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07/01/2005

JACQUES MERCIER: 'Je n'ai pas assez profité de mes études'

Depuis le 8 novembre, 'La Télé Infernale' remporte un franc succès. Ce divertissement dérivé de la célèbre émission de radio est mené tambour battant par Jacques Mercier. Nous avons donc pris rendez-vous avec lui afin d'en savoir un peu plus sur ce concept, mais nous avons également profité de l'occasion pour le questionner sur des sujets divers tels que les études, la télé ou les femmes…

GUIDO: Vous avez étudié le journalisme à l'IHECS, cette discipline s'est-elle toujours imposée à vous?
Jacques Mercier
: Dès 14 ans, j'ai écrit dans des journaux scouts vu que j'étais très impliqué dans ce mouvement à l'époque. J'ai aussi collaboré au journal local de Mouscron, le Nord Eclair. J'ai donc entrepris des études de journalisme car j'avais déjà fait cette expérience de la presse écrite, domaine qui me convenait totalement. Je me dirigeais donc très naturellement vers la presse écrite, et non vers l'audio-visuel. Lors de ma première visite à un studio de radio, j'ai eu un coup de cœur immédiat pour la radio qui me semblait être un média des plus intimes, tout comme la presse. Mais le paradoxe, c'est que je me suis retrouvé à la télévision par après et que mes émissions de radio ont toujours été pour la plupart enregistrées en public. Ce n'était donc pas si intime que ça! (rires)

Le premier de la classe

GUIDO: On vous imagine plus bosseur que guindailleur. Etait-ce le cas à l'époque?
Jacques Mercier
: En effet, comme j'avais déjà travaillé avant d'entamer mes études (ce qui fut une expérience intéressante, mais à ne pas conseiller), j'étais principalement pris par l'urgence de travailler. J'avais peur de perdre mon temps. Donc, j'en faisais trop, j'étais le premier de la classe, je travaillais ardemment le soir, je continuais à écrire des articles, je faisais des stages… Sortir ne m'intéressait pas beaucoup. En plus, j'étais déjà presque fiancé, j'étais donc assez sérieux. C'est vrai que maintenant, je me rends compte que j'aurais peut-être dû plus profiter du temps de mes études pour sortir davantage, m'affirmer, faire des expériences, essayer de me détacher du monde des adultes.

GUIDO: Selon vous, le journalisme s'apprend-il entièrement sur le terrain?
Jacques Mercier
: Je pense que les bases apprises lors de mes études m'ont été autant indispensables que le travail sur le terrain, les contacts humains. En écoutant des professionnels parler de leur métier, on gagne énormément de temps. Il y a des clés, des recettes à connaître avant de se lancer dans l'expérience à proprement dite. Comme dans la plupart des métiers. J'encourage donc ardemment les jeunes à faire des études pour apprendre à expliquer, à condenser, à faire la synthèse, … Il faut aussi être curieux et ne pas hésiter à approfondir les sujets vus aux cours. Personnellement, je me suis passionné par la sociologie, le cours ne faisait que dix pages en fin d'année, mais j'avais bien lu quatre livres qui traitaient du sujet, pour élargir mes connaissances. Mais le plus important est quand même d'être passionné par ce que l'on fait.

Jackie et ses drôles de dames

GUIDO: Comment vous êtes-vous retrouvé sur un plateau de télé?
Jacques Mercier
: C'est la télé qui est venue à moi. J'ai toujours fait de la télé en même temps que la radio, mais je ne m'y étais jamais senti à l'aise. On a donc très peu parlé de ces expériences, je n'ai même gardé aucune trace de ces passages. C'est à partir de Forts en Tête qu'il y a eu un certain déclenchement. J'avais auparavant la hantise de devoir apprendre mes textes par cœur et pour cette émission, il n'y a aucun problème à avoir des fiches vu la quantité d'informations que l'on doit dispenser. Quand j'ai compris qu'on pouvait faire de la télévision autrement, mon trac a disparu. Depuis lors, la télé me paraît aussi amusante et passionnante que la radio.

GUIDO: D'où votre propension à présenter vos émissions en duo?
Jacques Mercier
: Quand je suis seul, je me sens obligé d'apprendre par cœur. Par contre, quand quelqu'un est à mes côtés, je peux m'appuyer sur lui et donc être beaucoup plus spontané. Je ne me lance pas dans l'improvisation quand je suis seul. J'essaie en plus de ne travailler qu'avec des gens avec lesquels j'ai des affinités, ce qui facilite encore énormément la tâche.

GUIDO: Les différentes présentatrices (Corinne Boulangier, Armelle, Barbara Louys) qui ont collaboré avec vous ne tarissent pas d'éloges à votre sujet. Vous avez une recette miracle avec les femmes?
Jacques Mercier
: (rires) Non, je n'ai pas de recette! Comme on m'a aidé au début, j'ai aussi maintenant envie d'aider les autres. J'ai toujours agi ainsi, je n'ai aucun rapport de concurrence avec les gens avec qui je travaille. Vu que c'est la fin de ma carrière, je suis dans une situation très facile, ce qui n'est pas le cas pour ceux qui commencent. Je n'hésite pas à leur donner des conseils. Par exemple, j'ai passé beaucoup de temps avec Armelle sur les lieux de tournage et je lui ai expliqué ce que je pensais du métier. J'ai fait la même chose avec Barbara. Il y a aussi Virginie Svensson ou encore Anne Delvaux avec qui je collabore pour le JT. J'essaie d'être naturel avec elles et cela a toujours marché jusqu'à présent.

L'antithèse de TF1

GUIDO: Vous êtes un vrai boulimique de travail, quand est-ce que vous comptez vous arrêter?
Jacques Mercier
: Je pense que quand on crée, on n'arrête jamais. Personnellement, il me faut trois raisons pour continuer. Premièrement, il faut que mes activités continuent à me plaire et ne commencent pas à me lasser. Ensuite, il faut que le public suive. Si on perd les deux tiers de notre public sur Forts en Tête, il est clair qu'il faut songer à arrêter! Enfin, il faut que j'aie encore la capacité de le faire. Si, en vieillissant, j'attrape un stress énorme en entrant dans le studio, j'épargnerai alors ma santé plutôt que de continuer à faire cette émission. Tant que ces trois aspects seront présents, je continuerai à faire les mêmes choix. Je travaille peut-être beaucoup, mais je suis surtout très bien organisé. Je ne sors pas, je ne bois pas, je ne fume pas! (rires) Je vais promener mon chien tous les jours, je suis amoureux de ma femme! Ma vie familiale est très enrichissante.

GUIDO: Vous êtes donc l'antithèse totale de Patrick Le Lay, PDG de TF1, qui ne vise via ces émissions qu'à 'vendre du temps de cerveau disponible' aux annonceurs publicitaires!
Jacques Mercier
: Absolument. Je crois qu'il infantilise tout le monde avec ce genre de comportement. En un mot, je suis contre le pouvoir. Selon moi, dès qu'on a un pouvoir, on l'utilise mal. On fait un boulot comme un autre, je trouve qu'un chercheur contre le cancer a beaucoup plus de mérite que quelqu'un d'un autre domaine. Même si on ne peut pas vraiment déterminer une échelle de hiérarchie. Ils profitent de posséder une chaîne comme TF1 pour infantiliser les gens et gagner de l'argent sur leurs dos. Je trouve cela horrible.

GUIDO: Pour conclure, un petit mot sur votre nouveau projet, La Télé Infernale?
Jacques Mercier
: L'idée de départ, c'est d'essayer une transposition de notre Semaine Infernale en télé. On essaie de souligner les erreurs de pouvoir, avec toujours un certain humour. C'est la même équipe qui se retrouve dans une salle de rédaction, je suis le rédacteur en chef et je demande à chacun la séquence qu'il a envie de mettre dans une émission. C'est une sorte de making-of d'une émission, ce qui nous permet de discuter à bâtons rompus entre nous, comme on le fait déjà actuellement pour La Semaine Infernale.

(SD)


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