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05/06/2023

SASKIA: «Je me suis demandé plusieurs fois si j'allais continuer la musique»

Impossible d'être passé à côté de Dans ma tête, immense succès sur les plateformes de streaming qui a propulsé Saskia sur le devant de la scène. Désormais bien intégrée dans l'exceptionnel vivier d'artistes féminines en Belgique, la jeune chanteuse bruxelloise s'est confiée à GUIDO en toute intimité et simplicité alors que son premier album est disponible depuis quelques jours.


GUIDO: Après un EP et quelques singles, ton premier album Tôt ou tard est sorti il y a quelques jours. Dans quel état d'esprit étais-tu avant de le présenter au public?

Saskia: Les émotions étaient mitigées. D'un côté, il y avait du soulagement parce que cet album est le fruit d'un long travail. Mais il y avait aussi de l'excitation parce que cet album, c'est vraiment moi, c'est mon monde que je dévoile. À cela s'ajoutait pas mal d'appréhension parce que je n'avais aucune idée de l'accueil qui lui réserverait le public. Ça fait toujours un peu peur de se lancer dans le 'grand bain'.

GUIDO: Pourquoi ce choix de titre d'album?

Saskia: Comme je le disais, le processus de réalisation de l'album a été long et jalonné de multiples remises en question. À tel point que je me suis demandé plusieurs fois si j'allais continuer la musique et si cet album allait effectivement voir le jour. J'ai beaucoup douté. Tôt ou tard, on a réussi à faire cet album finalement. La deuxième explication du titre de l'album est à retrouver dans les thèmes difficiles que j'aborde dans mes chansons, des difficultés de la vie rencontrées par notre génération, mais toujours avec une touche d'espoir et d'optimisme. Tôt ou tard, ça colle aussi avec cet esprit de 'Demain est un autre jour' ou 'Après la pluie, le beau temps'.

GUIDO: Tu composes et écris toi-même tes chansons, toujours selon la même méthode?

Saskia: Ma méthode, c'est de partir sur un piano-voix. J'ai commencé le piano à 6 ans, il y a donc quelque chose d'évident à trouver l'inspiration en jouant au piano. Mais quand je ne suis pas à la maison, j'ai toujours avec moi un dictaphone si j'ai une idée de phrase qui me vient tout-à-coup ou si j'entends une conversation dans la rue. Il m'arrive même parfois d'imiter des accords avec ma bouche pour m'en souvenir plus tard. L'inspiration, c'est quelque chose d'aléatoire, elle te tombe dessus souvent par hasard.

GUIDO: L'album s'ouvre sur une intro au piano sans paroles et se finit sur Dernière cigarette. On a l'impression qu'il doit s'écouter de la chanson 1 à 12…

Saskia: Même si la consommation de la musique a changé, ça ne doit pas nous empêcher de raconter une histoire à travers un album. Tôt ou tard a un début et une fin. Après, à chacun de s'approprier cet album comme bon lui semble. C'était très important pour moi de le commencer par une intro sans ma voix, où c'est le piano qui parle…

GUIDO: Ce titre s'intitule 63, rue de l'Orient

Saskia: Il fait référence à l'adresse de mon père, là où j'ai joué du piano pendant des années.

GUIDO: Dans ma tête a connu un grand succès. Tu te souviens de la première fois où tu as entendu ton titre à la radio?

Saskia: Ça procure évidemment un sentiment d'excitation. C'est bizarre, parce que je n'ai pas réussi à en être immédiatement fière, j'étais plutôt gênée de m'entendre. Ce n'est que plus tard que je m'en suis réjoui.

GUIDO: Est-il facile de garder les pieds sur terre quand on acquiert une certaine célébrité?

Saskia: Je ne me suis jamais rendu compte d'un quelconque succès. Quand les gens m'arrêtent dans la rue, c'est toujours bienveillant et certainement pas oppressant. Garder les pieds sur terre n'est donc pas un problème. Peut-être plus tard, mais pour le moment, je ne le ressens pas du tout comme ça.

GUIDO: Si l'album aborde davantage les rapports humains, certains morceaux comme La mer ou C'est la règle traitent de problèmes sociétaux tels que l'écologie, la crise migratoire ou les violences conjugales…

Saskia: Même si elle aborde des thèmes importants comme la crise écologique et migratoire, La mer est une chanson très personnelle. Étant adoptée, j'aurais dû naître de l'autre côté de la mer. C'est à travers ce prisme que j'ai écrit cette chanson qui parle surtout de l'injustice de ne pas avoir les mêmes chances et les mêmes ressources selon le lieu de ta naissance. Cette chanson est partie d'un constat personnel qui est devenu universel par la suite. Comme C'est la règle qui parle des violences conjugales. Ma mère est gynécologue, elle m'expliquait régulièrement les problèmes de ses patientes. Je me suis donc vite rendu compte que ce problème était bien plus fréquent que ce qu'on pouvait croire. C'est cela (ajouté à l'expérience de l'une de mes connaissances) qui m'a donné envie d'écrire cette chanson.

GUIDO: C'est pendant tes études à l'IHECS (voir encadré) que tu as commencé à poster des covers sur Instagram…

Saskia: Je postais quelques morceaux comme ça sans réellement espérer que ça aille plus loin, ça restait dans mon réseau, mon cercle fermé. Mes amis n'arrêtaient pas de me dire que c'était super, mais ça ne voulait pas dire grand-chose. (rires) Étant donné que mon profil était public, cela m'a permis de rencontrer des professionnels de la musique qui, eux aussi, ont trouvé ça pas mal. Et de fil en aiguille, tout s'est enchaîné pour moi.

GUIDO: La scène musicale belge est en ébullition depuis quelques années avec Charles, Doria D, Iliona, Tanaë, Rori, et bien sûr Angèle, la patronne! Y a-t-il une émulation entre vous?

Saskia: Je peux ressentir cette émulation, cette sororité entre certaines d'entre nous. Parmi les artistes que tu as citées, il y en a certaines que je ne connais pas. J'ai en effet parfois tendance à avancer avec des œillères, à être dans mon monde, c'est en quelque sorte une façon de me protéger. Ça peut être aussi bien attirant que stressant d'être trop mêlée à cette scène artistique. En tant qu'artiste, on est parfois un peu autiste, à rester dans sa petite bulle.

GUIDO: Tu es annoncée dans plusieurs festivals cet été, c'est quelque chose que tu apprécies?

Saskia: Les deux choses que je préfère dans ce métier, c'est créer des chansons et les défendre sur scène. Encore plus quand c'est la première fois que tu chantes tes chansons devant un public. C'est quelque chose de magique. Si je suis hyper stressée cinq minutes avant un concert, une fois sur scène, je ne suis plus du tout tétanisée. Dès les premières notes, je prends mon pied! J'ai même déjà joué devant dix personnes et ça ne m'a même pas déstabilisée. Il n'y a aucune scène que je n'ai pas aimé faire.

GUIDO: As-tu déjà des envies précises pour la suite de ta carrière?

Saskia: Pas vraiment, je n'ai pas vraiment de rêves de salles ou de featurings bien précis. Mon plus grand rêve, ce serait de pouvoir gagner ma vie en faisant de la musique, de vivre de ce métier. Ce qui me permettrait de créer d'autres morceaux, parce que j'ai l'impression d'avoir encore beaucoup de choses à dire. Et c'est ce qui me rend le plus heureuse.


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