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12/12/2022

JULIEN WATRIN: «J'ai vécu la meilleure saison de ma carrière»

Depuis quelques années, il fait partie des Belgian Tornados, l'équipe belge du 4x400 mètres. Si cette année il a fait des étincelles sur le 400 mètres haies, Julien Watrin continue de passer le relais aux Borlée lors des grandes compétitions internationales. Sans pour autant mettre de côté ses études en philosophie à Louvain-la-Neuve. Nous avons profité de la pause automnale pour rencontrer l'un des meilleurs athlètes de sa génération.


GUIDO: Quel bilan tires-tu de cette saison?
Julien Watrin:
C'était une super saison, la meilleure de ma carrière, je pense. À 30 ans, ce n'est pas si courant. J'ai battu le record de Belgique du 400 mètres indoor. Ensuite, j'ai axé ma saison sur le 400 mètres haies, et ça s'est très bien passé, avec rapidement une sélection pour les Championnats d'Europe et du Monde ainsi que le record de Belgique. Et bien évidemment aussi les bonnes performances du relais 4x400 mètres et notre titre de Champions du Monde en hiver dernier.

GUIDO: Et cerise sur le gâteau: tu as battu ton propre record de Belgique du 400 mètres haies lors du Mémorial Van Damme…
Julien Watrin:
C'était l'endroit de rêve pour le battre. J'ai vraiment pu le célébrer avec le public belge. C'était en quelque sorte un bonus de fin de saison.


«J'ai la chance de ne pas être une tête trop connue, je ne suis pas un Borlée, quoi!»


GUIDO: Tu es désormais un membre important du relais 4x400 mètres, comment qualifierais-tu l'ambiance au sein des Belgian Tornados?
Julien Watrin:
L'ambiance est bonne entre nous, c'est vraiment quelque chose qui s'est construit sur le long terme. On a vécu beaucoup de choses ensemble. Forcément, ça nous lie même s'il y a des écarts générationnels entre nous.  

GUIDO: Tu penses déjà à une possible médaille lors des Jeux Olympiques de 2024?
Julien Watrin:
Bizarrement, je ne me projette pas dans les médailles. Je me concentre sur les choses à mettre en place pour continuer à progresser. Par contre, en analysant rationnellement les performances de chacun sur les dernières années, je me dis que c'est possible. On en rêve, bien entendu. En attendant, les J.O., c'est proche et loin en même temps.

GUIDO: Après des études d'ingénieur, tu poursuis actuellement des études de philosophie à l'UCLouvain…
Julien Watrin:
Les études me font réellement du bien, ça m'a vraiment épanoui, surtout ce domaine qui m'intéresse beaucoup. Ça me force à me confronter à d'autres choses, d'autres personnes, d'autres théories. J'ai effectué un réel virage dans mes études, j'ai actuellement davantage envie de me diriger vers la recherche en philosophie, sociologie et anthropologie.

GUIDO: Comment arrives-tu à mener de front ta carrière sportive et tes études?
Julien Watrin:
J'ai fait un étalement de mes études. Cette année, j'avais 30 crédits, ce qui n'est pas énorme en soi. Le plus difficile pour moi, ce sont les cours obligatoires. En ingénieur, il y avait beaucoup de TP, ce qui est moins le cas en philo, j'ai donc plus facile cette année. Maintenant, vu que je suis bien classé dans le ranking mondial du 400 mètres haies, je participerai à davantage de compétitions, comme la Diamond League par exemple. Ce sera donc plus compliqué de gérer les deux de front, tout dépend si les profs ont des bons syllabus ou non. Tout est une question d'organisation, mais quand on aime bien, tout est beaucoup plus facile. Ce qui m'a pris le plus d'énergie pendant mes études d'ingénieur, ce sont les choses que je n'aimais pas et que je devais quand même étudier. En philo, je trouve les choses tellement intéressantes que ça passe mieux.

GUIDO: Y a-t-il beaucoup d'étudiants qui te parlent de tes performances sportives?
Julien Watrin:
J'ai la chance de ne pas être une tête trop connue, je ne suis pas un Borlée, quoi! (sourire) Les gens ne me reconnaissent pas, sauf ceux qui s'intéressent spécifiquement à l'athlétisme. Je préfère ça. J'ai par exemple fait connaissance avec des gens dernièrement et je n'ai pas parlé d'athlétisme avec eux. Ça ne biaise pas nos rapports, j'apprécie cela.


«Pendant mes études d'ingénieur, j'ai profité de mon mois de récup pour faire la fête»


GUIDO: Les athlètes professionnels s'astreignent une hygiène de vie assez drastique. On suppose donc que les guindailles sont proscrites pour toi?
Julien Watrin:
Pendant mes études d'ingénieur, j'ai bien profité de mon mois de récup pour faire la fête. C'était une expérience de vie que je voulais explorer. Et qui est restée cantonnée à ce court laps de temps. Après, dès que les entraînements reprennent, ce n'est plus possible, c'est intenable. C'est déjà difficile de récupérer après un entraînement, alors si tu ajoutes de l'alcool, c'est mission impossible. Ça ne veut pas non plus dire que je ne bois jamais une goutte d'alcool, mais les guindailles, c'est non. Maintenant, vu que je viens d'emménager avec ma compagne à Louvain-la-Neuve, peut-être qu'on ira à une soirée, une fois, juste pour rigoler.

GUIDO: Cette hygiène de vie est-elle facile à respecter?
Julien Watrin:
Ce n'est pas aussi austère qu'on le pense, l'hygiène des sportifs. C'est plus une habitude à prendre, il faut savoir ce dont on a besoin, personnellement. Le problème, c'est qu'on est vite rattrapé par la réalité si on ne fait les choses comme il faut. Moi, j'adore manger et je cuisine des choses que j'aime bien. Ce n'est pas quelque chose de triste, je réponds simplement à mes besoins.

GUIDO: Quels sont tes objectifs à court terme?
Julien Watrin:
Une finale à Budapest, ce serait super! (ndlr: les prochains Championnats du Monde auront lieu en Hongrie en août prochain) Après, les objectifs concrets que je me fixe, ce sont plutôt des caps techniques, comme le nombre de foulées sur les intervalles, la jambe d'esquive encore un peu en retard sur la haie, … C'est le boulot du coach, on va essayer d'améliorer cela cet hiver.

GUIDO: Tu es au top de ta carrière alors que tu as déjà 30 ans. La retraite sportive n'est certainement pas encore à l'ordre du jour?
Julien Watrin:
C'est compliqué à généraliser, il faut vraiment observer sa trajectoire individuelle. Il y a beaucoup d'athlètes de plus de 30 ans qui performent encore dans ma discipline, comme Copello (ndlr: un athlète turc de 35 ans). Tout dépend de sa propre trajectoire, à quel point on s'est usé… Personnellement, j'ai envie d'être optimiste sur la longévité de ma carrière, parce que j'ai eu la chance d'être suivi par des biomécaniciens qui ont été très prudents - peut-être trop prudents - avec moi. On a travaillé la stabilité de toutes les articulations, les muscles posturaux… C'est une sorte de protection pour l'avenir. On n'a pas exagéré non plus dans la quantité, j'ai l'impression que je pourrai tenir plus longtemps que des athlètes qui ont bourré à fond dedans pendant cinq ans…


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