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07/08/2006

Interview de DIDIER REYNDERS, le prof d'unif

Si Didier Reynders est plutôt connu pour ses positions de Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, il exerce cependant depuis quelques années le métier de professeur d'université aux HEC et à l'ULg. L'occasion de revenir avec lui sur son parcours universitaire.

GUIDO: Vous avez suivi des études en droit. Pourquoi ce choix?
Didier Reynders
: J'ai toujours eu un esprit assez littéraire et un goût certain pour la littérature. J'ai donc opté pour ces études par élimination, je ne me voyais pas en effet suivre des études strictement scientifiques. Ce n'était donc pas par vocation d'un parcours ou d'un métier particulier que j'ai choisi cette voie.

Les campus artificiels

GUIDO: On suppose donc qu'à cette époque-là vous ne visiez pas encore un poste de professeur d'université.
Didier Reynders : Pas du tout, en effet. Ni même enseignant de façon générale. C'est venu plutôt au fur et à mesure de mes contacts à l'université. Après mes examens de première candidature, on m'a contacté afin de me proposer d'intervenir comme élève assistant.

GUIDO: Quel souvenir global gardez-vous de vos années d'études à l'Université de Liège?
Didier Reynders
: Le premier souvenir qui me vient à l'esprit, c'est la position centrale de l'Université qui était alors uniquement située au centre-ville, place du XX Août. On n'était donc pas sur un campus totalement hors de la ville. Les campus du Sart Tilman ou de Louvain-la-Neuve sont des campus qui mettent du temps à avoir une vraie vie de ville. Ça reste quand même artificiel, selon moi. Tandis que nous avions une vie sociale assez bouillonnante alors, ça nous facilitait la vie si on voulait être absent pour un cours ou l'autre tandis que sur un campus, on est quelque peu plus enfermé.

GUIDO: Quel genre d'étudiant étiez-vous alors?
Didier Reynders
: Plutôt un bon étudiant en termes de résultats, mais actif dans le milieu estudiantin. J'ai notamment organisé des manifestations et quelques débats. J'avais également l'habitude de me retrouver dans quelques établissements du centre-ville, comme le Trou Pérette, un bar mais surtout un accueil de groupes et chanteurs francophones ou anglophones. J'aimais assez cette ambiance du centre-ville qui permettait notamment de beaucoup mieux gérer son temps.

Le choc des générations

GUIDO: La politique occupait-elle déjà une certaine place dans votre vie à l'époque?
Didier Reynders
: Je n'étais pas encore vraiment engagé, mais j'avais déjà quelques contacts dans mon cursus universitaire par l'entremise notamment de François Perrin, mon professeur de Droit Public en première candi. Qui m'a ensuite proposé de travailler dans son service en qualité d'élève assistant. A la sortie de l'université, Jean Gol recherchait un collaborateur en droit constitutionnel. C'est de cette façon que je me suis retrouvé dans un cabinet ministériel, aux côtés de Jean Gol. J'étais chargé de dossiers comme ceux de la Cour d'Arbitrage ou de la Communauté Germanophone. Le parcours politique est donc venu par après.

GUIDO: Comment passe-t-on d'études en droit à un poste de professeur d'économie?
Didier Reynders : J'ai suivi un cursus complémentaire en économie. Et ensuite, c'est surtout mon activité professionnelle qui a causé ce changement de domaine. Je me suis en effet de plus en plus occupé de dossiers financiers et économiques. Au niveau de la ville de Liège comme au niveau national, comme lorsque j'étais président de la SNCB par exemple. Petit à petit, je suis donc entré dans le monde économique. Je suis ensuite arrivé dans le conseil d'administration de l'université. En parallèle à ça, j'ai été contacté par les HEC de Liège pour reprendre des cours beaucoup plus liés à l'économie. J'ai aussi participé au rapprochement de l'Ecole d'Administration et des Affaires et des HEC qui ont ensuite fusionné. La théorie de l'Université avec la pratique des HEC.

GUIDO: Comment pourrait-on qualifier votre rapport avec vos étudiants?
Didier Reynders
: J'ai davantage de distance avec les étudiants maintenant que lorsque j'avais 35 ans. Qui est peut-être due à ma position politique. On note dorénavant une différence de génération entre nous qui n'existait pas avant. J'essaie d'être le plus ouvert possible avec eux, mais en se rendant compte avec le temps qu'on ne peut plus jouer sur le côté "copain", surtout quand on a vingt ans de plus qu'eux.

Pédagogue, chercheur et ouvert au monde extérieur

GUIDO: Cette année, vous avez dû abandonner l'idée de donner cours.
Didier Reynders
: En effet, je n'ai plus donné cours moi-même, mais mon assistant. Cependant, je continue quand même à suivre les mémoires. il y a d'ailleurs quelques étudiants qui m'ont fait savoir qu'ils regrettaient de ne pas avoir eu cours avec moi cette année, ce qui me fait assez plaisir je dois dire. Je m'étais toujours fixé une limite: si je ne parvenais pas à donner mes cours de manière régulière, je laisserais tomber. Se faire remplacer une fois ou deux n'est pas un problème, mais je ne voulais pas en arriver à donner cinq heures de suite le samedi. D'abord pour moi, mais aussi pour les étudiants, car il y a un minimum de respect à avoir.

GUIDO: Vous n'avez donc jamais vraiment eu envie de lâcher le métier de prof d'unif?
Didier Reynders : J'aime beaucoup le contact avec les étudiants. Ça se voit aussi dans la vie politique: je ne suis pas quelqu'un de l'écrit, mais plutôt de la parole. Les discours et les interventions en public sont un exercice qui me correspond assez bien, en effet. La limite, c'est de se lever en se disant: "pff, il faut aller donner cours", c'est qu'on a accepté une surcharge et qu'il faut arrêter. Je pense que si j'en ai l'occasion, je reprendrai certainement en septembre prochain. Il m'arrive aussi d'être professeur invité pour un seul cours sur un thème bien précis, un cours qui se rapproche alors de la conférence.

GUIDO: Quelle est selon vous la recette d'un bon cours d'unif?
Didier Reynders : Il faut intéresser les étudiants, en premier lieu. C'est toujours dramatique en effet de voir que l'on n'intéresse pas du tout son auditoire. Il faut donc être pédagogue, pouvoir faire vivre et raconter la matière. C'est généralement les meilleurs souvenirs qu'ont les étudiants de leur prof. Un professeur d'université doit également être un chercheur et donc connaître de fond en comble le domaine qu'il enseigne. Le troisième volet, enfin, est l'ouverture vers le monde extérieur, de pouvoir faire vivre un cours en ayant le dernier élément d'information et de recherche et ayant une vision tournée vers le monde extérieur.

GUIDO: Vous souvenez-vous d'anecdotes s'étant produites lors de ces années?
Didier Reynders
: La majorité des anecdotes viennent des étudiants Erasme , qui viennent donc de l'étranger et ont donc des cultures totalement différentes. A l'occasion d'un examen par exemple, j'ai eu affaire à des étudiants italiens qui ont commencé à marchander leur cote! Et quel que soit leur résultat d'ailleurs! Ça surprend toujours! Cela vient sûrement de leur façon de se présenter à un examen, comme à un match.

(SD)


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