OLIVIER DELEUZE: “J’étais un petit anarchiste”
Olivier Deleuze est Secrétaire d’État à l’Énergie et au Développement Durable. Si c’est le genre de poste que tu comptes occuper plus tard, la personne la mieux placée pour te conseiller est… lui-même. Membre fondateur d’Ecolo depuis 1980, député fédéral, Commissaire à la Commission Tueries du Brabant bis, il fut également Directeur de Greenpeace Belgique de 1989 à 1995. Ce saxophoniste et footballeur amateur nous a raconté ses années d’études.
GUIDO: Dans quelle ville avez-vous étudié?
O. Deleuze: J’ai fait les études d’ingénieur agronome à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve. La chimie était déjà mon dada. Je ne pensais vraiment pas remplir plus tard une fonction politique. Je n’étais pas du tout engagé, dans les années ’70. Au contraire: j’étais un vrai anarchiste!
GUIDO: À quoi ressemblaient vos soirées? Étudier jusqu’aux petites heures ou guindailler avec des amis dans Louvain-la-Neuve?
O. Deleuze: J’étudiais quand même assez bien. Une branche comme la chimie vous y oblige de toute façon. C’est tout à fait illusoire de penser que les périodes de bloque et d’examens suffisent pour mémoriser toutes les formules. Il ne faut pas non plus croire que je ne faisais qu’étudier, mes résultats étaient d’ailleurs juste assez bons pour réussir, sans plus. Lorsque je n’étais pas dans mes syllabus, j’étais souvent avec mes copains dans notre ‘commu’ ou un autre.
GUIDO: Avez-vous fait partie d’un cercle d’étudiants?
O. Deleuze: Non. Comme je vous l’ai dit, j’étais un petit anarchiste et donc relativement individuel. Il y a une chose que je ne comprends pas dans les cercles. Les étudiants recherchent toujours l’indépendance, ils ne désirent reconnaître aucune autorité, mais, à côté de ça, ils s’enferment dans une association hiérarchisée. La vie d’un cercle doit probablement être très chouette, mais ce n’était vraiment pas pour moi.
GUIDO: Vous souvenez-vous d’anecdotes?
O. Deleuze: Une, en particulier: nous nous dirigions vers un de nos cafés de prédilection lorsque nous avons remarqué qu’un gars lugubre nous suivait. Ce gars ne nous voulait clairement pas du bien. Nous sommes rentrés dans le café et nous nous sommes assis à une table. J’ai remarqué une chaise à laquelle il manquait un pied. J’ai pris la chose (on ne pouvait plus appeler ça une chaise) et l’ai mise près de notre table. Le gars est entré dans le café, a voulu s’asseoir et… je ne pense pas avoir besoin de raconter la suite…
GUIDO: Avec le recul, pensez-vous avoir suffisamment profité de vos années études?
O. Deleuze: Oh oui. Ce serait dommage de devoir vivre ta vie en regardant tout le temps dans le rétroviseur les choses que tu as manquées ou que tu as mal faites. Chaque période a ses charmes et il faut tout le temps en tirer le maximum.
(BD)