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17/04/2017

DAN GAGNON: «Mes trois années d'études furent les cinq plus belles années de ma vie!»

En promo pour sa Première tournée d'adieu, son nouveau one-man-show qui traverse notre plat pays actuellement, le plus canadien des humoristes belges nous a donné rendez-vous dans un resto non loin du rond-point Montgomery à Bruxelles. C'est donc autour d'un américain-frites et de quelques bières que nous avons retracé en sa compagnie son parcours d'étudiant.


GUIDO: Tu as fait des études de communication au Canada…
Dan Gagnon
: Exactement! Au Québec, il existe une étape entre les études secondaires et universitaires qui s'appelle le cégep (ndlr: collège d'enseignement général et professionnel, deux années pré-universitaires). Tu dois donc déjà choisir en secondaire (à l'âge de seize ans) vers quel domaine tu veux te diriger. J'hésitais alors entre le droit, une business school ou la communication. Mes parents ont été très mignons quand je leur ai annoncé que j'avais choisi la communication parce que ce n'était pas le domaine où il y avait nécessairement le plus d'avenir! Ils m'ont pourtant soutenu dans mon choix.

Le blues du dimanche soir

GUIDO: Te voici donc parti pour des études de communication publique!
Dan Gagnon
: Ces trois ans de bac furent les cinq plus belles années de ma vie! (rires) J'ai loupé deux cours et j'ai traîné, traîné pour les finir. Mon cours de géo, je l'ai échoué deux fois parce que je ne me suis jamais présenté à l'examen. J'ai finalement pris un cours de santé et sécurité au travail pour compléter mon baccalauréat en communication publique.

GUIDO: Aux États-Unis, la remise des diplômes obéit à un rite particulier, avec discours, toges et chapeaux qui volent à l'issue de la cérémonie. C'est aussi le cas au Canada?
Dan Gagnon
: Ça s'appelle la collation des grades au Québec. J'avais d'emblée prévenu mes parents: «Moi, je n'irai pas, le protocole et tout…». Parce que je savais très bien que mon nom n'allait jamais arriver dans la liste des diplômés! Par contre, on avait pris une photo avec les chapeaux en début d'année, j'ai donc emmené mes parents voir la photo. Je ne leur ai avoué qu'après que mes études avaient duré un peu plus longtemps!

GUIDO: En dernière année, tu as pris l'option journalisme…
Dan Gagnon
: En effet, je voulais devenir journaliste sportif. Il y a beaucoup de raisons qui peuvent influencer ton choix: soit tu veux beaucoup de congés, soit du pognon, faire ce que tu aimes, faire du bien à la société d'une manière générale… Personnellement, j'ai toujours voulu que mon travail soit la portion rémunérée de mes loisirs. Je voulais vivre de ma passion, je préférais être plus pauvre mais que mes vendredis soirs ne soient pas différents de mes dimanches soirs. Pendant toutes mes études, j'ai eu le blues du dimanche soir, je n'avais donc pas envie de me retrouver dans la même fucking situation une fois au travail. Je ne voulais pas compter les jours jusqu'au vendredi. J'ai donc choisi le journalisme sportif parce que le sport était la chose que j'aimais de façon constante, à part ma mère, depuis ma naissance. J'ai pu en faire un peu pendant mes études, je couvrais l'équipe de hockey sur glace dont mes parents avaient les billets de saison. Sans oublier le journalisme agricole…

GUIDO: Le journalisme agricole?!
Dan Gagnon
: J'étais journaliste pour La Vie Agricole qui est encore à ce jour le meilleur modèle financier de journal qui existe au monde! Il était distribué à tous les fermiers qu'on appelait pour voir s'ils voulaient qu'on fasse un reportage sur leur exploitation. On contactait alors leurs fournisseurs pour qu'ils paient pour des publicités. C'était véritablement une machine à imprimer du fric. Pendant un certain temps, j'y étais le seul journaliste. Comme ce n'était pas très crédible, j'avais pris trois-quatre pseudos. Mais j'écrivais le journal de A à Z. J'y ai appris énormément de choses sur le monde fermier que je n'aurais jamais googlées, même bourré à cinq heures du matin! (rires)

Top-modèles vs tabliers dégueulasses

GUIDO: Étais-tu déjà le petit rigolo de la bande à cette époque-là?
Dan Gagnon
: Pas vraiment, vu que j'ai sauté une année en primaire, je n'ai pas eu d'amis pendant des années. Je me suis fait limite bullyé un peu. Quand je suis arrivé à l'université, je me suis senti hyper libre: j'avais un appart, un boulot étudiant, mes copains… On sortait beaucoup, ma vie d'étudiant fut en quelque sorte un rattrapage de vie sociale. Je me suis fait plus de contacts dans les bars que dans les salles de classe.

GUIDO: Existe-t-il un équivalent du baptême étudiant au Canada?
Dan Gagnon
: On appelle ça l'initiation et ça dure une semaine. Il y a uniquement une journée durant laquelle on est crades, mais le reste est tellement différent de ce qui se fait en Belgique. Quand j'ai débarqué à Louvain-la-Neuve, les gens étaient littéralement dégueulasses, se jetaient des bières à la gueule, ne lavaient jamais leur tablier. Putain, t'es à l'université, y a que des gens célibataires, jeunes, beaux et intelligents. Et vous vous dégueulassez? Chez nous, c'est plus proche de ce qu'on peut voir dans les films américains. Lors de notre grande soirée du jeudi, tout le monde était habillé comme des fucking top-modèles! C'est tellement différent, surtout en communication où les filles étaient habillées en journée comme si elles allaient monter les marches à Cannes!

GUIDO: Tu habitais chez tes parents?
Dan Gagnon
: Mes parents habitaient à 150 kilomètres de l'université, je ne vivais donc pas chez eux! Ma première année, je l'ai passée dans le sous-sol d'une dame. J'ai toujours adoré les espaces restreints, j'étais donc bien là-bas.

Un hamburger au détriment d'une fille canon

GUIDO: Tu as toujours voulu devenir humoriste?
Dan Gagnon
: Dès l'âge de douze ans, j'ai eu envie de faire de l'humour. J'ai commencé à écrire des sketches vers 15-16 ans. Et ce n'est qu'à 27 ans, en Belgique, que je suis monté sur scène pour la première fois! J'avais envie d'être humoriste comme d'autres rêvent d'être ballerine pour Béjart ou footballeur pour les Diables Rouges. C'était un doux rêve, comme celui de devenir dresseur de Pokémons! Ça ne me semblait pas réaliste.

GUIDO: D'éventuels regrets concernant cette période de ta vie?
Dan Gagnon
: (réfléchit) Un jour, j'ai fait le pire choix qui existe au monde. Lors d'une soirée au pub de l'Université Laval, on commence à se draguer avec une fille absolument magnifique. À l'époque, on pouvait encore fumer en soirée et ils distribuaient des paquets d'allumettes dans les bars. À l'intérieur, il y avait deux choses: nom et numéro de téléphone. C'était vraiment fait pour donner son numéro de téléphone. Ça commence à chauffer avec la fille, la soirée se passe bien, t'as même l'impression d'être fucking Kanye West! Elle me note son numéro de téléphone sur le paquet d'allumettes. En fin de soirée, je me rends compte que j'ai perdu mon portefeuille, le genre de truc qui arrive dans ce genre de soirée. Et j'ai méga faim. En sortant, son coloc me propose d'aller au McDo et de me reconduire chez moi après. Elle aussi me propose de me reconduire. Je la regarde et je lui dis: «On ne pourrait pas aller manger avant?». Elle refuse évidemment et je lui réponds alors: «Je m'excuse, mais j'ai vraiment trop faim»! What a fucking loser! J'ai choisi un hamburger au détriment d'une fille canonissime.

GUIDO: On a pu le remarquer, ces années d'études ont été un grand souvenir!
Dan Gagnon
: Si je pouvais sacrifier cinq années d'espérance de vie pour retourner à l'unif, je n'hésiterais pas une demi-seconde!

Plus d'infos sur www.dangagnon.be

Photos: (c) Arnaud Laurent
 


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