AN PIERLE
Guido: - Quel a été ton cursus d’études?An: - J’ai fait une école de théâtre: le Studio Herman Teirlinck, à Anvers. C’était de ’92 à ’96. J’ai suivi les cours d’art dramatique, et les premières années, c’était surtout du théâtre, puis c’était plus diversifié. On devait écrire des trucs nous-mêmes. Il y avait beaucoup de musique. C’est là que j’ai recommencé le piano, pour faire des chansons.
Guido: - Quelles étaient les disciplines où tu te défendais le mieux?
An: - Mmm… Le problème avec une école comme celle-là, c’est qu’on n’avait pas des maths, du néerlandais ou des branches comme ça. C’était surtout du théâtre et de la musique. En musique, j’ai découvert que je pouvais écrire. Ça a été très important pour moi. Mais de là à dire que j’étais meilleure, ou simplement bonne…
Guido: - Si tu sortais d’humanités aujourd’hui, tu referais le même choix d’études?
An: - Je pense que oui, parce que quand tu sors d’humanités, tu te dis: «Oh, je voudrais faire du théâtre», et ça te donne une excuse pour faire ces études, ou des études en général. On avait quelques très bons éducateurs qui nous stimulaient beaucoup, même à faire des fautes… Ça nous pousse en avant. C’est important. Mais après quatre ans, j’ai beaucoup de remarques à faire sur de telles études.
Guido: - De quel type?
An: - Il y a déjà beaucoup de gens qui n’y entrent pas car il y a un examen d’entrée. Il y a aussi des gens qui y entrent, qui obtiennent un diplôme, puis qui n’en font rien, qui abandonnent la discipline. Les gens qui ont vraiment du talent, ou qui veulent vraiment y arriver, ne passent pas nécessairement par l’école, mais ils travaillent par eux-mêmes.
Guido: - Il n’est donc pas impératif de passer par ce type d’études artistiques pour devenir artiste?
An: - Non, ce n’est pas impératif, mais pour moi par exemple, c’est parce qu’on a dû écrire des textes d’une heure, à présenter en solo – ce que je n’aurais jamais fait par moi-même – que le déclic s’est fait et que je me suis rendu compte que je pouvais écrire des chansons.
Mais j’aurais quand même cherché mon chemin par moi-même…
Guido: - As-tu pu te servir de travaux scolaires comme matière première dans ta carrière?
An: - Oui. J’ai fait mes premières chansons à l’école, et quelques-unes sont restées sur le premier album.
Guido: - Y avait-il beaucoup de guindailles dans cette école?
An: - Non, très peu.
Guido: - Tu ne t’es donc pas fait baptiser?
An: - Oh non… Je déteste ça! Ces tabliers blancs toujours sales, ces gens très saouls… Je trouve ça horrible.
Non, on a fait une petite fête de bienvenue, mais pas avec des «dégueulasseries» comme ça…
Guido: - Quel est ton meilleur souvenir du temps de tes études?
An: - C’était la vie hors de l’école. Quand tu étudies, tu n’as pas encore beaucoup de responsabilités, mais tu vas habiter seule…
Guido: - Tu kotais?
An: - Oui, j’habitais un appartement avec trois filles.
Guido: - Et ton pire souvenir?
An: - Avec les profs, il y en a qui t’aiment et d’autres qui ne t’aiment pas. C’est très subjectif dans de telles études. Il y avait quelques profs qui ne m’aimaient pas du tout, et qui ont fait de leur mieux pour casser ma personnalité. Si t’es très fort, tu peux survivre à ça, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
Guido: - As-tu fait des jobs d’étudiant?
An: - Oh oui… Beaucoup. J’ai été promo-girl à la mer, j’ai travaillé dans un restaurant, j’ai fait un maximum de théâtre pour gagner de l’argent. Je n’avais pas beaucoup de sous. Je n’en ai toujours pas beaucoup, même si les gens pensent le contraire…
Guido: - Aurais-tu un conseil ou un message à faire passer à nos lecteurs?
An: - Ce que tu fais n’a pas d’importance, mais bien comment tu le fais.