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25/04/2023

Interview de Jolien Corteyn, étudiante et championne d'escrime

Jolien Corteyn (21 ans) combine des études en journalisme à Gand avec une carrière de sportive de haut niveau. Elle a choisi l'escrime comme discipline et a déménagé pour cette raison au Texas, afin de s'améliorer et de se préparer pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024.


GUIDO: Pourquoi avoir précisément choisi le Texas?
Jolien: En Belgique, l'escrime n'est pas un sport très développé. Il n'y a pas de soutien, pas d'ambiance, peu de partenaires d'entraînement… Pour atteindre le sommet, je me devais de partir. Et le Texas était la meilleure option. J'ai beaucoup plus de partenaires d'entraînement, j'apprends beaucoup, les gens sont accueillants… J'espérais avoir plus de partenaires féminines, mais les gars ici sont vraiment bons. On sent que tout le monde veut aller de l'avant.

GUIDO: Comment combines-tu l'escrime et les études?
Jolien: Artevelde (ndlr: la Haute École dans laquelle elle étudie) est en fait très flexible. Nous avons décidé d'un commun accord que l'enseignement à distance était la meilleure solution, et maintenant je suis mes cours avec la discipline nécessaire. Je peux toujours leur poser des questions, ce qui est très rassurant. Nous avons une confiance mutuelle. J'ai déjà prouvé mon engagement et ils me font confiance pour la suite de mes études. Cela a favorisé notre communication.

GUIDO: Tu as un schéma d'études particulier?
Jolien: J'ai étalé mon Bachelier sur 6 ans, car je ne prends que 15 crédits par semestre. Cela me permet de continuer à m'entraîner suffisamment, environ 4 heures par jour. Je suis perfectionniste et je veux réussir tout ce que j'entreprends. Avec un emploi du temps trop chargé, ce n'est pas possible. Six ans, c'est long, mais cela fait déjà trois ans et demi que j'ai commencé. Ce sont surtout mes parents qui pensent qu'il est très important de décrocher un diplôme. Supposons que je me blesse et que je doive mettre un terme à ma carrière… Avec un diplôme, j'ai un peu plus de sécurité.

Un lien spécial avec son père

GUIDO: D'où te vient cette passion pour l'escrime?
Jolien: Je l'ai littéralement dans le sang. Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient entraîneurs d'escrime. Mon grand-père a entraîné mon père, ma sœur, mon cousin, moi-même… En tant qu'entraîneur national de l'équipe allemande, il a terminé quatrième aux Jeux Olympiques. Mon père est également devenu entraîneur et a remporté le Championnat du Monde des entraîneurs d'escrime en 2006. Dès l'âge de quatre ans, j'ai commencé à m'entraîner de manière ludique avec lui, et à partir de l'âge de 12 ans, j'ai fréquenté une école de sport de haut niveau. Depuis, j'adore m'entraîner, et toute ma vie est rythmée par l'escrime. Aujourd'hui, je m'entraîne encore 20 à 22 heures par semaine.

GUIDO: Est-ce que cela pèse parfois sur ta relation avec ton père?
Jolien: Cela nous rend plus forts, mais aussi plus faibles. Quand je pratique l'escrime, j'arrive facilement à le décrypter. Nous nous connaissons tellement bien qu'il m'arrive de voir la panique dans ses yeux et de paniquer à mon tour. Mais cela nous rend aussi plus forts, parce qu'il suffit qu'il hoche la tête pour que je comprenne immédiatement ce qu'il veut dire. C'est donc surtout une force, et on apprend à gérer les moments de faiblesse. Je vais souvent chez la psychologue, par exemple.

GUIDO: Tu tiens également un vlog. C'est là que se manifeste ta passion pour le journalisme?
Jolien: Oui. J'ai deux objectifs dans ma vie. Le premier est de mener à bien ma carrière d'escrimeuse et de redonner ses lettres de noblesse à l'escrime en Belgique. D'autre part, j'aimerais travailler pour la radio ou la télévision. Je trouve ça hyper intéressant. Le vlogging m'aide à évoluer dans ce sens, tout en mettant l'accent sur l'escrime. (rires)

L'alcool? Pourquoi pas!

GUIDO: Est-ce facile de profiter de la vie étudiante quand on combine sport de haut niveau et études?
Jolien: Je m'y attelle. Au début, l'équilibre était difficile à trouver. J'étais tellement stressée lors des compétitions que mes résultats étaient plutôt médiocres. C'est à partir du moment où j'ai lâché prise et surtout quand j'ai fait des choses qui me faisaient du bien que les bons résultats sont apparus. Je dis toujours qu'il n'y a pas de chemin tout tracé vers le sommet que tout le monde doit suivre. On ne peut pas être performant si on ne se sent pas bien mentalement. J'essaie donc toujours de privilégier les contacts sociaux. Et je bois aussi de l'alcool! Pas pendant les périodes importantes, bien sûr, mais quand il n'y a pas de matchs et que j'en ai envie, je sors et je bois.

GUIDO: Qu'espères-tu pour l'avenir?
Jolien: J'espère aller aux Jeux Olympiques de Paris. J'ai passé un accord avec mes parents: si je peux montrer que je suis en bonne place pour aller aux Jeux, je prendrai une année sabbatique et je me concentrerai exclusivement sur l'escrime. En escrime, on atteint généralement le top entre 25 et 30 ans. Aux Jeux, je n'aurai que 23 ans, ce qui est encore assez jeune. Mon scénario de rêve est d'y aller pour acquérir de l'expérience, parce que mentalement, c'est très dur. Je veux déjà connaître le stress et la pression, afin d'en tirer le maximum d'enseignements et d'obtenir une médaille aux Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles. Je ne sais pas si ce sera possible, mais rien ne m'empêche de rêver.


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