Le parcours 100% foot d'ANNE RUWET
Tous les amateurs de foot connaissent maintenant le visage d'Anne Ruwet qui distille depuis quelques années sa science du ballon rond sur RTL. Nous avons pris rendez-vous avec la charmante journaliste pour égrainer en sa compagnie son parcours 100% foot.
Des études très studieuses
GUIDO: Grande passionnée de foot, tu as choisi de faire des études de communication en pensant déjà travailler dans ce domaine…
Anne Ruwet: En effet, c'était vraiment mon objectif. Vers l'âge de douze ans, j'ai eu une sorte de révélation en allant au foot avec mes parents et ma sœur. Directement, j'ai voulu en faire mon métier et travailler dans le milieu du foot. Je me suis dit: et pourquoi pas par le biais du journalisme sportif. J'ai d'ailleurs récemment retrouvé les coupures de journaux que je découpais pour faire en quelque sorte une récolte d'informations sur le foot.
GUIDO: Après deux années de candidature dans ta ville, à Liège, tu as terminé par deux années de licences à Louvain-la-Neuve. Ce changement n'a-t-il pas été trop difficile?
Anne Ruwet: Étant très famille, ça n'a pas été un choix évident de partir en kot à Louvain-la-Neuve. Mes parents m'ont beaucoup soutenue dans mes choix, même si ce n'était pas facile de percer dans ce métier à l'époque.
GUIDO: Tu étais quel genre d'étudiante?
Anne Ruwet: Je n'étais pas une grande sorteuse. Je n'ai donc pas beaucoup vécu le côté festif de Louvain-la-Neuve. J'étais dans un petit appartement toute seule, parce que j'avais besoin d'avoir mon petit endroit à moi, mon petit nid réconfortant. Et quand j'avais envie de voir mes potes, c'est moi que le décidais. Le week-end, c'était directement retour à la maison car je fais partie d'une famille très unie, notamment par le sport et ces moments qu'on a partagés au stade, par exemple.
Un stage décisif à la RTBF
GUIDO: Ton premier stage dans le milieu du sport a été un véritable déclic.
Anne Ruwet: Pendant ma dernière année d'études, j'ai eu la possibilité de faire un stage d'un mois. Vu que je voulais travailler dans le sport, j'ai choisi RTBF-Sport parmi la liste des possibilités de stage. Quelques autres étudiants ont essayé de me décourager en me disant que ça n'irait pas pour la RTBF étant donné que j'étais une femme. La secrétaire m'a alors poussée pour me mettre au service des sports!
GUIDO: C'est assez dingue de se dire que c'était encore un débat à l'époque alors qu'on voit naturellement beaucoup de présentatrices de foot à la télé aujourd'hui!
Anne Ruwet: Beaucoup plus en France, en Belgique, on n'est pas beaucoup! Si, à l'époque, mon choix pouvait paraître étonnant, je ne le regrette absolument pas aujourd'hui. Il devait y avoir 31 jours dans ce mois de stage et je pense en avoir travaillé 29! J'étais là tout le temps, je voulais prendre un maximum d'informations. J'ai vraiment montré que j'étais hyper motivée.
GUIDO: Tu ressens parfois plus de pression à être une femme dans ce milieu majoritairement masculin?
Anne Ruwet: L'amateur de foot est de plus en plus exigeant et a de plus en plus la possibilité de s'exprimer, notamment via les réseaux sociaux. On n'a donc vraiment pas le droit à l'erreur. Et dans ce cas, être une femme, malheureusement, c'est encore pire. Si un homme fait une erreur, on dira que c'est de la distraction. Contrairement à une femme qui sera nettement plus critiquée. Même si ça a quelque peu changé aujourd'hui, au début, c'était vraiment ça. Je touche du bois car, pour l'instant, ça se passe plus ou moins bien pour moi! Il faut vraiment gagner la confiance du téléspectateur, ce qui se fait petit à petit.
GUIDO: Tu as pu compléter ce stage par des piges à la RTBF?
Anne Ruwet: En plus des études, je travaillais tous les week-ends. C'est aussi pour cela que je conseille toujours aux étudiants de trouver le stage qui leur semble le plus percutant car c'est à ce moment-là qu'on se rend compte de ce qu'est réellement le monde du travail.
Premières armes à Standard TV
GUIDO: Après tes études, tu t'es retrouvée à la tête de l'émission du Standard, comment as-tu été engagée?
Anne Ruwet: Vu que je me rendais régulièrement aux matchs du Standard, j'ai eu la chance de rencontrer Pierre François (ndlr: le directeur général du Standard de Liège jusqu'en 2012). Et c'est tombé à point nommé puisqu'il était question de lancer une nouvelle émission, Standard TV. Vu que c'était uniquement diffusé sur RTC et sur le site du Standard, il n'y avait pas la même pression que sur les chaînes nationales, c'est donc un apprentissage incroyable vis-à-vis du rapport à la caméra ou avec les joueurs.
GUIDO: Tu avais le droit de critiquer le Standard sur cette chaîne de télé?
Anne Ruwet: L'objectif de Standard TV était vraiment de parler aux supporters, mais de manière cohérente. Le supporter, ce qu'il déteste le plus, c'est d'être pris pour un con.
GUIDO: Tu aurais eu du mal à accepter de faire ce job pour une autre équipe?
Anne Ruwet: Le Standard était le club de ma région, où il règne une ferveur incroyable. J'avais aussi la confiance de la direction pour lancer ce projet. Je pense donc que tous les ingrédients étaient réunis pour que ça se passe super bien. Je suis une telle passionnée que je ne compte pas mes heures et que je vis mon métier à 100%. D'ailleurs, quand je suis en congé, je continue à regarder du foot! Je n'ai jamais vraiment l'impression de travailler.
L'Europa League sur AB3
GUIDO: Ensuite, tu montes encore en puissance en devenant le visage de l'Europa League sur AB3!
Anne Ruwet: Ce fut une superbe expérience. AB3 avait obtenu les droits de l'Europa League, à la surprise totale des autres chaînes. Une petite bombe dans le milieu du foot.
GUIDO: Devant ton micro se sont alors succédés quelques ténors du ballon rond…
Anne Ruwet: On m'a directement proposé de réaliser les interviews. Moi, je m'imaginais face à Ariel Jacobs (ndlr: l'entraîneur d'Anderlecht à l'époque), c'est quand même assez impressionnant. J'ai pris sur moi et je me suis dit qu'à un moment donné, il faut foncer! Je ne remercierai jamais assez les personnes qui m'ont fait confiance et m'ont donné le micro.
GUIDO: C'était facile de travailler avec Marc Delire, l'un des commentateurs les plus emblématiques du pays?
Anne Ruwet: Il m'a beaucoup encouragée. Il me disait toujours de bien préparer mes statistiques, mes infos, il voulait m'entendre un maximum. J'ai beaucoup appris à ses côtés.
L'arrivée dans la famille RTL
GUIDO: Quelles ont été tes premières impressions quand tu es arrivée à RTL?
Anne Ruwet: Je suis arrivée ici grâce à Stéphane Pauwels qui m'avait remarquée sur Standard TV. Au moment où RTL a racheté les droits de l'Europa League, il devait créer une nouvelle équipe et il a pensé à moi. De nouveau une chance énorme pour moi. En plus de passer du rôle de consultante à celui de présentatrice de l'Europa League. Moi, je n'avais rien demandé du tout, on est venu vers moi pour me proposer ce nouveau défi.
GUIDO: Tu as dû avoir un pincement au cœur quand les droits de l'Europa League ont été attribués à la RTBF pour cette année?
Anne Ruwet: Si on comptabilise AB3 et RTL, ça faisait quand même neuf ans que j'étais liée à cette compétition. C'était un peu mon bébé, mais ce n'est pas lui qui a grandi, mais moi qui ai grandi grâce à l'Europa League. J'ai passé de super moments grâce à cette compétition. Lors de la dernière, on avait tous la gorge nouée, mais surtout par rapport à l'effectif. On était toujours ensemble, Johan Walem, Jean-Marc Ghéraille et moi. On était contents de se retrouver, comme une bande de potes devant un match de foot!
GUIDO: Comment as-tu vécu l'épopée russe des Diables Rouges?
Anne Ruwet: Étant donné que je présentais une capsule tous les jours dans le journal télévisé, je regardais les matchs avec mon œil de supportrice mais le boulot était tellement intense que j'ai vécu cela ici à RTL, même le samedi et le dimanche.
Nouveau challenge: la Ligue des Nations
GUIDO: La Ligue des Nations a fait son apparition sur RTL. Comment expliquerais-tu cette nouvelle compétition à un néophyte?
Anne Ruwet: De septembre à novembre, quatre matchs opposeront les Diables Rouges à la Suisse et l'Islande (deux matchs allers-retours). Ensuite, en juin 2019, les équipes qualifiées tenteront de remporter ce nouveau trophée, qui donnera également un billet pour l'Euro 2020. Elle a aussi un attrait particulier parce que c'est la première fois qu'elle est organisée.
GUIDO: L'objectif est de remplacer les matchs amicaux ronronnants et sans enjeu?
Anne Ruwet: En effet, ça remplace en quelque sorte les matchs amicaux car il y a un enjeu réel. Les Diables Rouges se verront ainsi affronter des adversaires plus prestigieux, avec un objectif à la clé. Je pense que l'amateur de foot n'a qu'une seule envie: retrouver les Diables Rouges. Et on sent vraiment qu'il se passe quelque chose avec notre équipe nationale en ce moment. On ressent une émulation quand ils se retrouvent tous ensemble.
GUIDO: Au cours de ta carrière, tu n'as jamais commenté un match de foot, un regret?
Anne Ruwet: Pas du tout. Ça n'a jamais été mon objectif. En plus, il y a des gens qui le font mieux que moi, il y a un tel travail spécifique au niveau de la voix par exemple que je ne m'imagine pas le faire. Il faut aussi savoir reconnaître les terrains sur lesquels on ne sera pas performant.
Photo: (c) Olivier Pirard - RTL Belgium