Patrick Ridremont, l'éternel adolescent
60 secondes refait surface aujourd'hui dans une nouvelle version, l'occasion pour Patrick Ridremont de reprendre ses activités cathodiques. Mais ce n'est pas pour cela qu'il a chômé durant ces derniers mois...
Entre l'Improshow avec son complice de toujours Olivier Leborgne, un projet de pièce de théâtre avec son épouse et une pièce pour le Théâtre Jean Vilar, il s'arrête le temps d'un café pour faire le point sur ses diverses activités.
GUIDO: Est-ce que devenir comédien s'est toujours imposé à toi comme une évidence?
Patrick Ridremont : J’ai toujours eu cette envie de devenir comédien. En sortant de rhéto, je savais que c’était vers le théâtre et rien d’autre que je voulais me diriger. J’en étais tellement persuadé que je n’avais pas pris la peine d'opter pour un second choix au cas où je raterais l’examen d’entrée à l’ IAD. J’étais confiant et déterminé, je ne voulais rien faire d’autre. J’avais déjà une petite expérience derrière moi, j’avais joué dans des pièces au collège des Jésuites qui n’était pas encore mixte à l’époque. J’y ai même interprété des rôles de filles!
Fan du coussin péteur
Patrick Ridremont : J'ai bien fait de faire des études car celles-ci m'ont appris pas mal de trucs. La spécificité de l'IAD, c'est de laisser ressortir ta personnalité contrairement à d'autres écoles de théâtre où on essaie de plutôt la transformer. Je porte donc un regard affectueux et reconnaissant sur les études théâtrales que j'ai faites. Il y avait bien des courts gonflants comme 'Histoire du théâtre' ou 'Scénographie', mais même en faisant des études artistiques, on ne pouvait pas échapper à de tels cours. Enfin, même si on était un peu en retrait, on n'a aussi pas manqué de faire quelques descentes en ville. On a bu pas mal de bières dans les cafés du centre. On s'amusait aussi à faire pas mal de conneries, des espèces de ' Jackass' avant l'heure!
GUIDO: Tu aimes tellement la guindaille que tu t'y es encore retrouvé récemment...
Patrick Ridremont : (rires) En effet. L'année dernière, on a joué une pièce de Sam Shepard, L'Ouest c'est ça, à Louvain-la-Neuve. Vu que cette pièce a eu l'heureux avantage de plaire aux jeunes, on s'est retrouvés à écraser des gobelets en plastique et à faire des pogos avec des gens qu'on connaissait à peine dans des soirées estudiantines où ça sentait bon la bière et le vomi! J'aime en fait salir ma copie, je ne veux pas être quelqu'un de lisse. Je suis toujours dans un humour un peu potache, je suis toujours fan du coussin péteur et du dentifrice sur la poignée!
GUIDO: Est-ce que le fait de faire de la télé a changé ton image auprès des gens de la profession?
Patrick Ridremont : Il est en effet devenu beaucoup plus difficile pour moi de jouer dans les théâtres, je me suis mis en marge de certains esprits de théâtre. Certains directeurs ou comédiens considèrent que ce serait la même chose de m'engager moi, Jean-Louis Lahaye ou Thomas Van Hamme. Ils estiment que ces gens-là n'ont rien à faire sur les planches, ils ont donc oublié que j'avais fait quatre années d'études et que je n'ai jamais arrêté de faire du théâtre. Le Théâtre Jean Vilar et le Théâtre de La Valette sont pour l'instant les seuls à me faire confiance.
GUIDO: Et l' impro te passionne-t-elle toujours autant?
Patrick Ridremont : L' impro nous permet de cultiver ce qu'on a de meilleur (ma facilité de parler, la séduction) comme ce qu'on a de pire en soi (ma grossièreté, mon cynisme). C'est également le spectacle qui m'a permis de rencontrer le plus de gens, il n'y a pas un Improshow après lequel je ne passe pas une heure et demie au bar à l'issue de la représentation. Je me fais souvent rentrer dedans au sujet de mes pièces de théâtre ou de mes apparitions télé. Ma pommade, c'est le public. Lui, c'est un peu comme une crème anti-hémorroïdes, il ne me fait pas mal au cul!
Ridremont cocu!
GUIDO: Tu as écrit le spectacle de Virginie Hocq, Qui a dit faible?, cela ne te plairait-il pas de te lancer dans ton propre one-man-show?
Patrick Ridremont : Je dois avouer que j'y ai pensé. Après un moment, je me suis demandé ce que j'avais réellement à dire, et c'est cette petite chose que je n'ai pas encore trouvée. Je ne sais pas vraiment ce que j'aurais envie de dire. J'aimerais, c'est sûr, créer un spectacle à mon image, mais pour cela, il faudrait que je trouve une idée de spectacle qui aille au-delà de l' Improshow. J'ai certaines pistes, mais ce n'est pas à l'ordre du jour pour l'instant. Il y a d'autres projets à deux ou à trois qui me font plus triper pour l'instant, comme jouer avec mon épouse ( ndlr: Virginie Efira), par exemple.
GUIDO: Justement, au cours de notre entretien (voir Guido Magazine n°19), elle nous avouait son désir de collaborer avec toi, cette envie est-elle en train de se concrétiser?
Patrick Ridremont : Oui, une pièce de théâtre est prévue pour la fin de cette année. On sera à trois en scène, avec Léonil Mc Cormick (le directeur du Théâtre de la Valette). C'est un rôle difficile pour Virginie, mais d'autre part, je sais ce dont elle est capable et comment je pourrai l'aider au mieux.
GUIDO: On la découvrira donc sous un nouveau jour?
Patrick Ridremont : Il n'y a aucun doute là-dessus, elle sera même en chemise de nuit! ( rires)
GUIDO: Quel bon moyen d'attirer le public!
Patrick Ridremont : (rires) En plus, on joue le rôle d'un couple et elle me trompe avec un mec qui est constamment sur scène. Je vois déjà les manchettes des journaux: ' Ridremont cocu' ou 'Virginie Efira sort avec untel', ça risque d'être intéressant!
Fan de films de cul
GUIDO: Quels seront les changements opérés à 60 secondes?
Patrick Ridremont : L'émission sera plus longue, en prime-time et les gains seront doublés, les candidats pourront donc gagner jusqu'à 12.000 euros. Par mois, il y aura deux émissions avec des people belges comme candidats. Pour les autres, ce seront les invités que je préfère, les quidams, avec leur bêtise, leur gentillesse, leurs qualités et leurs réponses idiotes! Sans eux, je ne saurais pas faire cette émission, je détesterais avoir le rôle de Julien Lepers et de jouer avec des docteurs honoris causa spécialisés dans Pyramide ou Questions pour un champion!
GUIDO: Considères-tu l'animation télé comme une vraie passion ou un deuxième boulot en marge du théâtre et de la comédie?
Patrick Ridremont : J'ai une passion pour la télé, mais pas nécessairement pour 60 secondes, j'aime bien présenter ce jeu mais mon autre passion en télé se rapproche beaucoup de ce que j'avais pour la RTBF à la fin de l'année dernière pour Ceci n'est pas le bêtisier. J'y ai davantage l'impression de faire l'acteur ou l'humoriste, c'est plus dans mes cordes.
GUIDO: Tu as été élu animateur préféré par les lecteurs du Télé Moustique, cela t'a-t-il étonné?
Patrick Ridremont : Un peu. En fait, je n'ai jamais lu quelque chose de bien sur moi dans le courrier des lecteurs du Télé Moustique! J'ai donc été plutôt surpris que ces mêmes téléspectateurs votent pour moi dans ce sondage. Aussi, je pense que les téléspectateurs qui prennent leur plume pour se plaindre d'un programme ont un réel problème! J'ai reçu du courrier chez moi daté du 1 er janvier 9h30 d'un mec qui me conseillait d'arrêter de faire ce métier et de devenir croque-mort. Ce mec se lève donc le jour de la nouvelle année pour me dire ces choses. Et je pense que les gens se mobilisent moins pour dire du bien que du mal, malheureusement.
GUIDO: Quels sont les programmes télé que tu regardes le plus facilement?
Patrick Ridremont : Les films de cul! (rires) J'aime beaucoup les fictions, mais il n'y a pas vraiment d'émissions qui m'intéressent.
(SD)