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25/04/2016

Joachim Gérard: «Je n'ai jamais participé à une soirée étudiante»

Grâce à ses récentes performances (une victoire aux Masters et une finale à l'Australian Open), Joachim Gérard (27 ans) a permis au tennis en fauteuil d'obtenir une belle visibilité dans les médias en plus d'accrocher personnellement la troisième place dans le classement mondial de la discipline. C'est chez lui, à Court-Saint-Etienne, que nous avons évoqué son parcours étudiant atypique.


GUIDO: Tu as fait tes études à l'EPHEC de Louvain-la-Neuve…
Joachim Gérard
: En effet, même si j'ai d'abord tenté une année universitaire en mathématiques à l'UCL. Je n'ai pas accroché à ce style universitaire, au fait d'être cent dans un auditoire. Je préférais nettement l'atmosphère des Hautes Écoles, c'est pour ça que je me suis redirigé ensuite vers l'EPHEC, en technologie de l'informatique. J'ai directement accroché à ces études qui m'ont permis d'élargir mon domaine de prédilection, l'informatique, plus spécifiquement la programmation.

 

Un étudiant sérieux, mais dans le fond de la classe

 

GUIDO: As-tu joui d'un statut particulier de sportif de haut niveau au cours de tes études?
Joachim Gérard
: J'aurais pu, mais je ne l'ai pas fait. C'est peut-être aussi pour cette raison que j'ai été un peu laxiste lors de mon année universitaire. J'étais à ce moment-là parti sur un étalement sur plusieurs années, ce qui peut expliquer mon manque d'assiduité pendant cette année. Cela m'a décidé par après à faire mes trois années d'un coup, sauf pour l'année 2011-2012 où cela a été plus difficile à combiner puisque c'était l'année des Jeux Olympiques. Pour me concentrer sur ma carrière sportive à ce moment-là.

 

GUIDO: Quel genre d'étudiant étais-tu: plutôt guindailleur ou bloqueur?
Joachim Gérard
: Pas guindailleur du tout, ça n'a jamais été mon style, ni encore maintenant d'ailleurs. Je n'ai d'ailleurs jamais participé à une soirée étudiante. J'étais un étudiant sérieux, tout en restant dans le fond de la classe. Je ne faisais jamais plus que ce qu'il fallait, j'ai toujours éprouvé une certaine facilité à étudier, ce qui m'a permis de réussir juste au-dessus des 60%.

 

GUIDO: Les professeurs et les autres étudiants suivaient-ils tes performances avec attention?
Joachim Gérard
: Durant mes années d'études, je n'ai pas fait beaucoup de gros résultats. Ce n'est qu'après, avec les Jeux de 2012, que la médiatisation est arrivée. Quand je suis revenu plus tard pour récupérer mon diplôme, les étudiants étaient nombreux à me féliciter.

 

GUIDO: C'était important pour toi de continuer ces études même si tes performances sportives prenaient de plus en plus d'ampleur?
Joachim Gérard
: J'ai toujours été poussé par mes parents à faire des études et à avoir un diplôme. Tout en pouvant pratiquer mon sport à raison de six à huit heures par semaine. Ça permet de bien planifier et ça m'a appris, je pense, à bien gérer mon emploi du temps.

 

Le tennis… par hasard!

 

GUIDO: Le grand tournant de ta carrière fut sans aucun doute ta victoire aux Masters en décembre passé…
Joachim Gérard
: Au cours de ce tournoi, j'ai battu le numéro un mondial à deux reprises, alors qu'il était invaincu depuis 77 matchs. Ça a permis à ma carrière de faire un énorme boom. Ensuite, l'Australie (ndlr: où il a atteint la finale) en a remis une couche et a prouvé que cette victoire n'était pas due au hasard.

 

GUIDO: Tes victoires sont importantes car elles te permettent également de mettre en lumière ton sport?
Joachim Gérard
: C'est un de mes objectifs, en effet. Ça me plaît d'être reconnu dans la rue, mais ce n'est pas mon objectif premier dans la vie. Je cherche surtout à faire connaître mon sport, un des plus développés en handisport. Ce serait chouette que tous les sports pour handicapés évoluent dans ce sens. C'est grâce à la médiatisation que cela est possible.

 

GUIDO: Bizarrement, tu n'as pas directement commencé par le tennis…
Joachim Gérard
: J'étais un sportif de base. Je viens d'une famille très sportive. Ils nous ont toujours poussés à faire du sport en activités extra-scolaires. J'ai commencé très tôt par le tennis de table à la maison, ce qui était parfait pour moi étant donné que je ne marche pas très bien. Cela m'évitait de trop courir. J'ai très vite développé l'envie de me dépasser à ce moment-là…

 

GUIDO: …et d'agrandir le terrain?!
Joachim Gérard
: Pas vraiment, parce que le tennis est venu par hasard dans ma vie. J'ai d'abord commencé par la natation à l'âge de sept-huit ans, parce que c'est le sport de prédilection pour une personne handicapée, qui permet de ressentir des sensations que l'on n'a pas quand on marche, etc. En 2000, à l'âge de douze ans, j'ai subi une opération à ma jambe droite, ma jambe invalide, pour l'agrandir et corriger ma scoliose en même temps. Durant ces six mois où je me suis retrouvé en fauteuil, je n'ai pas pu marcher du tout et j'ai donc tapé mes premières balles de tennis pendant un séjour à la mer, juste pour le plaisir. Un mois plus tard, j'ai pu frapper mes véritables premières balles de tennis dans un fauteuil adapté, à la Palestre, l'ancien club de Justine Henin. Et j'ai tout de suite accroché. Mais la natation est quand même restée mon sport numéro un jusqu'à l'âge de dix-sept ans. Notre victoire en Coupe du Monde junior par équipes a été l'élément déclencheur qui m'a décidé à partir en tennis-études au Lycée Martin V. Avec la suite que l'on connaît.

 

Une petite raclée à Justine Henin

 

GUIDO: Existe-t-il des qualités spécifiques à avoir pour être un bon tennisman en fauteuil?
Joachim Gérard
: On me dit souvent que je suis très baraqué, mais c'est un peu normal! Vu qu'on n'utilise pas les jambes, les bras sont mis doublement à contribution. Tout le haut du corps est rudement mis à l'épreuve. Je ne pense pas qu'il faille avoir une qualité propre au tennis en fauteuil. Le déplacement sur le terrain est tout aussi important que chez les valides. Et les points forts debout seront les mêmes assis. Le service, la force des balles ou le mental sont importants.

 

GUIDO: Tu t'entraînes dans le club de Justine Henin. Tu as déjà eu l'occasion d'affronter cette grande championne?
Joachim Gérard
: J'ai joué avec elle dans le cadre de Cap 48. On a d'abord joué quelques balles debout avant quelques échanges chacun dans un fauteuil. Elle était déjà impressionnée par ce que je faisais, mais elle a été encore plus admirative de mes exploits une fois qu'elle s'est installée dans le fauteuil. Ça n'a pas été facile pour elle, je lui ai mis une petite raclée! (sourire)

 

GUIDO: Quels sont tes objectifs majeurs pour cette nouvelle saison?
Joachim Gérard
: Cette année, l'objectif numéro un est la route vers Rio (ndlr: où auront lieu les Jeux Paralympiques) et de ramener une médaille. Et pourquoi pas l'or? Ce serait le rêve ultime! Et si, en plus, la place de numéro un mondial vient avec, on ne va pas cracher dessus! (sourire)


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