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24/11/2008

La réforme de Bologne: un changement positif?

Nous avons demandé à 5 étudiants leur avis sur la réforme de Bologne, engagée depuis maintenant quelques années. Eh oui, qui de mieux placés que ces étudiants de "première génération", ceux qui essuient en quelque sorte les plâtres de cette réforme, pour parler de ses implications concrètes?

Mathieu Detollenaere (23 ans)
Master en informatique à Namur (FUNDP)
«J’ai eu la "chance" de connaître l’avant et l’après-Bologne. Avant son avènement, je me souviens qu’on nous présentait ce décret comme quelque chose à enrayer par tous les moyens… Avec le recul, je ne vois pas trop la raison. Je pense simplement qu’il y a du bon et du moins bon dans celui-ci. Le changement des notes requises par une dispense ou un report nous semblait fantastique à l’époque mais en fait je remarque que la façon de coter des profs a suivi cette voie… Je n’oserais pas m’exprimer sur l’impact vis-à-vis de la mobilité étudiante car mes cinq années d’études sont données à Namur et je n’ai pas eu à changer de campus. Je trouve que la répartition des crédits n’est peut-être pas toujours la plus représentative de la difficulté ou de la charge de travail que représente un cours. L’opportunité des premières Bac de repasser un examen raté en janvier en juin est pour moi totalement ridicule. Ce mécanisme est censé les aider mais je ne vois pas comment un élève qui rate des examens en janvier réussira mieux sa session de juin (déjà très chargée) en y rajoutant des examens supplémentaires… On pourrait écrire des pages entière sur les bénéfices ou non de ce décret mais je pense que chacun est touché différemment par celui-ci et donc qu’on ne peut généraliser ses apports.»

Sophie Wanufel (22 ans)
Master en Journalisme à Bruxelles (IHECS)
«Je fais partie de la première fournée d’étudiants ayant connu Bologne. Et à ce stade, j’estime qu’il s’agit d’un grand chantier en construction. Certains types d’études qui duraient quatre ans ont été prolongées d’un an. Une année qui semble parfois "de trop". J’ai l’impression que l’adaptation aurait dû être préparée depuis des années pour être réellement efficace. Nous essuyons les plâtres, ce qui va permettre que les leçons tirées de notre expérience soient profitables à nos cadets. Nous sommes en quelque sorte les "cobayes". Cette situation a bien des désavantages, mais je reconnais que le décret de Bologne a été pensé et mis en place pour procurer plus de facilités aux étudiants. Même s’ils seront sans doute peu à profiter des possibilités que nous offre Bologne, notamment la mobilité entre les universités…»

Flavien Roelandt (20 ans)
Bachelier en Sciences Humaines et Sociales à Mons (UMH)
«Depuis la déclaration de Bologne, signée par 29 pays en 1999 et son application en mars 2004 en Communauté Française de Belgique, tout étudiant belge (plus généralement européen) peut désormais facilement changer d’établissement supérieur et, au terme de sa formation, dispose d’un diplôme reconnu dans tous les états membres de l’UE. Hélas cette réforme possède également son lot de désavantages. Et pas des moindres! L’augmentation du nombre d’années d’études (cinq ans au lieu de quatre dans de nombreux domaines) n’aurait-elle pas tendance à refroidir la motivation de nos rhétoriciens à entamer des études de type long … encore plus longues? A côté de cela, le système de crédits censé harmoniser la reconnaissance des formations entre établissements supérieurs ne serait-il pas la porte ouverte à une négation sans cesse croissante du caractère spécifique de l’éducation? Celle-ci ne deviendrait-elle pas un marché comme un autre, où les étudiants se procureraient de la marchandise (quantifiée en ECTS) chez un fournisseur (université) qui lui proposerait  le produit le plus intéressant? Mais à ce train-là, que vont devenir les formations moins courues mais tout autant indispensables qui échappent aux besoins immédiats de ce "marché de l'éducation"? Puisque les universités se livrent désormais une lutte sans pitié, sans limites (sinon celles de l’UE) pour attirer un maximum d’étudiants, elles nécessitent davantage de moyens: jusqu’où êtes-vous prêts à ce que l’on augmente votre minerval?»

Françoise Peiffer (22 ans)
Master en Presse-Info à Bruxelles (IHECS)
«En septembre 2004, la réforme de Bologne venait chambouler l’organisation des études supérieures partout en Europe. En théorie, cette réforme devait permettre une plus grande mobilité des étudiants, une équivalence des diplômes au sein de l’Europe, des collaborations entre universités… Bref, de très belles perspectives.En pratique, les choses se sont cependant révélées différentes: les étudiants se sentent pris en otage, ils sont en quelques sortes "les cobayes" de Bologne. Suite à cette réforme, certaines formations ont dû intégrer une année supplémentaire mais il semble certain que les étudiants ne sont pas mieux formés qu’auparavant. Un autre exemple: la collaboration entre universités est une très belle initiative mais encore faut-il pouvoir en profiter. La plupart des étudiants ne disposent pas encore du don d’ubiquité. Il leur est dès lors impossible de suivre deux cours en même temps, qui plus est, dans des universités différentes! Ce nouveau système présente certainement de nombreux avantages mais de nombreuses années de rodage sont encore nécessaires pour qu’il révèle toute son efficacité.»

Sara Ragazzo (22 ans)
Bachelor en techniques graphiques à Namur
«Honnêtement, dans la vie de tous les jours, je ne pense pas que l’on ressente les effets du décret de Bologne. Toutefois, de plus nombreuses opportunités s’offrent à nous quand on veut découvrir d’autres horizons. Les possibilités de passerelles sont plus nombreuses et plus claires, après un bachelor, avoir l’opportunité de partir perfectionner son anglais en Ecosse par exemple, tout en accédant à deux ans supplémentaires pour obtenir un master reconnu chez nous et dans d’autres pays est une idée assez séduisante. Maintenant, certains inconvénients dus aux crédits sont beaucoup moins réjouissants. En effet, rater des crédits qui ne sont pas des prérequis donnent accès à l’année supérieure, des cadeaux empoisonnés selon moi… Une année de cours est bien ficelée, dans le sens où chaque prof a son programme à respecter et certaines compétences doivent être acquises pour en acquérir de nouvelles, malgré cela, on donne sa chance à tout le monde en les laissant "passer" dans l’année supérieure en espérant qu’ils prouvent qu’ils étaient à la hauteur. Pour certains, l’enjeu est de taille et ils en sont conscients et donnent alors le meilleur d’eux-mêmes aussi bien dans les "casseroles" de l’année précédente que dans la nouvelle année et pour eux, l’issue est favorable bien qu’à mon avis très fatigante! Maintenant, il n’y a pas que des issues favorables, et pour les autres, ceux qui ne se rendent pas compte de l’enjeu ou s’en rendent compte mais ne savent pas gérer la pression, ils se sentent acculés avant même d’avoir réellement entamé l’année…»

(SD)


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