, que connaissez-vous de ce pays?
Eric Antoine: Je connais le Carré de Liège, où j’adore me balader (rires). Je suis fort ami avec des gens d’ici, en particulier des humoristes, comme Virginie Hocq ou les Frères Taloche. Je connais plus les gens que les villes en réalité, car quand tu es sur scène, tu n’as pas le temps de visiter le coin où tu te produis. Maintenant, j’ai de très bons souvenirs de la ville de Rochefort par exemple!
GUIDO: Vous avez déjà joué plusieurs fois votre spectacle en France. Comment cela se passe-t-il jusqu'à présent?
Eric Antoine: Vraiment très bien! C’est le troisième spectacle que je fais. À chaque fois, je prends une page blanche et je recommence une nouvelle aventure. Il n’y a donc jamais un numéro identique au précédent. Le moment où je sais que le spectacle est prêt, c’est quand les gens viennent me voir et me disent que ce numéro-là est meilleur que le précédent.
GUIDO: C’est votre troisième grand spectacle, vous avez fait des centaines de représentations dans toute la France. Le trac est-il malgré tout toujours présent?
Eric Antoine: Oui, toujours. Car chaque représentation est un nouveau défi. Tu ne sais pas si le public va être conquis. Avant, j’étais une sorte d’outsider, je ne savais pas si les gens allaient aimer ce que je leur proposais. Je suis quelqu’un de fou et les gens savent à présent à quoi s’attendre en venant me voir, ce qui me fait encore plus peur.
GUIDO: Chaque soir, c’est une nouvelle histoire que vous écrivez avec votre public…
Eric Antoine: Oui, c’est aussi une histoire d’amitié. J’espère juste que je ne vais pas les saouler. (rires)
«L'amour de la magie m'est venu par la volonté de changer la réalité»
GUIDO: Par le passé, vous faisiez également des interventions dans des hôpitaux…
Eric Antoine: J’en réalise encore actuellement. À la base, je proviens d’une famille de médecins. Dès mes 18 ans, je montais des spectacles avec des familles de patients. Cela permettait de créer des liens, car il faut savoir que ces milieux-là sont hyper pyramidaux. Puis après, j’ai fait beaucoup d’interventions artistiques en sortant ces gens-là du train-train quotidien. Maintenant, je suis également parrain de deux associations, 'Rien que pour guérir' et 'Magie à l’hôpital', pour lesquelles je réalise des visites hospitalières.
GUIDO: Quand vous est venu cet amour pour la magie?
Eric Antoine: Je pense que c’est venu par la volonté de changer la réalité. Montrer que le réel n’est pas forcément ce qu’il est et qu’on peut finalement l’influencer. C’est très fort selon moi de transformer la réalité.
GUIDO: Gérer autant de représentations, c’est probablement fatigant. Comment arrivez-vous à tenir le coup?
Eric Antoine: En effet, c’est très fatigant. Mais c’est la motivation qui te pousse à aller sur scène et vivre des choses vibrantes. Ne fut-ce que par respect pour les personnes qui viennent te voir.
GUIDO: Quel spectacle retenez-vous en particulier?
Eric Antoine: Le mois passé à l’Olympia. C’est mythique! Quand j’étais plus jeune, j’allais voir des groupes de musique dans cet établissement. Et maintenant, savoir que je m’y produis et que je suis dans le même univers qu'eux me transporte. Et le meilleur moment, c’était de voir mon fils courir seul deux heures avant le spectacle à travers les rangées de la salle, un moment vraiment magique!
GUIDO: Vous jouez avec votre femme. Cette cohabitation sur scène est-elle toujours facile à vivre?
Eric Antoine: C’est à la fois compliqué et plaisant. Lorsque ça fonctionne bien, tout va bien, nous partageons ces bons moments ensemble. Mais quand ça ne va pas, ce sont des moments pas évidents. Mais nous avons une relation très forte et nous sommes très unis!
GUIDO: Si vous aviez des conseils à donner à des jeunes voulant se lancer dans une carrière d’humoriste, quels seraient-ils?
Eric Antoine: Il faut s’intéresser à l’ensemble des arts. Et surtout ceux qu’on n’a pas envie d’aller découvrir. La curiosité est très importante. Ce qui fait un artiste, c’est avoir un nouveau regard sur le monde et tout ce qui l'entoure.
GUIDO: Que peut-on encore vous souhaiter pour la suite?
Eric Antoine: D’être un fou 'équilibré'. Que je trouve une paix intérieure en quelque sorte. Je suis fou, mais pour l’être, il faut également être bien équilibré.