Image
21/12/2015

PABLO ANDRES: «L'humour, c'est pas drôle tous les jours!»

L'inénarrable agent Verhaegen, le décapant Ramon Culo, le déchaîné MC Furieux… Sous ces personnages truculents se cache l'humoriste Pablo Andres, omniprésent pour le moment, que ce soit en radio, en télé ou sur scène. Nous avons voulu savoir qui est réellement Pablo Andres en lui posant quelques questions sur son parcours étudiant.


GUIDO: Tu as commencé par une licence en communication…
Pablo Andres
: C'est ça, j'ai fait l'IHECS, comme beaucoup. J'ai choisi la section Publicité en licence. Parce que j'aimais le côté créatif que cela peut apporter, la source d'ingéniosité. Par contre, le côté marketing, ce n'était pas trop ma tasse de thé.

 

GUIDO: Pourquoi des études de communication et pas de théâtre?
Pablo Andres
: En fait, j'aurais bien voulu faire des études de théâtre parce que j'ai toujours eu ça en moi. Ma famille, mon père ne m'a jamais interdit de faire quoi que ce soit, mais je pense qu'inconsciemment, je me suis dit moi-même que ce n'était pas un métier ou que je n'étais pas assez bon pour le faire. Je n'ai donc pas fait ces études pour le rassurer lui, mais pour me rassurer moi-même. J'ai choisi des études de communication parce qu'il y avait beaucoup de choses qui m'y intéressaient et qu'elles proposaient un spectre assez large. Ça touchait vraiment à tout, que ce soit avec des cours comme la psychologie ou la sociologie comme la connaissance des médias que cela implique.

 

Cool et travailleur

 

GUIDO: Maintenant que tu es devenu un homme de radio et de télé, cette formation en communication te sert-elle encore aujourd'hui dans ta vie de tous les jours?
Pablo Andres
: Bien sûr. Je ne regrette d'ailleurs pas ce choix. Si je devais recommencer mes études, je ferais exactement la même chose, car ça m'a beaucoup aidé à savoir comment fonctionnent les différents médias, comment communiquer quelque chose. Le rire, c'est la même chose, ça sert à faire passer un message, tout comme la publicité. Je retiens l'aspect pratique qu'on a étudié, sur le graphisme par exemple, comment faire passer quelque chose visuellement, comment fonctionnent la radio et la télé, le montage, la réalisation, la photo, … Tout cela me permet de travailler plus facilement aujourd'hui. Ça m'a donné le vocabulaire pour pouvoir travailler, notamment sur mon émission télé que je suis en train de monter à l'instant.

 

GUIDO: Quel genre d'étudiant étais-tu?
Pablo Andres
: Je ne sais pas, c'est toujours difficile de parler de soi-même… Même si je me marrais bien en cours avec mes amis, je suis toujours resté quelqu'un de travailleur. C'était tranquille et cool la vie d'étudiant, avec des périodes de rush pendant les examens pour lesquels j'ai toujours fait les choses en urgence. Pendant ces périodes-là, je travaillais à fond, enfermé chez moi, et j'étais assez studieux. Par contre, le reste du temps, je faisais beaucoup la fête.

 

GUIDO: Les personnages qu'on connaît aujourd'hui étaient-ils déjà présents pendant tes années d'études?
Pablo Andres
: J'ai toujours imité et joué. À l'époque, je faisais de l'impro mais j'avais surtout un projet de musique à ce moment-là, je préparais même un album. J'étais donc surtout occupé par les concerts, c'était ma priorité en-dehors des cours. Je travaillais surtout là-dessus. Cela m'a appris à gérer un groupe, un projet. Tant que j'étais occupé avec la musique, j'ai laissé l'humour de côté. Je faisais bien quelques petites choses, mais je n'y mettais pas le temps nécessaire. Chaque chose en son temps. Même si ça a toujours fait partie de moi et que c'est quelque chose que je voulais vraiment faire.

 

GUIDO: Tu envisages maintenant un retour en musique?
Pablo Andres
: Pas comme je l'ai fait où c'était assez premier degré. Par contre, j'utilise la musique dans ce que je fais aujourd'hui, je fais souvent chanter mes personnages, par exemple. Mais je ne pense pas revenir vers ce que je faisais, parce que je pense qu'il y en a qui le font vraiment mieux que moi!

 

GUIDO: Tu as ensuite bifurqué vers des études de théâtre…
Pablo Andres
: Après avoir fini mes études à l'IHECS, j'ai eu l'occasion de faire une année de théâtre. Ça m'a tellement plu que j'ai continué, parce que je me suis rendu compte que c'était absolument ça que je voulais faire. J'ai ainsi suivi les trois ans de la formation à la Kleine Academie, une école de théâtre de Bruxelles qui s'est révélée parfaite pour moi parce qu'elle poussait vraiment la créativité des acteurs. Cette formation m'a beaucoup appris.

 

GUIDO: Entre tes études et le succès que l'on connaît aujourd'hui, y a-t-il eu des années de galère?
Pablo Andres
: Je ne suis professionnel de l'humour que depuis le mois de septembre de l'année passée. Et ce n'est que depuis cette période que je suis devenu 'humoriste professionnel'. Après mes études, j'ai eu la chance de faire du doublage de voix, ce qui m'a permis d'être indépendant, de payer mes factures et aussi d'apprendre un métier. Et ça m'a aussi donné le temps de monter mes projets à côté. Ça a quand même été un parcours du combattant parce que j'ai 35 ans maintenant et que je n'en vis que depuis un an. J'ai sacrifié certaines choses pour y arriver. Il faut s'accrocher car vivre de ce métier n'est pas évident, il y a très peu de places. Le rêve, c'était évidemment de pouvoir en vivre et j'ai procédé par étapes pour y arriver. Encore maintenant, il faut se battre tous les jours et se rendre compte que c'est un vrai travail: l'humour, c'est pas drôle tous les jours! (rires) C'est un truc très sérieux, c'est du travail. Il faut être rigoureux et précis; si on n'est pas passionné, ça peut devenir très compliqué. C'est un combat, mais c'est un plaisir aussi.

 

Un homme de scène

 

GUIDO: Sur scène, tu profites du retour direct du public, ce que tu n'as pas en radio ou en télé…
Pablo Andres
: Moi, ce que je préfère, c'est la scène parce qu'il n'y a rien de mieux que d'avoir un rire en retour. Tout à l'heure, je disais que ce n'était pas toujours drôle de faire rire, en tout cas dans l'amont, lors de la création. Par contre, quand on voit le public réagir à ses blagues, c'est un pur bonheur. C'est pour ça qu'on le fait. C'est grâce à la scène que beaucoup de personnages sont nés et ont été développés. J'ai toujours fait de la scène. Ce qui a changé maintenant, c'est que les gens connaissent mes personnages avant de venir les voir sur scène.

 

GUIDO: Comment t'expliques-tu ce succès fulgurant auprès des jeunes?
Pablo Andres
: Comme je ne sors pas beaucoup et que je suis enfermé dans ma grotte, je ne m'en rends pas toujours compte. Par contre, quand on a vu qu'on a réussi à remplir le Cirque Royal en trois semaines ou que les gens finissaient les répliques de mes sketches, ça m'a presque choqué! C'est seulement en voyant la réaction des gens que j'en ai pris conscience. Comment expliquer ce succès? C'est difficile pour moi de répondre, les gens ont peut-être besoin de rire actuellement ou s'identifient facilement à mes personnages.

 

GUIDO: Après la musique, la radio, la scène et la télé, pourrait-on t'imaginer au cinéma dans le futur?
Pablo Andres
: C'est le rêve absolu! Parce que ça me permettrait d'aller encore plus loin; tout est possible au cinéma, il n'y a aucune limite. Je suis bien évidemment conscient que c'est difficile d'y arriver, ce n'est donc pas vraiment quelque chose de 'matérialisable' pour le moment. Mais ça reste un de mes grands rêves et j'espère un jour arriver à faire des films avec mes personnages, comme Sacha Baron Cohen l'a fait par exemple. Mais si on va encore plus loin, toujours dans le rêve bien entendu, j'aimerais aussi me diriger ensuite vers des choses moins caricaturales et raconter de vraies histoires… En tant qu'acteur, ça doit être le pied, mais je suis conscient qu'on en est encore très loin. Aujourd'hui, je profite de ce que j'ai déjà et je suis super heureux. On va déjà se concentrer là-dessus!


Comments

Un nouveau campus pour l'UMONS en 2027

En septembre 2027, les étudiants montois auront la chance d'arpenter un nouveau campus universitaire [...]

5 spots instagrammables à Louvain-la-Neuve

Tu veux pimper ton fil Instagram? On te donne 5 endroits emblématiques de Louvain-la-Neuve où prendre [...]

  • Slider
  • Slider

Topmovies

SOCIAL

Jobs in the picture

  • Slider
  • Slider
  • Slider


GUIDO SA est l'entreprise média de niche numéro 1 en Belgique vers le groupe-cible des jeunes (les étudiants en particulier), les écoliers et les young starters.

Bruiloftstraat 127, 9050 Gentbrugge
Tel.: +32 (0) 9 210 74 84