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05/11/2019

Sur le toit du monde avec Niels Jespers

Avec ses 8611 mètres d'altitude, le K2 est le deuxième sommet le plus haut du monde après l'Everest. Pourtant, selon les experts, le sommet de celui-ci est plus difficilement accessible. Niels Jespers (un Anversois de 33 ans) a tenté l'ascension, mais a dû abandonner son expédition à 7900 mètres de haut. Une fois la déception passée, il a accepté de nous raconter sa fantastique ascension.


GUIDO: Le K2 est souvent surnommé La Montagne Sauvage parce qu'elle cause des accidents à un alpiniste sur quatre. Ça ne te faisait pas peur?
Niels:
 Ce sont de vieux chiffres, il y a eu beaucoup moins de décès ces dernières années. Puisqu'il y a de plus en plus de gens qui relèvent le défi, les sherpas suspendent des cordes fixes presque partout, ce qui améliore également la sécurité. En plus, j'étais bien préparé. S'entraîner dans une salle d'escalade n'est pas nécessaire pour une telle expédition, mais j'ai beaucoup nagé et passé beaucoup de temps sur une machine à ramer avec un masque à oxygène spécial pour simuler les conditions de haute montagne. Et j'ai aussi monté beaucoup de marches d'escaliers avec un sac à dos de 23 kilos, parce que j'avais décidé de porter mon propre sac à dos au Pakistan. Pour des raisons financières - les sherpas sont chers - mais surtout parce que je voulais le faire moi-même. Pour les mêmes raisons, j'ai également choisi de le faire sans bouteilles d'oxygène.

Le sommet ou son orteil

GUIDO: Et après, c'est parti pour l'aventure…
Niels: 
Oui J'ai atterri le 2 juin à Islamabad, la capitale du Pakistan. Avec quelques autres alpinistes, je me suis rendu dans le dernier village avant l'ascension, Skardu. De là, il faut faire une randonnée de sept jours sur le glacier de Baltoro pour atteindre le camp de base, à une altitude de 5000 mètres. J'ai ensuite dû construire moi-même quatre 'arrêts' vers le sommet et, petit à petit, assurer un confort suffisant dans chacun de ces camps. En d'autres termes, tu parcours la même distance plusieurs fois jusqu'à ce que tout soit effectivement installé dans le camp le plus élevé. Un casse-tête logistique qui prend quelques semaines avant de pouvoir entamer ce dernier voyage vers le sommet, mais cela laisse à ton corps le temps de s’acclimater à l'altitude. En outre, l'épuisement n'est pas seulement physique, mais aussi mental. Tout demande tellement d’efforts à une telle hauteur. Cela engendre une certaine léthargie. Quand quelqu'un dit quelque chose, tu ne l'assimiles que trois minutes plus tard. Soit, après quatre semaines, nous avons atteint le dernier arrêt avant le sommet, à 7700 mètres.

GUIDO: C'est alors que ça a mal tourné…
Niels: 
Le 18 juillet, nous avions fait une tentative pour atteindre le sommet, mais il y avait trop de neige épaisse plus haut sur la montagne, nous avons donc dû redescendre. La semaine suivante, les autres alpinistes ont fait une nouvelle tentative, mais malheureusement, je n'y étais plus. Lors d'une descente, j'avais remarqué une cloque sur mon gros orteil. Je pensais qu'après un temps de repos, je pourrais repartir, mais les alpinistes qui sont aussi des médecins et qui ont l'expérience des plaies gelées m'ont conseillé d'arrêter l'expédition. «Cet orteil est gelé, donc si tu veux le garder, tu ferais mieux de te faire soigner», m'ont-ils dit. Sur l'avis des médecins, j'ai alors décidé de prendre l'hélicoptère du camp de base à Skardu deux jours plus tard. Là-bas, j'ai attendu mes bagages pendant une autre semaine et, naturellement, j'étais aussi très curieux de voir s'ils atteignaient le sommet à la deuxième tentative ou non. Pour voir si j'avais loupé quelque chose et si j'avais pris la bonne décision. Quand j'ai appris qu'ils avaient réussi, j'étais heureux pour eux, mais surtout très déçu. Désormais, c'est un peu passé. Et j'ai certainement pris la bonne décision pour mon orteil. J'ai échappé à l'amputation et tout va gentiment guérir.

Une nouvelle tentative?

GUIDO: L'année passée, tu as atteint le sommet du Nanga Parbat, un autre géant pakistanais de 8000 mètres. Se retrouver sur le toit du monde, ça doit quand même être quelque chose?
Niels: 
C'est quelque chose d'indescriptible. Parfois, tu peux y rester pendant une heure, selon les circonstances et l'emploi du temps, mais d'autres fois, tu es gelé après dix minutes. Tu prends alors une photo et tu entames rapidement la descente. Tu dois toujours garder à l'esprit que tu dois arriver en bas de tes propres moyens et en toute sécurité, et tant de choses peuvent encore se produire. Le soulagement ne vient qu'après.

GUIDO: Il paraît que les sommets sont remplis de déchets. C'est vraiment le cas?
Niels: 
Le K2 n'est pas non plus une décharge, mais le 'tourisme' - des gens qui paient des sommes astronomiques pour être escortés au sommet - commence tout juste à s'y développer et ce sont surtout les organismes bon marché qui ne prennent pas en compte l’aspect éthique. Les bouteilles de gaz vides valent heureusement un peu d'argent, ce qui signifie que la plupart des sherpas rapportent autant de bouteilles que possible. L'Everest est plus accessible depuis longtemps, il y a donc beaucoup plus de déchets là-bas.

GUIDO: Les gens doivent même faire la file au sommet, apparemment.
Niels: 
Tu parles certainement de cette photo qui a fait le buzz il y a quelques mois? Il existe bien sûr toujours une période de trois ou quatre jours durant laquelle les circonstances sont idéales pour atteindre le sommet, et tout le monde attend le même moment. Le taux de réussite du K2 est bien inférieur à celui de l'Everest. Cette année, 30 aventuriers sur 160 ont réussi, et ce fut un record comme l'année dernière. Certaines années, il arrive que personne n'atteigne le sommet.

GUIDO: Tu vas bientôt refaire un nouvel essai?
Niels:
 (les yeux pétillants) Je n'ai encore rien décidé, mais si je réussis encore à rassembler l'argent… certainement!


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